Exopbtalmos, mécanisme
C'est sur la production de l'exophtalmos que les opinions les plus diverses ont été émises, qui semblaient toutefois d'accord pour invoquer la paralysie du grand sympathique. Depuis Grsefe, Aran, Trousseau on a fait jouer à la théorie du sympathique un rôle d'autant plus considérable que les observations de ReckUnghausen, Biermer, Lancereaux, Peter et en dernier lieu Shingleton Smith semblaient prouver l'existence de lésions anatomiques du tronc et des ganglions du sympathique cervical. Mais les autopsies démontrent en réalité des lésions douteuses, des congestions des ganglions sympathiques, des scléroses de leur trame, des atrophies granuleuses de leurs cellules. Pour les histolo-
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r^Ii TYPES NERVEUX.
gisles modernes, ces lésions n'onl aucune valeur; elles ne s'éloignent pas de l'état normal et la plupart n'ont été examinées que par lesanciens moyens d'investigation. G. Paul, Fournier et Ollivier, récemment Ranvier et Dejerine ont fait des nécropsies liistologiques vraies, et n'ont rien trouvé.
Si au point de vue anatomique il pouvait rester quelque doute, la physiologie ne nous laisserait pas la moindre hésitation sur cette théorie du sympathique déjà suspectée par Poincarré e(. ruinée par les intéressantes recherches de Panas. Comme il le fait observer, on trouve chez les tachycardiaques des lésions vasculaires entièrement distinctes des effets de la section paralysant les cordons sympathiques. Les gros vaisseaux tant artériels que veineux acquièrent un volume et présentent des battements qui ne s'observent jamais à la suite de la paralysie sympathique ; dans ce dernier cas l'œil ne sort pas de l'orbite. Dans la maladie de Easedov^ on n'observe jamais le myosis de la paralysie et le rapetissement de la fente palpébrale ; tout cela contraste singulièrement avec l'enfoncement des yeux et le rapetissement de la fente palpébrale des paralytiques sympathiques, qui ont en même temps une congestion de l'œil, tandis que les tachycardiaques n'ont que des distensions des veines ciliaires antérieures. La paralysie du sympathique n'est donc pas plus acceptable physiologiquement qu'anatomiquement pour expliquer l'état des yeux, elle n'est pas démontrée et ne saurait interpréter la dilatation des vaisseaux.
I 5. — Goitre, mécaaisme.
Jaccoud dit avec raison que les palpitations et la dilatation artérielle qui sont les phénomènes primitifs constants et
PxÉSUMÉ GÉNÉRAL DE BASEDOW. 515
constitutifs delà maladie ont sans doute un effet sur la production du goitre comme de'l'exophtalmie. La glande thyroïde surtout d'une riche vascularité constitue une sorte de réservoir, où le sang s'accumule quand il ne suit plus son cours normal. N'est-ce donc pas à la paralysie du nerf vague, qui accélère la circulation, et à la dilatation des vaisseaux qu'il faut rapporter le phénomène du gonflement thyroïdien et plus tard les lésions résultant de ces accumulations du sang? Tout porte à le croire. Ce qui est certain c'est que les artères de cet organe, surtout les supérieures, ont un développement énorme et présentent une sorte de frémissement vibratoire avec bruits de souffle des plus intenses (C. Paul).
§ 6. — Résumé.
La paralysie centrale des nerfs vagues nous explique la tachycardie de Basedow; la paralysie des filets vagues du cœur lésé nous explique la même tachycardie de certains cardiaques.
Les troubles de molilité proviennent des centres bulbaires, et les troubles de la circulation artérielle se rattachent à une paralysation des nerfs vasomoteurs constricteurs ou à une excitation des vasodilatateurs.
L'exophtalmos et le goitre n'ont pas encore fourni matière à une interprétation physiologique bien définie.