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CHAPITRE VU

TONS NATURELS DU CŒUR ET DES VAISSEAUX. DES SOUFFLES CARDIAQUES ET VEINEUX

Ions naturels du cœur.

A l'état physiologique on entend dans toute la région précardiale et même au delà, deux bruits brefs qui commencent et se terminent brusquement et ne sont séparés que par une petite pause; ils imitent le tic-tac d'une montre; le premier son coïncide avec la systole du ventricule, le second avec le commencement de la diastole, de là le nom de bruit systolique et diastolique; l'un paraît sourd; le second plus clair frappe à la base du cœur; tous deux correspondent aux ouvertures du cœur; nous ne parlerons que des bruits du cœur gauche; ceux du cœur droit seront décrits à l'occasion des lésions du cœur droit (voir chapitre xx).

Le premier son se produit sur l'ouverture mitrale qui fait com^muniquer l'oreillette gauche avec le ventricule de même nom; il résulte du dcplissement brusque et de la tension de la valvule auriculo-ventriculaire gauche, tension qui s'opère pendant la systole du ventricule lorsque le sang lui arrive en

TONS NATURELS DU CŒUIl.

retour sur la valvule et la presse; ce premier son, qui, nalurollement, provient aussi de la valvule auriculo-ventriculairo droit, prend le caractère soufflant pour peu que les valvules aient subi quelque altération anatomique. Le mécanisme de c. son a été admirablement mis en lumière par Rouanet en 1 832 , par une tension subite des valvules, il se produit un son qui cesse lorsqu'on supprime ces valvules. Mais la tension de a valvule n'est pas l'unique cause du son systolique comme Je croient BouiUaud, Skoda et Traube. Une autre cause vienl S'Y joindre, c'est le bruit de contraction du muscle cardiaque . C'est l'opinion de Stokes vérifiée par Ludwig et Dogiel qui lient les troncs veineux et artériels du cœur et empêchent ainsi e san- d'arriver au cœur et de tendre les valvules ; cependant le bruit persiste. Comme tous les grands muscles, le cœur produit un son en se contractant ; on peut s'en assurer sur le cœurvidéde sang et extrait d'un animal qu'on vient de sacrifier; si on ausculte ce cœur, on entend, bien que le sang ne soit plus là pour permettre la tension des valvules, un son, mais qui ne ressemble pas au son vif du cœur qu'on perçoit sur le vivant- c'est qu'en effet le son du cœur est une combinaison de deux genres de sons, le claquement valvulaire et le son

TXl U. S C U. 1 3. 1 1* 6

Ce premier son sur l'ouverture de l'aorte ou sur celle de l'artère pulmonaire est en partie un son de propagation ; mais la plus grande part en revient au tiraillement subit et à la tension que les membranes artérielles subissent lorsque la systole des ventricules gauche et droit déverse le sang dans les artères aortique et pulmonaire. C'est pourquoi on entend aussi un son systolique dans toutes les grosses artères comme la carotide; c'est pourquoi aussi lorsque les membranes de l'aorte ont subi une altération athéromaleuse et perdu leur élasticité on ne perçoit plus de son, mais bien un souffle.

TVI'E VALVULAUîi:.

Le deuxième ton du cœur se perçoit sur rorifice aortique ; il résulte du déplissement et de la tension des valv ules semilunaires (aortiques oupulmonaires), etee déplissement se produit lorsque la colonne sanguine, par suite de la systole artérielle, revient pour atteindre les valvules de ce nom. On peut prouver facilement cette origine ; lorsqu'on ausculte un cœur qui bat encore en dehors de la poitrine chez un animal récemment sacrifié, on n'entend plus le deuxième son parce que le cœur ne contient plus de sang pour fermer ces valvules semi-lunaires. Supposons maintenant que le ventricule gauche vienne à s'hypertrophier à la suite d'un obstacle quelconque au cours du sang artériel, le deuxième ton prendra, à l'ouverture aortique, une grande intensité, attendu que le ventricule hypertrophié lance le sang avec plus de force dans le système artériel, et que la masse de sang lors de son reflux frappe plus violemment les valvules semi-lunaires; si au contraire la force ventriculaire vient à fléchir, le deuxième ton s'affaiblira aussi.

On voit combien ces tons normaux passent insensiblement à l'état de phénomène pathologique.

Il reste à mentionner le deuxième ton de l'ouverture mitrale; ce ton ne naît pas sur place; il n'est que le deuxième ton propagé de l'orifice aortique jusqu'à la pointe du cœur. Aussi est-il bien plus faible et moins claquant sur la rédon mitrale que sur l'ouverture aortique.

§ Z. — DessouffleM endocai-difiue.s. — Souffles mécaniques

ou organiques.

A la place ou à côté des sons naturels du cœur, on perçoit souvent des bruits ou des souffles qui se passent dans la cavité du cœur; ce sont les souffles endocardigues d'origine

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