I. Anémies par hémorragie. — ToutC hémorragie SubitC
considérable, que le sang s'écoule au dehors ou s'épanche dans une cavité muqueuse ou séreuse, peut déterminer une syncope. Lorsque les pertes de sang sont répétées sans être excessives, les syncopes sont ordinairement incomplètes, tout en ayant une grande tendance à reparaître. On a même vu la syncope se manifester chez des individus qui n'avaient pour ainsi dire rien perdu; ce sont les mêmes qui se trouvent mal à la vue du sang, comme à la vue d'un objet effrayant quelconque.
Pseudo-Œ7lé)niqU6S. Convalescents, Désalbumlnés, Inani-
tiés. — A la suite des débilités par l'inanition, ou par des sécrétions exagérées, en un mot par une cause quelconque de déperdition, les défaillances ne sont pas rares, et ces conditions réunies se trouvent surtout chez les convalescents. Mais elles sont singulièrement favorisées par l'intervention d'un trouble mécanique dans la circulation, et surtout de la pesanteur.
Faiblesse et pesanteur. — Dès l'année 18'26, Piorry a démontré que si, en saignant un chien jusqu'à produire la syncope, on place ensuite l'animal la tête en bas et le train de derrière soulevé, on voit à l'instant même la respiration se ranimer et le cœur battre; si ensuite on replace l'animal dans l'attitude verticale, la syncope reparaît. Qu'est-il arrivé? Ce n'est pas, comme on pourrait le croire, le sang veineux
qui en remontant des extrémités vers la tête importe à la circulation encéphalique; c'est le sang artériel qui, faisant défaut par la saignée dans la moelle allongée, empêche cet organe de fonctionner et d'innerver le cœur. Marey a démontré que par la station debout la circulation artérielle des membres inférieurs est facilitée, mais que le cours du sang de la cavité crânienne est plus difficile, le sang progressant contre son propre poids ; si par la position horizontale on supprime l'influence de la pesanteur, le sang aborde plus facilement au bulbe; c'est donc l'oligaimie du bulbe qu'on fait cesser; or c'est là précisément la cause delà syncope qui se produit si facilement pendant la station verticale chez les individus affaiblis, et se dissipe de même par l'attitude horizontale. La physiologie explique clairement le mécanisme et le mode de guérison de ce grave accident.
Faiblesse et vide de la tête. — Il se développe aussi une syncope par dérivation sanguine sur les membres inférieurs, ainsi par l'application delà ventouse de Junod ; dans ces cas, comme l'ont démontré Mosso et F. Franck, les vaisseaux des mains s'affaissent; le même phénomène se passe sans doute dans la cavité crânienne, car au fur et à mesure que le volume de la main diminue, le sujet en expérience annonce des vertiges, des éblouissements, l'obscurcissement des sens qui précèdent la syncope; c'est bien l'encéphale qui subit les premiers effets du vide, le cœur n'y est pour rien, car il continue à battre, comme le prouve la persistance de la pulsation artérielle dans les carotides.
II. Affections du cœur. — On a souvcut incriminé le cœur malade dans la production des syncopes mortelles ou non. On l'observe seulement dans les insuffisances aortiques et les dégénérations du myocarde. Dans les affections valvulaires de l'aorte la syncope peut survenir de deux manières, avec