‹ Traité des maladies du cœurChapitre 157 sur 418 · TROUBLES OCULAIRES DANS LA MALADIE DE RASEDOW · texte numérisé non relu

TROUBLES OCULAIRES DANS LA MALADIE DE RASEDOW

extrémités supérieures sans trace d'hystérie. Puis vient une observation de Ballet sur un cas d'ophtalmopléf^ie externe sans chute des paupières, mais avec la faiblesse du facial chez une hystérique; puis une étude complète de Ballet sur la maladie elle-même.j

Paralysies des nerfs bulbaires. — Tons les nerfs moteurs, dit-il, émanés de la moelle allongée, peuvent être intéressés, soit isolément, soit simultanément; les troisième, quatrième et sixième paires peuvent être prises pareillement (voir observation de Féréol sur une paralysie de la quatrième paire chez une hystérique-Basedow). La parésie des cinquième, septième et douzième paires est plus fréquente que les paralysies oculaires partielles; la paralysie bilatérale du facial existait dans les cas de Warner et Bristow, Ballet, Potain.

Il résulte de là que tous les nerfs moteurs bulbaires sont justiciables des paralysies de Basedow; c'est une nouvelle preuve de la théorie bulbaire.

Parmi ces nerfs les plus nettementsinonles plus fréquemment affectés sont les nerfs moteurs de l'œil, de là l'ophtalraoplégie externe; c'est la paralysie des muscles moteurs du globe, avec intégrité possible du releveur de la paupière et conservation des mouvements du constricteur delà pupille et du muscle del'accommodation. Ce syndrome veut dire qu'il existe une paralysie centrale bulbaire des nerfs moteurs oculaires, et ce qui le prouve, c'est que chez les tachycardiaques avec goitre exophtalmique, l'ophtalmoplégie coïncide souvent avec la paralysie des autres nerfs bulbaires, branche motrice du trijumeau, nerf facial, etc. Ces paralysies multiples n'ont d'autre cause habituelle que la maladie de Basedow; c'est-àdire la paralysie bulbaire associée fréquemment à des névroses d'une autre nature, d'un autre genre, entre autres à l'hystérie, plus rarement àl'épilepsie et aux vésanies.

Dans tous ces cas il n'existe ni dans le bulbe ni ailleurs de

lésions matérielles. On a cité des Basedow mortelles, entre autres une névropsychose (Thomsen), une maladie médullaire ressemblant à la sclérose multiple (Westplial), unepolyencéphalile supérieure (Eisenlohr), et même une paralysie bulbaire accentuée (Oppenheim), qui semblaient devoir relever des lésions des centres nerveux; et cependant l'autopsie dans tous ces cas, de même aussi que dans les exemples cités par Warner et Bristowe, fut entièt-ement négative. Ces faits nous apprendront à être réservés dans nos prévisions de localisation anatomique; jusqu'ici il n'existe aucune preuve d'altération matérielle du système nerveux; c'est donc une névroparalysie de la moelle allongée.

Amy atrophies. — Il suffit de rapprocher de ces faits de paralysie les amyotrophies qui ont été observées par divers auteurs, celle du sternocléidomastoïdien (Vigoureux), celle d'une seule extrémité (Dreyfous-Brissac), celle du visage, du tronc et des extrémités (Ducazal). Quelque graves que ces lésions paraissent, elles peuvent rétrograder avec les autres symptômes de la maladie. Les contractures ou plutôt les rétractions fibrotendineuses dans les paralysies hystériques ont été récemment étudiées par P. Blocq, à la clinique de la Salpêtrière. Cardarelli a vu chez une femme tachycardiaque des accèshystéroépileptiqueSjUne hémiplégie transitoire, un tremblement général, et finalement une contracture hystérique permanente des jambes, avec atrophie musculaire d'une main. Dreyfus-Brissaca noté des hémiplégies. Charcot et Vigouroux, Kahler, Ballet (d'après Teissier de Lyon) ont observé de véritables paraplégies avec ou sans contracture dans les maladies de Basedow combinées avec l'hystérie.

Troubles cérébraux. — Des troubles cérébraux d'ordre hystérique ou tachycardiaque accompagnent souvent les troubles moteurs. Trousseau a insisté sur l'excitabilité des malades et leurs changements de caractère. Il se peut même

TROUBLES MOTEURS DANS LA MALADIE DE BASEDOW. o03

qu'on obFcrve de véritables accès de manie aiguë, du délire tranquille mais loquace, suivi de dépression et de lypémanie, ou une agitation délirante d'une grande violence.

PHÉNOMÈNES VASC.ULOTROPHIQUES.

§ 8. — Goitre.

Le goitre, qui s'établit ordinairement par poussées successives, et amène un élargissement de la base du cou, surtout à droite, plutôt qu'une véritable tumeur, présente toujours une sorte de iluctuance, avec un mouvement d'expansion systolique, un frémissement {Ihrill) superficiel, et un bruit synchrone avec la systole.

Quand il est très développé et surtout quand il porte sur la trachée, il devient parfois la cause de formidables accidents de suffocation, avec angoisse et sentiment de constriction à la base du cou. Le volume de la tumeur peut d'ailleurs s'exagérer par les émotions, les efforts, la menstruation.

La lésion caractéristique du goitre, c'est la dilatation des veines qui deviennent flexueuses (Graves) et celle des artères qui est plus rare. L'altération des veines peut être telle qu'elles s'artérialisent par suite de l'hypertrophie que subit leur tunique musculaire. On a noté aussi l'hyperplasie des glandules et le développement de la charpente fibreuse, c'est-à-dire une sclérose qui persiste même après laguérison de la maladie. Mais il est à remarquer qu'ici, comme après la fameuse expérience de section des nerfs vasomoteurs, la paralysie vasomotrice peut persister pendant des mois entiers sans provoquer des phénomènes hyperplasiques.

§ ^ - — AUcralîons do la peau.

Au nombre des troubles (rophiques il faut compter ceux de la peau. On anoté le vililigo (Arnozan, Leloir)qui esllrès commun au cou et à la nuque, et disposé symétriquement aux membres. On a aussi rencontré des taches de chloasma, de l'urticaire, de l'érythème noueux; on a noté la chute des cils, la tuméfaction œdémateuse des creux sous-claviculaires, la maladie d'Addison, la sclérodermie.

§ 10. — Troubles uriuaires. ~ Polyuric. — Albuminurie et

glycosurie.

Les altérations de sécrétion des urines présentent le plus grand intérêt ; en effet la polyurie, l'albuminurie, la glycosurie qui s'observent assez souventplaident largement en faveur de la théorie bulbaire.

La polyurie, a été notée par Christison et Pulitzer.

L'albuminurie, d'après Begbie, est le plus souvent intermitlenle, mais ne fait presque jamais défaut.

La glycosurie signalée par Dumontpallier, Finkler,Eulenburg, Brunton, Wilks, Harlman, Oneil, Panas, Potain, est une manifestation assez fréquente de la tachycardie.

En présence de ces trois symptômes il est impossible de ne pas songer aux effets de la piqûre du quatrième ventricule. Cl. Bernard a établi l'éventualité de l'une ou de l'autre lésion selon le point lésé.

§ 11. — Troubles divers.

A cette dernière catégorie se rattachent des phénomènes très disparates.

Page 1