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CŒUR ET POULS ARYTHMIQUES

Les arythmies ou troubles du rythme cardiaque, ou plutôt les divers pouls arythmiques comprennent deux espèces parfaitement distinctes : les uns présentent une véritable périodicité ou régularité; ils ne suivent pas le rythme normal, mais dans la série des battements ils sont soumis à une espèce de cadence, ou de mesure identique; les autres sont ceux dont les pulsations ne suivent plus aucune règle.

1'° SÉRIE. — ARÏTIIMIES IRBÉGULIÈRES.

1° Pouls psendo-intcrmîttent. — Daus ccttc dernière catégorie on trouve le pouls pseudo- intermittent, résultant du faux pas du cœur; les pauses qui s'observent dans ce cas surviennent parce que quelques contractions du cœur sont trop faibles pour lancer le sang avec chaque systole d'une manière appréciable dans l'artère radiale; ce sont les faux pas du cœur.

On observe alors 4 ou 5 battements très rapprochés et très brefs composés comme à l'état normal de deux pulsations et de deux silences; puis tout à coup le cœur s'arrête, et les

ARYTHMIES IRRÉGULIÈRES. 517

battements ne recommencent qu'après une à deux secondes; ce temps d'arrêt, ce silence complet doit être distingué de l'intermittence vraie par la dénomination âe pause.

D'autres fois on observe des séries de pulsations accélérées et brèves séparées par des pauses, ou bien encore ce sont des pulsations très espacées après lesquelles on constate 3 ou 4 pulsations très rapprochées; là encore le pouls peut ne pas suivre l'accélération des battements du cœur; dans ces cas si divers en apparence c'est une arythmie vraie qui porte sur la succession des battements du cœur.

Virrécjularité peut n'être pas numérique, maispeutporter sur la durée des éléments de l'évolution des mouvements du cœur; ainsi la systole est parfois prolongée, la diastole abrégée, souvent au point que le bruit diastolique fait défaut.

L'irrégularité enfin peut consister dans le dédoublement d'un des bruits, surtout du bruit diastolique ; dans ces perturbations qui ne sont accessibles qu'à l'oreille, on entend trois bruits, dont le troisième provient du bruit diastolique divisé en deux; en effet, il n'y a pas alors la moindre pause; le pouls ne révèle aucun trouble et reste régulier; la pulsation cardiaque elle-même reste notable; le malade n'accuse rien; le médecin seul peut percevoir cette dichotomie des bruits; c'est parfois un phénomène physiologique (voir chapitre vu). Le plus souvent, il s'agit de dédoublements pathologiques, les deux bruits étant écartés et indépendants des mouvements respiratoires.

2° Pouls intermittent vrai on déficiens. — Ici la COUtraC-

tion du cœur manque réellement avec le pouls. Il se distingue facilement du pouls pseudo -intermittent, il suffit d'ausculter le cœur pendant qu'on tâte le pouls, pour entendre la continuité de l'activité cardiaque.

2» SÉRIE. — ARYTHMIES CADENCÉES.

Elles comprennent :

3° Le pools allorythmiquc, dont le ROm SCUl Suffll pOUF

indiquer qu'il s'agit d'un pouls à mesures régulières, mais désordonnées (Sommerbrodt).

4» Lo ponis big;éminé. — Accouplement de deux pulsations séparées des précédentes et des suivantes par une pause plus prolongée.

5° Lepoiils rcspiraioirc ou parailoxal, qui àcliaquC respiration devient plus petit, parfois même au point de disparaître.

6° Le pouls hémisystoiiqne, marqué par la persistance du pouls veineux, tandis que le pouls radial ne figure que pour une pulsation sur deux; on l'attribue à l'action discordante des deux ventricules.

7° Le pouls alternant. — Sous cc nom Traubc a décrit une variété de pulsus bigeminus qui consiste en une série régulière de pulsations élevées et basses, chaque pouls élevé étant suivi d'une pause longue; ce pouls est donc l'interversion d'un pouls bigéminé et à sommets inégaux. — Riegel, sous le même nom d'alternant, désigne un pouls où se trouve une pulsation élevée et une pulsation basse alternant l'une avec l'autre; chaque pulsation totale partant (sur le tracé) d'une seule et même base. — Ces pulsus alternants ne sont que des variétés du pouls arythmique régularisées, et n'ont pas de valeur spéciale; nous n'insistons pas, mais nous avons à étudier (']") le pouls irrégulier de la première série, puis (2°) le pouls intermittent (3°) le bigéminé et (4°) le paradoxal.

§ 1. — Pouls irrcg;uliors.

Le pouls irrégulier proprement dit comprend la plupart

ARYTHMIES CADENCÉES.

du temps les inégalités du pouls; le pouls irrégulier l'est surtout par la succession des pulsations ; l'inégalité porte sur l'ampleur et la forme du pouls ; dans ce cas on voit la grandeur de l'ondée artérielle augmenter, et en même tempsla tension vasculaire s'accentuer; par cela même la forme du pouls se modifie.

Conditions physiologiques et morbides. — LcS COUditlOnS

qui produisent les irrégularités sont de trois ordres : ce sont les états nerveux, d'une autre part les débilités musculaires primitives ou succédant aux lésions, enfin les états toxiques.

i» Étais nerveux. — On peut voir le pouls se troubler après les émotions morales, l'impression d'un bain froid ; il devient souvent irrégulier dans les affections cérébrales, la méningite, plus rarement dans les autres lésions encéphaliques, parfois sous l'influence du trouble des nerfs vagues à leur centre ou dans leur tra jet.

2° Étals de débilite cardiaque. — On observe souvent l'arythmie dans les états de débililation du myocarde, qu'elle soit primitive comme dans les dégénérescences fibrocellullaires du muscle, qu'elle succède à une lésion valvulaire ou qu'elle soit temporaire comme cela a lieu dans les défervescences des fièvres graves et prolongées.

3" États toxiques. — Un troisième genre de causes est d'ordre toxique; tout le monde connaît l'influence des abus du café, du thé, du tabac, de l'alcool sur la production des arythmies.

§ 2. — Intermittence dn cœur et dn xtonls.

Nous avons à décrire le pouls et le cœur intermittent dans ses diverses formes. Il y a des intermittences avec pulsations énergiques par diminution de tension (Marey).

Le pouls présente alors des irrégularités du rythme telles que le cœur semble suspendre ses battements pendant un instant. Dans ce cas, la pulsation qui suit immédiatement la suspension est beaucoup plus forte que les autres, comme s'il y avait un effort du cœur pour réparer le temps perdu. Mais ce n'est là qu'une conséquence de l'abaissement de la tension artérielle pendant l'arrêt du cœur; car, pendant cet arrêt, l'écoulement du sang a eu le temps de se faire, de manière à dégager l'artère. La durée de cette impression atteint d'ailleurs celle de deux pulsations normales ; mais le battement qui rouvre la série est énergique au point d'être perçu et de devenir pénible pour le malade.

Intermittences par différences dans la force des systoles du cœur. — Certaines intermittences sont liées à des inégalités dans la force des systoles ventriculaires ; nous voyons ici encore les pulsations qui suivent les grands intervalles être les plus fortes, et cette circonstance tient à ce que de deux systoles qui se suivent la deuxième est plus faible que la première; elle peut même n'avoir pas la force de soulever les valvules sigmoïdes et de donner lieu à une pulsation artérielle.

D'autrefois la faiblesse de la pulsation artérielle tient à ce que le cœur ne se vide que partiellement dans les artères, une grande partie de son contenu refluant dans l'oreillette par suite d'une insuffisance mitrale; comme le sang reflue alors du ventricule gauche dans l'oreillette, le ventricule n'en contient plus assez pour donner au sang une impulsion efficace, c'est-à-dire pour former le pouls.

Il arrive enfin que le ventricule gauche n'envoie que de petites ondées, parce qu'il reçoit peu de sang pendant sa diastole à cause d'un obstacle à la circulation dans le poumon; cet état produit des pulsations faibles, malgré l'existence d'une basse pression dans le système artériel.

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