‹ Traité des maladies du cœurChapitre 307 sur 418 · MORPHINE · texte numérisé non relu

MORPHINE

Action physiologique et thérapeutique de la mophine. Action paralysante et plus tard somnifère. Nous trouvons dans la morphine 3 modes d'action: (je parle du chlorhydrate de morphine); à la dose de 0,005 à 0,01, le premier mode d'action est l'abaissement de la sensibilité douloureuse avant la narcose. Pendant que l'impression sensorielle et les autres fonctions cérébrales restent encore intactes l'encéphale ainsi protégé reste pour ainsi dire isolé des impressions pénibles du dehors et semble travailler plus librement ; il en résulte un vrai sentiment de bien-être.

Narcose. — Les doses de 0,01 à 0,03 injectées augmentent les phénomènes indiqués et diminuent tellement l'excitabilité de tout le sensorium, que le sommeil se dérveloppe. L'anéantissement des diverses parties atteintes du cerveau ne s'arrête pas simultanément, mais il est graduel, de telle sorte que comme lors de l'action des narcotiques de la série grasse (chloral etc), le sommeil est souvent précédé d'un état plus ou moins prononcé de troubles, qu'on a considéré à tortcomme une véritable excitation. Les doses de 0, 03 paralysent l'encéphale entièrement, provoquent par conséquent un sommeil irrésistible et abaissent ensuite l'excitabilité de la moelle épinière. Cette réduction de l'excitabilité est le 3^ phénomène.

Indications. Les phénomènes indiqués réclament tous la morphine. Toutes les douleurs, toutes les sensations pénibles arrivées à l'extrême doivent être combattues par la morphine, si la cause première ne s'y oppose pas par des conditions inacceptables. En principe on ne doit réserver pour la morphination que les douleurs dont la cause peut être atténuée ou supprimée par ce moyen, puis les douleurs qui après des tentatives de traitement causal et symptomatiques demandent par la violence ou la durée de la souffrance un soulagement d'urgence. Cette question se pose surtout à l'occasion de Tanger pectoris et sera résolue ultérieurement.

Lorsque la douleur provoque l'insomnie, la morphine dépasse tous les moyens narcotiques. S'agit-il au contraire d'insomnies par excitation psychique, elle devra céder le pas à tous les somnifères surtout ceux empruntés à la série grasse et encore à la codéine. Lorsqu'enfin il existe des phénomènes convulsifs (hystériques ou autres), comme la plupart résul-

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