TREMBLEMENTS DE BASEDOW
supérieure^ mais il ne devient bien appréciable que sur les mains élendues. Quand on regarde les doigts de la main placée horizontalement sur la paume, on voit le tremblement consister dans de très petites élévations et inflexions qui, d'après les expériences d'enregistrement de Marie, se manifestent huit fois et demie par seconde. Il n'y a que dans le tremblement des alcooliques et des 'paralytiques qu'on trouve à peu près cette fréquence; le tremblement des tachycardiques s'en distingue cependant facilement par l'étendue plus marquée et plus rapidement variable des excursions, ainsi que par un rythme moins régulier. Dans le tremhleraenl sénile et la paralysie agitans la succession des mouvements isolés tremblants est bien plus lente, c'est-à-dire quatre à six fois par seconde.
Dans certains cas, le phénomène est très intense, et s'étend aux extrémités inférieures, finalement aux muscles du tronc. A la tête et aux épaules on peut, quand les malades sont assis ou debout, avec un peu d'attention observer les mêmes petits mouvements rythmiques. Parfois cette vibration est si intense qu'elle frappe l'attention des patients euxmêmes, mais d'autres fois il faut la rechercher. Dans tous les cas les réflexes tendineux du pied sont normalement conservés. C'est en résumé un des phénomènes les plus curieux et des plus constants; s'il disparaît, on le voit souvent reparaître sous l'influence des impressions psychiques.
§ 5' — Clioi'cect mouvements choréiformes.
Dans un certain nombre de cas, que le tremblement des mains existe ou non, des mouvements choréiformes, ou même la chorée véritable se manifestent; on voit chez certains malades de temps à autre, pendant la station debout ou
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yj8 TYPE NERVEUX.
assise, ou couchée, des mouvements involontaires désordonnés de la tête ou du Ironc, ou des extrémités, qui ne se distinguent de la chorée vulgaire que par la petite étendue des excursions. Si ces mouvements se rapprochent, ce qui a lieu sous l'influence des impressions psychiques, ou bien encore quand, l'individu tenant les mains étendues en avant, on lui donne une position qui nécessite pour se maintenir une innervation musculaire précise, ces mouvements produiront l'impression d'un tremblement; les malades ont alors le sentiment d'une incessante instabilité. Ces mouvements clioréiformes ne sont pas à beaucoup près aussi fréquents que les vibrations; Kahler les a constatés cependant quatre fois sur onze cas de maladie de Basedow. Ils servent de transition 'à la chorée véritable, qui a été observée par Gueneau de Mussy, par Gagnon qui a vu la chorée durer deux mois, par Gluzincki, etc.
La valeur spéciale de ces deux espèces de tremblements ou mouvements a été contestée, malgré la fréquence considérable des tremblements, par Kahler, qui n'accepte comme définitivement acquis à la maladiedeBasedowqueles vibrations.
Je dois citer aussi, mais comme accidentelle, un cas de maladie de Basedow avec paralysie agitans, rapporté par Mœbius, et une combinaison de Basedow avec l'épilepsie; Ballet a rassemblé plusieurs cas de ce genre. Enfin récemment Ballet et Joffroy ont insisté sur la coïncidence de la maladie avec l'ataxie locomotrice, et Barié sur leur connexité physiologique (Soc. mécl. des hôp., 8 et 15 février 1889)(voir page 506).
R 6, Dîniittutîon de la force de i-csîstauçe cleclriquo
do la peau.
Un singulier symptôme que le médecin doit rechercher,
TROUBLES ClIORÉIFORMES DE BASEDOW. 499
el que le malade ne saurait soupçonner, a été signalé pour la première fois par Vigouroux et minutieusement étudié par Kahler {Mecl.WanclerVoriràge,'\88S): c'est la diminution de résistance aux courants électriques chez les individus atteints de la maladie de Basedow. Deux électrodes étant appliqués sur la peau, aux mêmes points sur deux sujets, l'un à l'état sain, l'autre malade, on constate au galvanomètre une déviation beaucoup plus marquée sur le malade. Ce signe, dit Yigouroux, est non seulement constant dans les tachycardies, mais on le retrouve aussi dans diverses affeôtions du cœur, notamment dans les états asystoliques, c'est-à-dire dans les vraies et graves lésions du cœur. Gharcot a reconnu la valeur diagnostique de ce signe.
Cette diminution de résistance, d'après Gartner, Marlius, Stintzing, Kahler, dépend d'une part de la force électromotrice, et d'une autre part delà durée du passage du courant; il m'est impossible d'entrer dans les détails à ce sujet, mais il importe de retenir ce fait, que cette diminution de résistance constitue avec les tremblements un des phénomènes les plus constants de la maladie de Basedow.
§ 7. — Paralysies. — Contractures. — Amyotrophies. Troubles moteurs et paralysie de l'œil. — Exophtalmîc.
Troubles ei paralysies de Vœil. — Exophlalmie. — Les paralysies constituent un symptôme, sinon fréquent, du moins intéressant de la maladie de Basedow; les plus importantes sont celles de l'œil; mais elles exigent la connaissance préalable de l'exophtalmie.
La saillie des globes de l'œil se développe généralement en même temps que le tremblement et après le goitre. Dès qu'elle est prononcée, la pliysionomie du malade présente un
aspect d'ctonnemenl; les paupières restent entr'ouvertes, et des troubles moteurs de diverses espèces se manifestent. Avant de les signaler, disons qu'à l'ophtalmoscope on trouve les milieux transparents ; mais les vaisseaux, surtout les veines dilates, des taches pigmentaires autour de la pupille, la choroïde injectée; la cornée devient moins sensible par suite de son exposition continue à l'air extérieur et les malades se plaignent souvent de sensations lumineuses subjectives (Galezowski).
Troubles moteurs. — Un phénomène moteur fréquent sans être caractéristique de l'exopthalmie consiste dans un défaut de connexion entre les mouvements du globe et ceux de la paupière (Graefe). Lorsque le globe de l'œil s'abaisse, .a paupière ne le suit pas, si bien qu'une zone plus ou moins large de la sclérotique se montre à découvert au-dessus de la cornée. L'explication de ce signe cadre parfaitement avec la théorie des paralysies centrales du pneumogastrique que nous exposerons ultérieurement.
Un autre signe de l'exophtalmie de Basedow consiste dans l'élargissement anormal de l'ouverture palpébrale et dans la diminution de fréquence et d'amplitude des mouvements de clignotement; Stellwag a indiqué en 1869 ce signe qui paraît se rattacher à l'impuissance du pouvoir de convergence (Môbius, Kahler); les paralysies véritables de l'œil ont un bien autre intérêt.
Paralysies des muscles de Vœil. — Depuis longtemps on a signalé les mouvements dissociés, les paralysies motrices du nerf abducteur ou trochléén, du droit supérieur (Desgranges, Roth, Féréol). En 1883 et 1886, Warner et Bristow signalèrent pour la première fois ce qu'on décrit sous le nom d'ophtalmoplégie externe. Jendrassick vit cette paralysie associée avec celle du facial, de la cinquième paire, et des symptômes de parésie de la langue, du gosier et des