ARSENIC
plus qu'une hauteur si minime qu'il ne saurait plus être question d'une circulation suffisante (Bohm et Unterberger).
La cause de cet abaissement de pression n'est pas encore clairement établie. Certainement une grande part en revient à la dilatation des vaisseaux de l'abdomen; ils perdent leur tonicité, sans que leurs nerfs perdent leur excitabilité, car on peut par'une irritation réflexe et par l'excitation de la moelle cervicale relever de nouveau la pression, même quand l'asphyxie n'a déjà plus son pouvoir habituel d'augmenter cette tension. (Bôhm et Pistorius). Finalement on ne parvient plus ni par ce moyen ni par une excitation directe du nerf splanchnique à élever la pression artérielle, et cependant l'excitation du sympathique cervical maintient, chose remarquable, son effetsur l'oreille du lapin pendant toutes les phases de l'empoisonnement arsenical.
Outre cette dilatation vasculaire, l'arsenic détermine aussi la paralysie du cœur (Brodie, Blake, Klareck, Cunze) ; comme l'acide cyanhydrique et l'émétine, on le voit nettement sur la grenouille ; sur les mammifères la paralysie cardiaque n'a lieu d'une manière dominante que par l'introduction subite d'une masse d'arsenic dans le sang. Mais alors même que l'intoxication est très avancée et que la pression sanguine est très basse, le cœur conserve encore assez de forces, pour que par la compression de l'aorte il soit capable de maintenir une importante pression.
Quand l'arsenic est porté à une dose élevée, il se produit cons- ^^^^^j^ tamment des vomissements, des coliques et des selles liquides sou- physiovent sanguinolente!?. Les vomissements sont des actes réflexes consédus à l'irritation des nerfs stomacaux par les produits de fer- ^^^y'^l mentation qui se forment dans l'estomac, et les produits de pu- j"^^*^' tréfaction qui siègent dans l'intestin. Les autres phénomènes testins, indiquent aussi un trouble profond dans la circulation abdominale, et il est d'autant plus marqué que la circulation ést k double réseau capillaire dans le foie, l'estomac et l'intestin. Par cette perturbation vasculaire et cette irritalion locale, la muqueuse se trouve profondément atteinte; si l'individu succombe, on y trouve des hypérémies, des hémorrhagies, des thromboses, le gonflement des plaques de Peyer et des follicules isolés, l'exsudation et des formes ulcéreuses delà muqueuse. Ces lésions sont préparées par la dilatation vaso-motrice; l'hypérémie des capil-
le foie.
250 CIIAP.VIIITER. — MliDICATIONS AUXILIAIRES EXCITANTE OU TROPHIQUE
laires des villosilés provoque la transsudation d'un liquide co.igulable, qui détruit l'épithelium des villosités, et forme k leurs dépens, lors de la coagulation, des pseudo-membranes.
Notons aussi une autre conséquence pendant la vie même ; dans les intoxications, même à leur début, les évacuations énormes par en haut et par en bas amènent tous les effets de la déperdition d'eau ; à savoir l'aphonie, les crampes, et autres phénomènes qui rappellent le choléra nostras ou asiatique, mais s'en distinguent par : la douleur énorme de l'estomac et de l'intestin, la douleur à la pression, l'état du foie agrandi, un léger ictère, et surtout les hémorrhagies que nous signalerons à l'occasion de la dégénérescence.
THÉRAPEUTIQUE
I. Arsenic comme vasculaire-dépresseur. C'est une ressource médiocre que l'acide arsénieux dans le traitement des maladies du cœur ; c'est un poison vasculaire qui déprime énormément la pression artérielle, et compromet en même temps la force du cœur. On ne voit pas quand il y a lieu à intervenir avec un pareil moyen, qui, à petite dose ne fait rien, et à forte dose agit comme toxique ; c'est alors seulement qu'il produit cet énorme abaissement de tension vasculaire, qu'on pourrait d'ailleurs obtenir à meilleur marché, plus promptement, ''plus impunément par le chloral peut-être. Ces graves objections non prévues n'empêchent pas les médecins de prescrire empiriquement l'arsenic quand ils sont à bout de ressources ; c'est là un moyen décisif de déchéance 'des vaisseaux et du cœur.
Les mêmes réflexions s'appliquent à la médication arsenio-antimoniée qui est due au D^' Papilland ; les pilules de ce nom ne contiennent que des doses heureusement insignifiantes d'arsenic et en outre de l'antimoine qui est encore plus dépresscur que l'arsenic. Il y a des malades, dit-on, qui s'en trouvent bien : .]<' ne sais h quel titre, et j'en suis encore ;i chercher les plus faibles indices pour me guider à ce sujet.
Le même embarras doit exister quand il s'agit d'intervenir à coSme l'aide de l'arsenic dans les gastropathies. C'est encore là un dépres- j^oyen de désespérance ou l'agent d'une doctrine ; je me demande
s6ur «/ •/•il*
de la en effet dans quelle lésion gastrique, (gastrite chronique, ulcère
circu-