DIGITALE
Digitale.
La digitale, comme nous allons le démontrer, contient plu- i sieurs principes, parmi lesquels nous distinguons avant tout èt et surtout la digitaline, qui est un glycoside, c'est-à-dire un p^^^- principe non azoté, susceptible de se dédoubler en un corps résinoïde et en glycose, et qui réunit toutes les propriétés de ■ ime. la digitale. La digitaline vraie parfaitement cristallisable et soluble dans l'alcool, a été découverte par Nativelle il y a 20 ans, perfectionnée par Arnaud, popularisée par Adrien, et bien décrite par Villejean, c'est la seule qui doit avoir cours dans la science ; et sur laquelle reposent tous nos travaux de thérapeutique physiologique. Elle a été discréditée d'abord parce qu'on l'accusait de ne pas reproduire l'image exacte de la phénoménalité digitalique (ce qui est faux), et de varier dans sa composition. Schmiedeberg l'a disqualifiée en disant que la digitaline du commerce contient trois principes ; le pre- ' mier c'est la digitaline vraie qui ne s'y trouve que dans la proportion de 2 à 3 p. c. et qui traitéee par l'H. Cl. dilué subit le dédoublement comme les glycosides.
Un autre principe serait la digitoxine (de Schmiedeberg), - g masse comme perlée, qui traitée par les acides ne se dédouble D'.gipas en glycose. C'est le poison le plus actif et le plus inapplicable; Koppe en l'expérimentant sur lui-même à 0,0015 a subi une intoxication des plus graves pendant plusieurs jours.
Un principe, la digitaleïne, est, comme la digitaline, un 3 glycoside, mais bien plus soluble dans Peau. C'est elle qui taSë. constitue la principale partie de la digitaline d'Homolle et Quevenne, et aussi de la digitaline de Merck.
Outre ces trois principes nous avons à signaler une subs- 4 tance distincte, qui se rapproche de la saponine et qui est ^S-*^ sans intérêt, puis des produits de dédoublement et de décom- «isants. position auxquels on a donné les noms de digitalirésine et de toxirésine qui peuvent donner lieu aux convulsions comme la picrotoxine (Perrier). Dans les préparations mal conservées de digitale ces produits tétanisants se retrouvent facilement.
La dose de notre digitaline est de 1/2 milligr. par jour ; on peut arriver à un milligram. par jour, en solution alcoolique, Doses, de cette formule :
CHAP. Vr. — DIGITALE ET DIGITALINIQUES
Digitaline 0,005
Alcool 100 cmc. ou 20 cuillerées à café pour cinq
jours ; chaque jour, 1 cuillerée à dessert matin (et soir.)
Nous verrons comment il faut administrer ces doses et combien en prolonger l'emploi.
Prépa- Trois sortes de préparations surtout, sont ou ont été emratwns ployées en médecine.
digitale. L'infusion ou la macération comme diurétique, la teinture comme cardiaque, et la feuille comme médicament dit complet. Les différences signalées empiriquement ont certainement pour origine les principes respectifs de la plante ; parmi ceux-ci, ilfautciter ladigitonine qui est Tanlagoniste desautres principes ; c'est un poison convulsivant, comme la thébaïne dans l'opium ; il n'y a là que des désavantages marqués pour la plante, d'autant que le poison est très soluble dans l'eau.
Macé- La digitaleïne qui est également soluble dans l'eau fera
ration. ^^^^^ ^^^^ utile des solutions ou macérations.
La digitaline vraie de ces macérations est très peu soluble, et ladigitonine insoluble dans l'eau; on voit déjà la faiblesse de ces macérations aqueuses.
Teintu- Au contraire la digitaline et ladigitoxine solubles dans l'aicool se retrouvent dans la teinture, qui est active, et bien préférable aux préparations aqueuses. Avait-on bien calculé, quand à l'Académie les uns ont déclaré leur préférence pour l'infusion, les autres pour la poudre de digitale, les autres encore pour la digitaline amorphe d'Homolle, qui n'est que la digitaleïne, les autres enfin votant pour la teinture, qui est le ' remède tonicardiaque à cause de la digitaline et de la digitoxinequi se dissolvent dans l'alcool.
Nous pouvons maintenant, et d'après ces analyses, justifier notre préférence pour la digitaline; l'art de formuler se perd, dit-on, (v. gaz. hebd. 1889 janvier) il m'intéresse peu; mais ce qui m'importe c'est de savoir ce que j'ordonne et pourquoi. La pharmacologie elle-même n'a plus d'attraits, depuis qu'on sait que chaque préparation aqueuse ou pulvérulente, ou alcoolisée varie selon ses principes et dans desproportions considérables. Lauder Brunton dit que 45 gram. de l'infusion faite à Edimbourg, comparés à 4 ou 8 gr. d'infusion faite à Londres produisent les mêmes désordres gastriques, et que l'infusion ainéri-