SÉDATIFS. CANNABIS
III (bis). Chimie. Historique. Les principes actifs du cannabis n'ont jamais été bien définis, ni bien utilisés, je parle surtout du cannabinon ou du tannate de cannabine ; c'est pourquoi j'ai eu recours uniquement aux extraits, particulièrement à l'extrait gras, et cela dans un but absolument distinct de celui qu'on vise généralement. Après de nombreuses tentatives je constatai la parfaite nullité de l'extrait, comme soporifique et surtout comme paralgésiant ce qui constituait sa réputation ; il n'a rien de commun ni avec le chloral d'ancienne date, ni avec le chloralformamide de date récente, ni avec la morphine ou la codéine; ni avec l'antipyrine et autres névrotiques anti-douloureux. Ce qui me frappa, c'est le pouvoir sédatif, mais avec cette différence avec le bromure, c'est que celui-ci agit sur le centre cérébro-spinal, tandis que le cannabis agit sûrement sur le système nerveux de l'estomac, et presque certainement sur celui du cœur; c'estdoncun vrai sédatif gastro-intestinal, et probable du cœur.
La dose la plus convenable est de 0,05 d'extrait gras à pren- Doses.
CHAP. VIII BIS
— MÉDICATION AUXILIAIRE CALMANTE
dre par jour dans une potion de 80 grammes autant que possible avant les repas.
Effets physiologiques. Avec cette indication il n'y a rien à craindre des effets du médicament ; au delà de la dose indiquée (à 0,-1 0). on observe souvent de l'ébriété; à la dose précisée rien de semblable, ni aucun trouble apparent de l'estomac ou du cœur.
Thérapeutique. 1. Affections de l'estomac et de l'intestin. Le cannabis réussit dans les dyspepsies hyperacides chlorhydriques et dans les affections fermentatives. Il réussit encore dans les névroses, c'est-à-dire sans dyspepsie notoire et sans lésions organiques. C'est contre le phénomène douleur que l'action du cannabis se dessine le plus nettement. Les effets sur les digestions acides et sur la sensibilité des hyperchlorbydriques en particulier sont très manifestes. Lorsque l'intestin grêle est envahi par cette sécrétion hyperacide, le cannabis présente une grande utilité, et lorsque le gros intestin est pris par l'entérite mucino-membraneuse, l'extrait gras est un des meilleurs calmants, ce qu'on peut vérifier journellement.
2. Phénomènes vaso-moteurs de la digestion. Sur les phénomènes digestifs éloignés, tels que les vertiges, les migraines, la névrosthénie, les insomnies, le cannabis paraît agir très favorablement.
3. Affections cardio-vasculaires . Les palpitations, les dypsnées cardiaques sont souvent amoindries ; mais ce qui m'a frappé le plus c'est son action sur les accès d'angor pectoris, et dans ces cas je fais fumer soit avant, soit pendant le paroxysme une cigarette contenant 0,25 de cannabis en poudre, mêlé avec une plante labiée ou également autre légèrement pulvérisée.
Voilà les principales données résumées, concernant le cannabis.
Art. IV. — Paralgésiants.
L'action des somnifères et des antipyrétiques sur l'encéphale est suffisamment connue. Dans l'étude du cœur il importe de tenir compte de leur action sur le système cardio-vasculaire sur le sang.
Action Ce dernier point de vue très intéressant a été soulevé réceme lang. ment par le professeur Schmitt (de Nancy) à l'occasion de l'in
PARALGÉSIANTS
toxicaiion par l'acétylphénylhydrazine. Sur 14 antipyrétiques qui 'ont été le sujet d'expérimentation sur le chien, il a constaté qu'ils provoquent à des degrés variables des altérations du sang par la fixation de l'oxygène sur l'hémoglobine, la transformation de l'oxyhémoglobine en méthémoglobine, la diminution de la capacité respiratoire du sang, et même la destruction globulaire. Ces altérations varient d'intensité avec la dose de l'agent expérimenté, mais sont en rapport avec la période et le degré d'abaissement thermique. Comme les paralgésiants ne sont appliqués ici que comme antidouloureux et non comme antithermiques, les données indiquées ne sont pas rigoureusement applicables. On peut toutefois les distinguer en trois groupes.
1° Ceux qui à dose moyenne ne produisent que la fixation de rO. sur l'hémoglobine : antipyrine, phénacétine, qui dépassent donc tous les autres.
20 Ceux qui produisent la méthémoglobinémie interglobulaire thalline. Kairine.exalgine, méthacétine, acétylamidophénol.
30 Ceux qui à doses répétées produisent la méthémoglobinimie avec destruction globulaire. Acétanilide, ou antifébrine, benzanilide formanilide pyrodine des plus dangereuses.
Les paralgésiants semblent donc très indiqués chez les sujets dont le sang est normal, non comme antithermique chez les fébricitants et fort peu chez les anémiques. Voilà la conclusion de Schimdt. Elle est évidemment trop générale, et je ne craindrais pas de les appliquer dans toutes ces circonstances; c'est une affaire de dose et de prolongation. Il y a d'autres contre-indications chez les cardiaques; elles sont tirées surtout de l'utilité des sécrétions que les paralgésiants, surtout certains d'entre eux semblent combattre.
Sans parler du chloral qui produit une paralysie manifeste Action du centre vaso-moteur et du cœur, nous énumérons dans l'ordre ^^^^^ de leur action plus ou moins oITcnsive sur l'appareil cardio-vasculaire les médicaments paralgésiants.
lo L'antipyrine.
20Laphénitine,la phénacétine qui sontinoflensifs, tandis que ceux qui attaquent la métahémoglobine doivent être suspectas.