‹ Traité des maladies du cœurChapitre 146 sur 418 · DIASTOLE ET SYSTOLE · texte numérisé non relu

DIASTOLE ET SYSTOLE

veine cave supérieure et les embouchures des veines pulmonaires; dans la veine cave inférieure et dans les veines coronaires, il y a des valvules qui, elles aussi, empêchent le reflux. Puis les parois des oreillettes se rétractent vers les valvules auriculo-ventriculaires et poussent ainsi le sang dans le ventricule affaissé, qui se remplit. — Pendant tout cet acte, les muscles des oreillettes se contractent, étant parfaitement séparées,parlesanneaux fibreux auriculo-ventriculaires, des fibres

musculaires des ventricules; — elles se contractent d'une manière indépendante des ventricules. On le voit surtout lors de l'extinction de l'activité cardiaque, car souvent des contractions auriculaires se succèdent, auxquelles ne correspond plus qu'une seule contraction ventriculaire. — Finalement, il n'y a plus que les oreillettes qui battent, et en dernier lieu roreillettedroite,dontrauricule constitue r«i?mmmî?torzens.

A ce moment les veines ont quelquefois encore des mouvements rhytmiques. Le principal effet de la contraction des oreillettes, c'estla dilatation du ventricule affaissé, qui d'ailleurs se distend par l'action respiratoire des poumons et par Vélasticité des parois musculaires au moment où elles passent de l'état de contraction au relâchement; celte aspiration diastolique du côté du ventricule procède avec une grande fOrce ; elle correspond pour le ventricule gauche à une pression négative de 23 millimètres de mercure (chez le chien). — Lors de la distension des ventricules par le sang, les valvules auriculo-ventriculaires flottent par en haut, étant repoussées par le contre-coup que le sang éprouve contre la paroi ventriculaire.

Maintenant les ventricules se contractent, pendant que les oreillettes s'affaissent. En même temps le sang se presse contre la surface inférieure des valvules, qui ne peuvent plus revenir en arrière dans les oreillettes. Voici quel est le mécanisme de cette fermeture, d'après l'important travail de

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mon cousin Marc Sée, qui a Lien voulu le résumer ainsi.

§ 2. — Fonctions des valvules.

L'appareil valvulaire destiné à imprimer une direction déterminée à la circulation sanguine, en mettant obstacle au retour du sang des ventricules dans les oreillettes, se compose de deux éléments distincts, dont le concours est également indispensable au fonctionnement normal du cœur, d'un élément passif, comprenant les valves membraneuses de la mi traie et de la tricuspide, et d'un élément actif, formé par les piliers musculaires des ventricules, avec leurs cordages tendineux. Faute d'avoir tenu compte de ce dernier et important élément, beaucoup de physiologistes ont été conduits à une théorie erronnée des valvules auriculo-ventriculaires, en contradiction manifeste avec l'anatomie, avec la physiologie et avec la pathologie du cœur.

a. La cavité du ventricule gauche, que nous envisagerons seule ici, est conoïde. On peut lui considérer une paroi interne, ou droite, appartenant à la cloison interventriculaire, et deux parois externes ou gauches, l'une antérieure, l'autre postérieure qui se réunissent le long du bord gauche du cœur, pour former un angle mousse {angle gauche du ventricule) (fig. 13).

paroi interne, lisse et régulière, surtout en haut, est libre dans toute son étendue; elle ne donne ni trabécules musculaires aux piliers, ni cordages tendineux à la valvule mi traie.

Les parois externes au contraire fournissent chacune un pilier musculaire, qui s'en détache vers le milieu de la hauteur du ventricule, mais dont les racines se perdent dans le tissu musculaire caverneux occupant le sommet de la cavité ventriculairc.

b hespiliers ou inuscles papillaires du ventricule gauche, au nombre de deux, l'un anlérieur, l'autre postérieur, sont plus rapprochés de l'angle gauche du ventricule que de la cloison. Ils sont aplatis, épais et configurés de façon ix s'emboîter ou s'engrener réciproquement quand on les rapproche l'un de l'autre(fig.l3 elU). De nombreux faisceaux musculaires, étendus entre leurs pieds et aussi entre leurs bords gauches, les unissent entre eux; d'autres, plus nombreux encore, fixent étroitement les piliers, dans presque toute leur hauteur, aux parois externes du ventricule (fig. 13). La contraction de toutes ces trabécules, qui accompagne celle des parois ventriculaires, a nécessairement pour effet de rapprocher et de serrer l'un contre l'autre les deux piliers, de les réunir, en quelque sorte, en une seule masse, ne présentant aucun interstice, attendu que leurs faces correspondantes concordent parfaitement l'une avec l'autre. En même temps les pihers sont attirés fortement, par cette contraction des trabécules, dans l'angle gauche du cœur, qu'ils remplissent exactement (fig. 14). La cavité ventriculaire estalors convertie en un canal cylindroïde limité par la face libre des piliers et la face gauche de la cloison interventriculaire, canal qui n'est traversé par aucun faisceau musculaire ou tendineux, et qui se continue directement, en haut, avec la cavité de l'aorte, d'où le nom de canal aortique que lui a donné Marc Sée (fig. 16). La paroi gauche de ce canal est complétée, en haut, par le faisceau des cordages tendineux et par la valve droite de la mitrale, comme nous allons le voir dans un instant.

c. La valvule mitrale est composée de deux valves principales triangulaires, l'une droite, l'autre gauche; les bases des triangles, fixées aupourtourdel'orifice auriculo-ventriculaire, sont séparées par deux petites languettes triangulaires intermédiaires, qu'on néglige généralement dans les descrip-

TYPE NERYO-MUSCULAIRE.

tions, bien qu'elles jouent un certain rôle dans le mécanisme de la valvule (V. Rech. sur Vanat. et la physiol. du cœur, par le D'" Marc Sée, 2° édit., 1883).

La valve droite, ou grande valve, de beaucoup la plus considérable, répond à la cloison des ventricules. Ses deux faces sont lisses, et sans reliefs tendineux, libres dans toute leur étendue; sa base s'insère sur la moitié droite de l'anneau fibreux de l'orifice auriculo-ventriculaire gauche et sépare cet orifice de l'orifice aortique (fig. 15 et 16). Ses deux bords inférieurs, extrêmement minces et souples, reçoivent des cordages tendineux, l'antérieur du pilier antérieur, le postérieur du pilier postérieur, et se plissent régulièrement quand on exerce une traction sur les cordages par l'intermédiaire des piliers.

Par suite de ce groupement des cordages, les bords des valves sontforcés de replisser, et tous les plis, accumulés dans un espace restreint, sont serrés et comprimés parles cordages et ferment également à leur niveau tout passage au sang. Enfin les valves elles-mêmes, entraînées toutes deux de droite à gauche, s'appliquent à plat l'une sur fautre, en même temps que sur la paroi gauche du ventricule (fig. 16). A ce moment, la valve droite figure un large rideau ou une voile tendue entre la moitié droite de la circonférence de l'orifice auriculo-ventriculaire et la portion gauche des parois ventriculaires, masquant complètement cet orifice et se continuant, en bas, avec le faisceau des cordages tendineux et la surface lisse des piliers juxtaposés. La paroi gauche du canal aortique est donc alors complète et l'occlusion du ventricule aussi hermétique que possible. On ne saurait s'empêcher de remarquer que la petite valve, quoique conformée d'après le même plan que la grande et soumise à la même action de la part des piliers, joue cependant, en raison de sa position, un rôle très secondaire dans l'occlusion de l'ori-

FONCTIONS DES YALYULES. ^'^^

fice auriculo-ventriculaire; elle n'exécute, en effet, que des mouvements peu étendus, n'ayant aucune tendance à s'éloigner de la paroi ventriculaire, vers laquelle la ramène le sang- qui coule de l'oreillette, et surtout la contraction des piliers.

La valve droite, au contraire, chassée à droite, vers la cloison, parle sang qui coule de l'oreillette, ramenée à gauche, au contact de la petite valve et de la paroi gauche du ventricule à chaque systole ventriculaire, exécute des espèces d'oscillations assez étendues, de gauche à droite et de droite à gauche, qui constituent, en somme, l'élément essentiel du fonctionnement de la valvule mitrale, et de l'occlusion auriculo-ventriculaire gauche.

La valve gauche, ou petite value, qui répond à l'angle gauche du cœur, a des dimensions moitié moindres. Née de la moitié gauche de l'anneau fibreux auriculo-ventriculaire, elle présente la même disposition générale que sa congénère, si ce n'est que sa face tournée vers la paroi ventriculaire est inégale, rugueuse et parcourue dans toute sa hauteur par des cordages tendineux anastomosés, dont les reliefs se prolongent en partie jusqu'à sa base, et qui donnent à cette valve une certaine rigidité, ou du moins une souplesse bien moindre. 11 n'est même pas rare de rencontrer des cœurs où l'on voit de petits cordages relier directement cette face à la paroi du ventricule.

d. Les cordages tendineux naissent des sommets ou du voisinage des sommets des piliers musculaires, dont ils sont véritablement les tendons, et vont se fixer d'autre part tout le long des bords inférieurs, des valves, après s'être ramifiés dans leur trajet en devenant de plus en plus ténus. Toutes ces ramifications, étalées en éventail, s'anastomosent entre elles en arcade, soit au niveau des bords mêmes, soit sur les faces des valves qu'elles fortifient singulièrement.

TYPE NERVO-MUSGULAIRE.

Voyons maintenant quelle est la position de la valvule mi- Irale aux divers temps de la révolution cardiaque.

FiG. 18.

Pendant que les oreillettes se contractent, les valves pendent flasques dans la cavité du ventricule relâché, et le

FiG. 19.

sang qui traverse l'oriOce auriculo-ventriculaire les écarte l'une de l'autre, refoulant vers la cloison lavalve droite, tandis .que la petite valve tend à s'appliquer contre la paroi gauche du ventricule (fig. 20). Les cordages lendineux relâchés éga-

leinent laissent aisément passer le sang dans leurs intervalles.

Survient alors une contraction de tous'les éléments musculaires du ventricule ; elle amène aussitôt dans les piliers un raccourcissement considérable, ainsi que les changements

Fie. 20.

de forme et de position que nous avons analysés plus haut. Or ces changements ne peuvent manquer de se transmettre immédiatement aux cordages tendineux et aux valves membraneuses. Toutes ces parties sont donc fortement tendues, et, de plus, attirées vers l'angle gauche du cœur, jusqu'à se mettre en contact avec la paroi cardiaque. En exécutant ce

TYPE NERVO-MUSCULAIUE.

mouvement, les cordages de l'une et l'autre valve se réunissent, se superposent par leurs bords et forment un groupe unique, un faisceau compact que le sang ne peut traverser.

Pour examiner la valvule mitrale intacte et prendre une idée exacte de son fonctionnement pendant la vie, il est in-

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dispensable d'ouvrir le ventricule gauche de la manière suivante :

1° Faire une ouverture à la face antérieure de l'aorte ascendante, un peu au-dessus de son origine.

2° Par cette ouverture, introduire une sonde cannelée dans le ventricule. Le bec de la sonde cannelée devra suivre la

paroi anLédeure du ventricule, près de la cloison, jusqu'au sommet du cœur, en évitant d'accrocher les cordages.

3° Fendre la paroi ventriculaire sur cetLe sonde cannelée.

4" Pour se donner plus de jour, on peut, en outre, fendre la même paroi transversalement, au voisinage du sillon cuniculo-ventriculaire.

Le ventricule droit devra être ouvert de la même façon sur sa paroi antérieure et près de la cloison sur une sonde cannelée introduite par l'artère pulmonaire.

Applications. — La pathologie vient démontrer la justesse de ces observations. Le bruit du souffle systolique qui caractérise l'insuffisance mitrale ayant son maximum près de la pointe du cœur prouve que les valvules de la mitrale sont abaissées pendant la systole ventriculaire. D'une autre part, les insuffisances relatives et passagères de la mitrale s'expliquent facilement, si on admet l'occlusion active des orifices par la contraction des muscles papillaircs.

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