‹ Traité des maladies du cœurChapitre 206 sur 418 · RUPTURE DU COEUR · texte numérisé non relu

RUPTURE DU COEUR

existe une condition anatomique qui favorise à un haut degré la rupture, qui se rencontre dans la plupart des cas de rupture, et qui est elle-même d'une assez grande rareté : il s'agit de la désintégration ou mieux de la segmentation de la fibre cardiaque, dont Renaut a jadis donné la description. Aussi la sclérose cardiaque, l'atrophie et la dissociation des fibres musculaires du cœur doivent être considérées comme la condition anatomique prédisposante de la rupture dont la segmentation delà fibre cardiaque seraitla cause immédiatement déterminante.

A côté de ces ruptures cardiaques, il existe d'autres variétés dont la description n'a point encore été faite d'une manière didactique et dont la plus fréquente serait la rupture du cœur par une sorte de pénétration brusque ou lente du sang ventriculaire dans les interstices des fibres cardiaques, aboutissant ainsi à une véritable apoplexie musculaire. Dans un des cas d'Albert Robin, il n'a pas été possible de retrouver la fissure par laquelle le sang ventriculaire aurait pu pénétrer dans le myocarde, et l'on a tout lieu de supposer que l'apoplexie avait pour origine une lésion des tissus vasculaires du myocarde lui-même.

Il est rare que la rupture du cœur, quelle qu'en soit la cause, s'effectue d'un seul coup. La rupture paraît avoir lieu progressivement, dans la grande majorité des cas, ce qui s'accorde bien avec ce que nous savons de la symptomatologie de cette lésion qui demeure au-dessus des ressources de la thérapeutique ^

1. Vasystolie sera décrite a\\ pronostic des maladies du cœur, tome II.

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