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LÉSIONS A^'ÉVRYSMALES DU CŒUR

Les anévrvsmes du cœur doivent être divisés en deux grandes classes selon qu'ils siègent sur les valvules ou sur le myocarde.

1 Ancvpysmes valvulaires. — Ce sont des dilatations sacciformes siégeant sur les valvules cardiaques.

Ils se produisent à la suite de la destruction de l'un des feuillets delà membrane. Alors le sang refoule la partie restante, altérée et moins résistante.

La cause de la destruction est très souvent l'endocardie dite ulcéreuse qui fait disparaître la lame élastique; il se produit soit une perte de substance, soit un petit abcès entre les feuillets valvulaires. Une fusée sanguine ou purulente dédouble parfois la valvule en y pénétrant par son insertion cardiaque. Enfin, rarement, on a observé encore le refoulement en masse de la valvule.

La poche valvulaire communique avec la cavité du cœur par une ouverture irrégulière souvent entourée de végétations et quelquefois multiple. Le sac pour la mitrale est toujours dirigé vers l'oreillette, vers le ventricule pour l'aorte; son

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volume généralement pelit alleint parfois celui d'une noix, d'un œuf de pigeon. Il est libre ou contient un petit caillot.

Quand il y a refoulement de toute une valvule, cette dernière est simplement distendue,

La poche peut être perforée et alors on trouve à son fond une simple fente, une large ouverture ou plusieurs orifices. Le sac peut disparaître secondairement presque complètement.

En même temps que l'anévrysme existent des altérations diverses qui aboutissent parfois à des décollements, des dissociations et même des perforations faisant communiquer les deux cœurs.

Les embolies sont fréquentes comme dans l'endocardie ulcéreuse.

L'anévrysme valvulaire siège presque toujours à gauche. Sur 96 observations que Laurand a pu recueillir, il y a eu 91 du cœur gauche et 5 du cœur droit.

L'étioiogic de l'endocardie ulcéreuse est celle de l'anévrysme valvulaire. Cependant on l'a vu dans la syphilis à la suite de gommes (!), dans Fathérome.

Rien, pendant la vie, ne peut mettre sur la voie de l'anévrysme valvulaire. On trouvera des signes de rétrécissement et d'insuffisance et voilà tout. Quand, une lésion cardiaque étant suivie jour par jour, on verra une insuffisance, par exemple, succéder brusquement à un rétrécissement, on devra admettre une perforation et peut-être un anévrysme.

2° Anévrysme des parois. — H pCUt siégCr daUS la cloisOU

ou dans les parois mêmes.

Le point le plus fréquemment atteint est la partie supérieure du septum où il n'y a que du tissu membraneux. La tumeur se produit à la suite de l'endocardie qui ramollit le tissu et l'ulcère ou donne lieu à un abcès. La première origine est la plus fréquente.

ANÉYRYSMES DU CŒUR. ^-^^

Les fusées microbiques qui dissèquent pour ainsi dire les fibres musculaires, compliquent souvent l'anévrysme, en même temps qu'elles rendent sa poche des plus irrégulières. On a vu la communication s'établir par perforation secondaire avec le sinus de Valsalva ; c'est là, selon l'expression de Pelvet, un anévrysme que l'on peut appeler disséquant.

Quand, une fois l'endocarde détruit, le tissu musculaire est à nu, il se détruit à son tour ou se refoule d'autant plus facilement qu'il est le siège d'une myosite infectieuse.

La tumeur, quand elle a duré un certain temps, refoule les tissus par en haut et vient se loger entre les deux oreillettes, elles vaisseaux aortique et pulmonaire. Dans les cas habituels, elle fait saillie dans les cavités droites, oreillette ou ventricule. L'orifice est toujours dans le ventricule gauche et la perforation fait communiquer les deux cœurs; elle correspond toujours à l'ouverture dans le ventricule gauche. On a vu les quatre cavités communiquer ensemble quand l'anévrysme siégeait au point de jonction de la valvule mitrale et des sigmoïdes sur la limite inférieure de l'espace membraneux.

La guérison a quelquefois eu lieu et les malades ont survécu, même après la perforation.

L'anévrysme de la paroi se produit dans deux conditions très différentes. Tantôt il succède comme les précédents à l'endocardie aiguë avec myocardie, tantôt il se produit à la suitedelamyocardie scléreuse chronique : le tissu a perdu son élasticité, il se laisse dilater; c'est toujours la même pathogénie. Il se forme alors une poche saillante à l'extérieur et contenant des caillots dont le centre peut subir la dilatation et simuler un abcès.

Presque toujours l'anévrysme se produit sur le ventricule gauche. Il siège principalement à la pointe; à la base on le rencontre surtout derrière la valve gauche de la mitrale. Dans

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le premier cas tout le sommet de l'organe peut être dilaté et le cœur prend dans son ensemble la forme d'un sablier. Le volume est en moyenne celui d'un œuf de poule ou d'une orange et la forme est arrondie, globuleuse.

Les parois sont peu épaisses et formées par le tissu fibreux qui quelquefois se délimite brusquement d'avec le tissu musculaire.

Lapéricardie concomitante est presque constante et l'athérome coronaire très fréquent. Entraînant la dégénérescence du muscle, cette altération des artères nourricières peut être la cause de l'anévrysme.

Dans cette dernière variété, la rupture est toujours la règle, tandis que l'anévrysme par transformation fibreuse peut guérir.

Pas plus que l'anévrysme aigu, l'anévrysme chronique n'a de signes certains. Pelvetavait réuni la douleur précordiale, épigastrique, la matité étendue, la force de l'impulsion contrastant avec la faiblesse des bruits, etc. Tout cela n'a rien de caractéristique, et on ne peut dire que l'anévrysme ait d'autres signes que ceux de lamyocardie qui en est l'origine.

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