PHYSIOLOGIE DU CŒUR DES CARDIAQUES
Bien des anomalies fonctionnelles du cœur sont restées inexpliquées jusqu'ici. Les travaux de Martius (1889) sur la systole et le choc du cœur ont éclairé bien des points.
Art. I. — Systole et choc du cœur. Pression et pouls.
La systole qu'on croyait à même d'expulser du ventricule rapidement, complètement, tout son contenu, se compose de plusieurs périodes. — La phase que l'auteur appelle le temps de la fermeture est la période pendant laquelle le ventricule a déjà reçu le sang des artères, où les valvules veineuses viennent de se fermer, mais où les valvules artérielles ne sont pas encore ouvertes, par conséquent, où le ventricule en se contractant n'a pas encore surmonté la résistance de ces dernières, c'est-à-dire n'a pas surmonté la pression dans l'aorte, (a) Cette phase correspond au choc de la pointe, et se trouve en être en même temps la cause, en ce sens, que le choc du ventricule, rempli au maximun, contre la paroi thoracique, a lieu au début de la systole, tandis qu'après l'ouverture des valvules aortiques, la contraction du cœur donne lieu à une diminution de sa capacité, et ne peut plus produire le choc de la pointe.
Choc La comparaison exacte des courbes du choc avec les donfaibie. nées (simultanément inscrites) de l'auscultation nous explique toute une série de phénomènes obscurs, entre autres, pourquoi dans certaines formes de faiblesse cardiaque le choc du cœur et la secousse de l'organe se montrent si forts et si violents, pourquoi l'activité fonctionnelle paraît si manifestement augmentée, tandis que le pouls est très faible et petit. Ceci
SYSTOLES A DEUX PHASES ^
tient, à ce que le cœur affaibli, comme il n'expulse pas le sang du ventricule avec assez de force, reste plus fortement tendu, et s'applique ainsi sur une grande surface contre la paroi thoracique pendant la période d'exsulsion.
Il résulte aussi des recherches de Martius, que la conception g^n^^ des différentes parties du cardiogramme usuel subit d'intéres- ^^tracée^ santés modifications. La plus importante indique quelasys- ^deux tole ne répond pas seulement à la ligne d'ascension mais en partie aussi à la ligne de descente, attendu que sur celle-ci tombe la deuxième phase de la systole, c'est-à-dire la période d'expulsion, qui commence lors de la cessation de l'occlusion des valvules artérielles, et de la pression artérielle.
Les données pathologiques des lésions valvulaires ne s'expli- p^racés quent plus d'après les anciennes théories; si l'on adopte les giques. idées de Martius le diagnostic des lésions subira des modifications dans le nouveau sens.— 11 faut d'abord considérer, comme l'ont fait Krehl et Frey, que les cardiogrammes pathologiques n'ont pas le don de correspondre au même point du cœur, que ceux du choc normal; par ce motif les tracés des cardiogrammes pathologiques ne doivent pas forcément différer des autres. Les cardiogrammes ne montrent que le déplacement d'un point de la surface du cœur; et ils dépendent du genre d'action d'ensemble des parois musculaires du ventricule, de même aussi du changement de place du cœur. — Par les mêmes motifs ils n'indiquent nullement les rapports de pression du sang dans le ventricule.
Les recherches de von Frey ont aussi modifié l'étude de la p^^^j^^ circulation, elles portent juste sur les manifestations pulsatiles, d'abord sur la pression pulsatile (du pouls) reconnaissable par le sphygmographe et le manomètre (chez les animaux); lessphygmographes indiquent les variations de cette pression. Les expériences portent en premier lieu sur le volume du pouls, c'est-à-dire sur le volume total du membre produit par le pouls; l'instrumentmesureurest le plétysmographe. Deuxième finalement sur le courant du pouls qui fournit les changements de la vitesse du cours du sang dans une artère ; (tachograiume). L'instrument utile pour le médecin c'est le sphygmographe (modifié par Dudegeon). 11 montre la rapide montée, ce qui veut dire la dilatation rapide de l'artère, et la des-
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Pulsus tardus
cente plus lente, ce qui veut dire sa contraction, sa dilatation et son resserrement très variables selon les différentes artères du corps.
fOTmé. La figure de la courbe du pouls trouve sa propre explication ; elle indique l'influence exercée sur le pouls par la pression précédente, par la tension des vaisseaux, par la vitesse de propulsion de l'onde pulsatile. Les différences proviennent de plus loin et particulièrement de la réflexion de Fondée pulsatile à la périphérie, c'est-à-dire aux divers points où la lumière des vaisseaux se rétrécit, où par conséquent les vaisseaux sont relativement fermés. Ce fait est cependant contesté; ce qui ne Test point, c'est Tinfluence de l'activité du cœur que nous allons étudier, xitilité La courbe du pouls dans l'aorte et la dépression dans le indépenl ^entricule gauche, s'écartent souvent beaucoup, d'après '^'^Myo-^" y ^ comme l'on sait, un pulsus celer et un pulsus
carde, tardus ascendant dans le tracé ; le premier se montre dans les pressions basses, le dernier dans les surpressions. Dans le premier cas le sommet est déjà atteint lorsque la systole du ventricule dure encore un certain temps. Dans le deuxième cas le tracé est au bout, peu avant la fermeture de la systole. La contraction du ventricule peut dans les deux cas durer le même temps.
Le pulsus celer ne signifie donc pas (et ceci est important) une contraction rapide, de même que le pulsus tardus ne signifie pas une contraction lente du ventricule ; mais le ventricule se contracte d'une manière indépendante du travail qui lui est commandé, toujours à peu près avec la même rapidité. Il ressort de là un autre point. De la comparaison des courbes de pression du ventricule et de l'aorte il résulte, que pendant que le ventricule expulse encore du sang, la courbe de pression aortique peut monter ou s'abaisser. Ceci dépend de l'apport et du départ du sang, car s'il passe pendant la période d'élimination plus de sang du ventricule dans l'aorte qu'il n'en part vers la périphérie, le maximum de pression artérielle ne sera atteint qu'à la fin de la systole. Il monte pendant tout le temps de la pression. Si l'inverse a lieu, elle tombe naturellement.
En somme d'après Hùrthle l'action du cœur comprend,