‹ Traité des maladies du cœurChapitre 289 sur 418 · ERGOTINB ET SES PRINCIPES · texte numérisé non relu

ERGOTINB ET SES PRINCIPES

de l'ergotine dialysée sur la respiration est fortement accélératrice. ...

En général aussi des doses même élevées jusqu a un gramme nont qu'une action transitoire, et peuvent être répétées 3 à 4 fois dans la même heure. — Même par des doses portées à 6 grammes on n'observe pas un effet directement mortel.

Résumé. Les trois ergotines (l'ergotine Bonjean, l'ergotine dialysée, le citrate d'ergotine) agissent à un degré ordinairement marqué pour augmenter la pression ; mais ici même il se produit une action dépressive. — La différence entre l'action des trois ergotines sur la pression se traduit en ceci : le citrate d'ergotine élève la pression d'une manière plus nette et plus durable que l'ergotinine soluble de Bombelon et celle-ci agit plus distinctement que l'ergotinine de Tanret, qui comme nous allons le voir se rapproche au point de vue de l'action sur la pression de l'ergotine dialysée, laquelle produit parfois les trois phases indiquées.

II. Ergotinine. Tanret a parfaitement étudié un alcaloïde chimie non volatile, cristallisable en aiguilles fines, blanches, qui n'existe dans le seigle que, dans la proportion de 0,001. Beaucoup d'auteurs ont répudié la pureté de coproduit qui paraît irréprochable. Cependant à côté de cette ergotinine de Tanret, il faut mentionner un citrate d'ergotinine soluble, décrit par Bombelon, et que Kobert avec Eulenburg ont expérimenté.

La première a été essayée en 1877 par ( Molé de Troyes) et ^Jy?^"" Chabazzian de Dublin en 1883, qui à l'aide de 5 gouttes d'une solution au millième vit s'arrêter les hémorrhagies. Gosselm n'obtint qu'un effet variable. Dujardin Beaumetz (1. th. t. 9) observa des effets d'intoxication à côté de son action hémostatique d'ailleurs très faible. D'après Budin et Galippe, ^Effets^ (1878) il faut injecter à un gros chien au moins 0,08 pour tatiques obtenir ces effets ; Laborde et Peton indiquèrent la dose de mo^cui-g I 0,02 chez le chien pour dilater la pupille et de 0,01 chez le ^^tgs^^ lapin pour anémier l'oreille.

Kobert considère l'ergotinine de Tanret, de même que celle de Geo, comme sans aucun eflet. Markwald de son côté ne regarde l'ergotinine ni comme un moyen utérin, ni comme un agent hémostatique. Quant au citrate d'ergotinine, Eulenburg lui conteste toute action sur la tension des artères, et sur la

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fréquence du pouls, ce qui ne l'empêche pas de le préconiser dans les névroses vaso-motrices, et même dans la maladie deBasedow. Au résumé, Tergotinine n'est pas encore intronisée ni en France, ni en Allemagne.

III. Acide sphacélique. Sous ce nom Kobert décrit un acide non azoté soluble dans l'alcool et dans les alcalins, et qui ne se trouve dans l'ergot que dans les premiers mois après la récolte, c'est pourquoi on ne constate les épidémies de gangrène ou sphacèle ergotique que dans cette saison. En administrant à des coqs une petite quantité de cette substance, on voit la crête noircir, sécher et tomber. La gangrène atteint aussi la langue, le gosier ; chez le porc c'est la gangrène des oreilles et du nez, et elle paraît produite par des thrombus hyalins dans les vaisseaux sous l'influence de la contracture persistante des vaisseaux, qui a elle-même une origine centrale. C'est cet acide qui paraît être abortif.

IV. Gornutine. La cornutine est un alcaloïde soluble dans l'alcool, formant des sels solubles dans l'eau. Elle s'obtient en quantité minime sous forme de solution alcaline extrêmement toxique, par le bichlorure de mercure. A petites doses elle détermine chez les femelles parturientes la péristaltique de l'utérus, et chez les femmes non enceintes des contractions douloureuses de cet organe.

Pro- La cornutine a été expérimentée tant par la méthode sousvaïo- cutanée que par l'injection de la dose de 0,00.o à 0,0075 par trTctive Streng, à la clinique de Biegel (Th. Mon.- 1888 p. 465). Il énorme conclut de nos recherches qu'elle a la propriété vaso-consraientis- trictive et ralentissante au plus haut point. Lewitzky (voir santé, niême journal 1888 p. 70) démontre d'abord qu'elle excite à petites doses les centimes réflexes de la moelle, qu'en outre elle roidit les muscles comme la vératrine, qu'elle excite le nerf vague et ralentit le pouls.

A forte dose elle paralyse le nerf vague, et produit enfin une énorme augmentation de la pression. Cette élévation n'a pas sa cause à la périphérie, mais elle consiste d'après Kobert et Lewitzld dans l'excitation du centre vaso-moteur, mais la section de la moelle épinière la fait cesser constamment.

Chimie. V. Acidc ergotique ou sclérotique. Le troisième principe

ACIDES SPHACÉLIQUE, EROOTINK, CORNUTINE

indiqué par Kobert est l'acide ergolique. Avant son travail un acide azoté qu'on a appelé sclérotique, (Wernick et Zweitel 1875 Dragendorf et Podwirosky 1875) avait été étudie; la principale partie de Facide sclérotique est une substance azotée un glycoside acide soluble dans l'eau, qui existe aussi dans l'ergotine de Bonjean ; c'est l'acide ergotique de Kobert.

Injecté il provoque une paralysie ascendante. Pris a 1 mte- j^^e, rieur il est inerte parce qu'il se décompose avant d'être résorbé. Des expériences pratiquées par Kobert, et Stumpf sur lui-même avec l'acide ergotique ou sclérotique, par Nikitin (1879) ne démontrent rien d'important ; l'excitabilité de la moelle est amoindrie ; l'activité du cœur reste normale, et la pression à peu près.

Mais les recherches de Markwal prouvèrent une action AcUon dépressive, évidente (après une légère élévation préalable de pressive

la pression.

En même temps le pouls se ralentit.

Cette action dépressive est devenue certaine depuis les recherches de Lazarski. (Mon. 1888 p. 72.)

VI. Comparaison des divers principes définis ou non, au point de vue de la pression vasculaire. Ergotines. — En comparant les préparations au point de vue de leur action sur la pression, on peut s'expliquer tout d'abord l'action contradictoire de l'ergotine qui contient plusieurs principes opposés ; en effet l'ergotinine avec son action renforçante de la pression, l'acide sclérotique avec son effet généralement dépressif de la pression, constituent des éléments constants de l'extrait sec d'ergot. Comme tous deux se trouvent en proportions diverses dans l'ergotine dialysée, on comprend les effets en sens inverse de l'ergotine.

Au point de vue de l'action sur l'utérus, l'ergotine et l'acide sclérotique la produisent d'une manière indépendante des changements de pression sanguine ; l'ergotinine est sans effet aucun sur l'utérus, bien qu'elle augmente la pression.

Les ergotinines opèrent plus fortement que l'ergotine ^Ergo-^ Bonjean pour élever la pression ; mais elles sont également susceptibles d'abaisser cette pression.

La différence d'action entre les trois moyens sur la pression se traduit ainsi ; le citrate d'ergotinine augmente la près-

— SKRIE DES VASO-CONSTRICTEURS

sion plus nettement que l'ergotinine soluble (de Bombelon) et celle-ci plus que l'ergotinine de Tanret ; celle-ci à son tour se rapproche de Tergotine soluble.

La cornutine dépasse tous les autres principes par son pouvoir hyperpressif qui est énorme.

Comparaison des trois principes au point de vue hémostatique. Après les saignées pratiquées sur les animaux, on peut voir que ni Tergotine dialysée, ni l'ergotinine ne sont capables de ralentir le cours du sang, tandis que l'acide sclérotique produit constamment cet effet. Avec l'ergotinine il semble même que la circulation s'accélère quelque peu. Au résumé,

1° L'ergotinine n'est pas un moyen hémostatique, ni utérin.

2° L'ergotine dialysée et l'acide sclérotique sont aptes tous deux, à arrêter les hémorrhagies utérines.

3° L'acide sclérotique possède au plus haut point le pouvoir de déprimer la pression et d'enrayer les hémorrhagies en général ; mais il ne peut pas être injecté ; sous ce rapport l'ergotine est préférable surtout, si comme le veut Markwald on associe le liquide, i gram. à 2 gram. de solution d'ergotine avec une solution saline de 0,73 p. c. de sel. jjj^i. Thérapeutique de l'ergotine appliquée aux cardio- *'|éné-^ pathes. En 1887 Rosenbach (Berl. '1887. Ther. Mon. 1887) proraies. posa les préparations d'ergotine, dans les maladies aortiques,

Lésions , ta - ± " j n-

aor- marquées par une distension extrême des artères, sous 1 intiques. fluence primitive d'un excès de pression avec une ondée sanguine énorme et perte d'élasticité des parois artérielles. L'ergotine serait indiquée dans ce cas.

A un certain moment, le pulsus celer disparaît pour faire place à un simple choc de l'ondée dans les tuyaux artériels devenus flasques.

Sclérose De là aussi pour le muscle cardiaque lui-même les effets fâcheux de la diminution de l'élasticité des artères coronaires, de leur dilatation, de leur sclérose, de la nutrition imparfaite et de la transformation graisseuse du cœur.

Si dans ces cas le point dominant est dans la faible pression du système artériel, il s'en suit la nécessité de surélever directement l'activité de la paroi vasculaire.

L'ergotine par son action sur les muscles lisses semble devoir remplir cette indication.

corO' naire.

COMPARAISON DES TROIS PRINCIPES DE l'eRGOT

A la dose de 2 à 4 gr. sur 150 gr. (60 gr. par jour) ou bien avec des pilules d'ergotine, qu'on a subrepticement et souvent additionnées de comvallamaria ou de digitale, on a parfois de

bons résultats. '

De même dans les artério-scléroses, les parties déchues Artériodu myocarde peuvent être remplacées par la contractilite des parois restées libres. ^

Dans l'angor pectoris qui n'est qu'un résultat de l'artério- p^^e^f^ sclérose coronaire on n'a pas craint de prescrire Fergotine.

Dans les dilatations du cœur son emploi s'explique mieux, tations.

Les hydropisies n'ont rien à attendre de l'ergotine. «ydro-

Au résumé si on cherche la surélévation de la pression, on Mka-^ sera souvent déçu ; si on cherche l'inverse on sera souvent divers servi dans les circonstances contraires, où il y a dépression. Pp^s""

Si j'en juge par la diversité des résultats obtenus par les Cornudivers principes, je vois que la surélévationde la pression vas- ^acide culaire n'appartient qu'à la cornutine, qu'elle est rare- que. ment le fait de l'ergotine laquellecependant est seule en usage, qu'au contraire dans les atïections aortiques où il y a excès dépression, la raison expérimentale serait en faveur de l'acide sclérotique qui produit une dépression aussi marquée, que la cornutine détermine un état opposé. Il s'agit donc avant tout de savoir quelle est la maladie avec un excès constant ou un déficit réel de pression vasculaire ; on suppose dans l'insuffisance aortique le premier état, et dans les affections mitrales une dépression ; c'est là qu'on a proposé l'ergotine tandis que ce serait le cas d'expérimenter la cornutine. L'indication de Rosenbach est la seule précise; elle se rapporte à l'asystolie d'origine aortique, c'est là le seul emploi de l'ergotine dialysée? avec l'ergot tout entier, c'est la confusion des pouvoirs.

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