DES SOUFFLES CA IIDIAQUES. J
mécanique ou organique. 11 faut reconnaître en second lieu des bruits endorcardiques d'origine inorganique, semblables aux souffles artério-veineux, et s'observant principalement chez les anémiques. Les uns et les autres doivent être distingués des frottements péricardiques (voir chapitre xxxviii) et des bruits extra-péricardiques, le plus souvent pulmonaires, décrits par Potain.
Les bruits endocarcliques se produisent généralement sous l'influence des lésions variées des valvules du cœur; ce sont des dépôts à leur surface, des excroissances, des épaississements, des transformations calcaires ; d'autres fois les valvules sont ratatinées ou perforées ou adhérentes entre elles avec ou sans raccourcissement des filaments tendineux correspondants; la plupart de ces lésions sont dues à l'endocardite. On peut incriminer parfois des déchirures ou des arrachements d'une valvule sous l'influence d'efforts violents ou d'action traumatique; c'est ce qu'on voit surtout sur les valvules sigmoïdes.
a. Mécanisme des souffles. — Les altérations valvulaires ne produisent les souffles qu'en provoquant une insuffisance relative ou réelle des valvules malades, c'est-à-dire une incapacité de fermer les ouvertures correspondantes après le passage du sang, ou bien qu'en formant un rétrécissement des orifices ; quand il s'agit des grosses artères, c'est en se dila. <ani surtout à leur entrée qu'elles amènent le développement des souffles. Tontes ces lésions, insuffisances ou rétrécissements, donnent lieu à des remous dans le courant saniîuin, à de véritables tourbillons liquides : c'est là l'origine des souffles. On ne parle plus en effet des frottements du sang contre les surfaces rugueuses des valvules. PoiseuUe a démontré que c'est précisément la couche périphérique du liquide qui mouille la membrane, c'est-à-dire qui est au repos relatif. Il existe môme des parois athéromateuses
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contre lesquelles le froUeinent ne se produit pas; cette théorie est donc jugée.
Mais il y a dans le sang des collisions par suite des oscillations qui ont lieu au moment du passage du liquide par des ouvertures. C'est au passage des parties étroites dans les espaces plusgrandsquelesangproduit des souffles. C'est Corriganqui démontra ce fait dès 1836, d'une manière expérimentale, en faisant passer d'un vase à pression, de l'eau par un tube élastique. En appuyant sur le tube il entend derrière la partie rétrécie, c'est-à-dire dans la zone large, un bruit même perceptible au doigt. Pour lui l'origine des bruits est dans les courants irréguliers, tourbillonnants, qui se forment dans le liquide. Toutefois le souffle ne se produit que si le courant est enrayé par places ou si le courant est rapide, en un mot s'il subit l'influence du rétrécissement ou des dilatations ; c'est ce qui a lieu dans l'appareil valvulaire altéré dans sa texture; dès que ce liquide passe par un point rétréci ou pénètre dans une cavité avec une certaine vitesse, il se forme des mouvements de tourbillon qui se traduisent toujours à l'oreille sous forme de souffles. Ces bruits s'entendent de la manière laplusnettedanslesrétrécissements d'orificesou dans la cavité dilatée de l'aorte. S'il s'agit d'une insuffisance des valvules les mouvements sont dus à une autre cause. Par suite de l'insuffisance de la valvule mitrale (que nous prenons comme exemple) le sang reflue dans l'oreillette gauche et rencontre le courant sanguin physiologique; ces deux courants se heurtent, de sorte qu'il en résulte un tourbillon, et un souffle très prononcé ; c'est ce qui ressort des travaux de Chauveau, Marey, Nolet, Jacobson, Thoma et Weber. L'opinion de Chauveau diffère sur un point, il attribue le bruit non au tourbillon, mais aux oscillations des molécules qui se forment dans le courant, danslaveine fluide lorsqu'un liquide passe d'un litétroit dans un plus vaste; mais le remous