‹ Traité des maladies du cœurChapitre 228 sur 418 · PHYSIOLOGIE DU COEUR NORMAL · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE DU COEUR NORMAL

Ganglions.

Nerfs accélérateurs et fréna-

teurs

Nerfs vasomoteurs

ou régulateurs.

tuyaux ont perdu leur élasticité comme dans les artérites, les scléroses, l'atliérôme, et surtout dans les calcifications, où les tuyaux deviennent rigides, inflexibles comme des canaux incrustés.

III. Voici maintenant les organes nerveux. Ils sont de trois ordres. Le premier comprend les ganglions auxquels on a rapporté souvent l'innervation motrice ou la faculté d'arrêt. Mais les travaux les plus récents ont fait justice de cette hypothèse, si généralement admise. Aucun des ganglions, ni de Ludwig, ni de Bidder, ni de Remak n'a de propriété impulsive. Le cœur est doué d'automatisme et d'autonomie. Aucune cause, aucun agent ne lui imprime ses mouvements d'initiative ; il n'a que des conditions de fonctionnement comme l'action du sang vivifiant. Tout ceci va être prouvé.

Mais ces mouvements une fois établis dans leur rythme et selon les lois de l'activité du muscle peuvent tout au plus être augmentés de nombre par les nerfs sympathiques appelés accélérateurs provenant de la moelle épinière ou ralentis par les nerfs vagues appelés frénateurs provenant de la moelle allongée, c'est là le rôle de la deuxième série de nerfs.

La dernière série elle, est au contraire un véritable régulateur des tuyaux d'échappement. Elle est formée par deux genres de nerfs. En premier lieu par les nerfs vasomoteurs constricteurs qui ont leur centre d'origine dans le bulbe ; quand ces nerfs sont activés, les conduits qu'ils desservent se resserrent et empêchent la transmission du sang vers la périphérie. Si au contraire le centre vasomoteur constricteur, source des nerfs de ce nom, vient à se paralyser, tous les canaux d'irrigation se trouvent ouverts ; la paralysie vasomotrice les a relâchés dans leurs parois.

L'autre ordre de nerfs vasomoteurs est formé par des vasodilatateurs ; par leur excitation ils produisent la même dilatation, le même effet que lorsqu'il s'agit d'une paralysie centrale des vasoconstricteurs. Le relâchement paralytique des vaisseaux ou leur dilatation réelle aboutissent dans certaines conditions à un résultat favorable pour le cœur; ce sont des moyens indirects de progression du sang; les nerfs constricteurs excités à leur centre ou à leur périphérie sont au contraire des moyens de réduction de la circulation.

Reprenons maintenant la démonstration de l'autonomie du cœur et de la physiologie indécise des ganglions.

Les amas ganglionnaires et leurs rôles respectifs dans le g/f^. fonctionnement du cœiir ont été diversement interprétés et tion. récemment discutés dans un sens nouveau.

Leur situation a été reconnue par Woldridge, (1883), Tigerstedt (1884), leurs fonctions ont été remaniées par His et Romberg (1891), et fixées définitivement par Krehl et Martius dans ces derniers temps (sept. 1892j. — Les nerfs extracardiaques venant du nerf vagosympathique passent à la surface postérieure du bulbe de l'aorte ascendante, et se dirigent vers la surface supérieure de l'artère pulmonaire. Là, ils se divisent en deux réseaux, dont l'un appelé bulbaire descend vers les ventricules, et l'autre ou réseau anastomotique va entre les tuyaux bronchiques et l'artère pulmonaire vers les oreillettes^ pour constituer là le réseau des oreillettes. Il y a donc un réseau bulbaire etun auriculaire, avec un réseau an as tomo tique. Les ganglions se rassemblent en assez grand nombre au point de division du réseau bulbaire et du réseau anastomo tique ; ils sont, près l'embouchure des grosses artères, de plus en plus petits. Au-dessous du point de séparation des artères coronaires, qui chez le lapin entrent immédiatement cardiaque, dans le muscle, on ne trouve plus que quelques rares ganglions situés au bord inférieur du cône artériel. Le lacis bulbaire donne les deux plexus coronaires, qui sortent au dessus des artères caronaires, et couvrent la surface du ventricule.

Le réseau auriculaire est bien plus pourvu de ganglions, mais qui ne sont pas unis, c'est le champ ganglionnaire.

Partout les ganglions sont nichés dans le tissu cellulaire lâche du péricarde ou de ses prolongements entre l'aorte et l'artère pulmonaire, ils pénètrent dans la cloison desoreillettes, jamais dans la couche musculaire compacte. Les ventricules n'ont plus de ganglions^ si ce n'est quelques cellules isolées au bord supérieur du cône artériel. La paroi interventriculaire en particulier en est privée ; il en est de même de la partie de la cloison qui est le siège du centre probable de coordination que G. Sée et M. Gley ont décrit à nouveau d'après Kronecker et Schmey.

OHAl*. I. — PHYSIOLOGIE DU COEUIl NORMAL

Des procédés de ligatures et de section des plus ingénieux ont été employés pour séparer les parties exemptes de ganglions et les parties ganglionnaires, donc pour obtenir une préparation du cœur absolument exempte de ganglions. ^Ojl J'ai insisté sur la situation véritable des ganglions et des giions plexus nerveux cardiaques, parce qu'on a fait des ganglions ^de vue* imaginaires et des plexus qu'on a cru voir enflammés dans puis'a- certaines maladies, comme l'angor pectoris. et°du même hardiesse a été développée lorsqu'il s'est agi de

rythme l'interprétation de leurs fonctions. Jusqu'à ce jour on n'a pas du cœur, j^^g^^ ^ attribuer, aux unsle pouvoir excito-moteur, aux autres le pouvoir modérateur. Or il se trouve que les ventricules soustraits entièrement à l'influence des ganglions du cœur (mammifères) possèdent la faculté de battre d'une manière rythmique; la contraction ventriculaire ne subit aucun changement, elle est aussi complète et possède la même force que s'il s'agit d'un cœur muni de ganglions. Il y a à noter seulement ce fait dans les opérations si exactes de Tigerstedt, qu'il y a abaissement graduel de la pression, ce qui dépend de la communication anormale, créée entre les deux oreillettes, laquelle entraîne une réplétion incomplète du ventricule gauche et des artères coronaires, et de plus une nutrition incomplète du cœur. Mais laissons ce détail; la question reste la même. Le pouvoir d'un cœur ou d'un fragment cardiaque sans ganglions, c'est-à-dire énervé, de produire des contractions rythmiques, fait que le cœur possède en lui-même un excitant de ces contractions, enun mot qu'il jouitde propriétés automatiques, pour la production desquelles les ganglions et les nerfs du cœur sont inutiles.

La pulsation rythmique du cœur n'est pas davantage le fait d'une excitation provenant du sang des cavités cardiaques ou du sang des vaisseaux coronaires. Le point de départ de la mise en jeu de ces contractions reste encore obscur, (c) Mais on sait que ces propriétés automatiques sont diverse- ^tsmt ment développées dans les diverses parties du cœur. Elles du cœur, cojnmencent à l'ouverture des grosses veines et vont de là en diminuant vers les ventricules. C'est de la musculature placée près de cette embouchure veineuse que dépend aussi la fréquence des battements du cœur; naturellement elle ne dure

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