ARSENIC
ou cancer) dans quel trouble stomacal, (gastro-névrose cloulou- !f^t;,o» reuse, dilatation de l'estomac ou vomissement) ce poison peut minaie. être utilisé; la seule réponse à cette question serait celle-ci: les arsénicophages soutiennent leur appétit ou trompent la faim par ce dangereux poison pris à haute dose sous la forme de sulfure d'arsenic, dit-on, deux ou trois fois par semaine. Si ce n'est pas une réminiscence de cette pratique empirique, c'est que l'usage de l'arsénic administré dans d'autres buts, a souvent réveillé l'appétit, j'ajoute bien vite,ra souvent aussi complètement éteint, en troublant profondément à un certain moment les fonctions et même la texture des glandes pepsiques. Il faut, d'après cela, que les sectaires, naturellementderarthritismesoientseuls entraînées à cette médication surtout en la combinant avec l'alcalinisation ; voyez Royat qui réunit à dose homéophatique les deux principes alcalins et arsénicaux; quelle merveille, cette eau qui est le rendez-vous de tous les arthritiques, produit sur les estomac des goutteux et des rhumatisants, qui forment le contingent de la secte si universellement répandue de l'arthritisme ; c'est à ne plus comprendre comment il existe encore une gastrite arthritique sur cette terre, et comment même il peut encore en survenir une seule, attendu que les arthritiques avec un bon ou mauvais estomac font à Royat la cure préventive de tous leurs maux. Je cite Royat k dessein; c'est parce que ses eaux sont absolument inoffensives par cela même qu'elles rentrent dans la classe des indifférentes, qui sont peut-être les meilleures de toutes.
IL Arsenic comme respiratoire. Respiration arsenicale. h' àc- ^-^^^-^ tivité respiratoire se modifie constamment par l'arsenic ; même par de petites doses la respiration devient plus facile, plus libre; par de fortes doses elle devient plus Jente, mais aussi plus difficile. Chez les animaux auxquels on a fait une injection sous-cutanée d'arsenic, on voit que le poison agit d'abord comme excitant direct sur le centre respiratoire, puis d'une manière indirecte par l'excitation des extrémités terminales des nerfs vagues, et que cette période d'excitation est suivie d'une paralysation du centre respiratoire. Ces modifications sont indépendantes des troubles circulatoires et cardiaques, attendu que ceux-ci se continuent plusieurs heures encore après l'arrêt de la •lespiration.
Chez l'homme la fonction devient moins impérieuse et le be soin de respirer diminue manifestement, ce qui dépend comme nous le dirons, de la diminution des échanges (diminution de Go2 et dO.) surtout de la diminution Go^, dans le foyer du ner vague oii il cesse d'inciter à une impulsion respiratoire.
Arsénicophages. A l'égard de la respiration et des échanges, il faut citer encore l'histoire si curieuse et si aléatoire des arsénicophages de la Styrie.
Dans ce pays les hommes, et parfois même les femmes, s'habituent dès l'adolescence à prendre des doses croissantes d'arsénic, pour se maintenir sains et forts, et augmenter leurs forces dans les marches ascensionnelles. D'après Knappe et Schaferils arrivent àprendre 0,3k0,40d'arsénic; métallique, d'autresdisent du sulfure d'arsénic. Le bétail lui-même dans ces contrées reçoit une nourriture mêlée d'arsenic ; les chevaux prennent ainsi un aspect brillant et un certain degré d'embonpoint et respirent avec uue grande facilité. Avant d'imiter cet exemple nous sommes tentés de dire ce qui se passe dans les arsenications vraies.
Une qualité véritable de l'arsenic est d'être un bon respiratoire, en face des diverses espèces d'asthmes excepté l'asthme cardiaque, et un médiocre moyen contre la tuberculose pulmonaire. Dans l'histoire thérapeutique de l'arsenic figure un phénomène remarquable de la respiration ; le besoin de respire s'atténue. L'absence de la soif d'air paraît tenir surtout à ce que C 0^, l'agent excitateur des impulsions respiratoires, se trouve diminué. Or quand il y a diminution de C 0 ^ dans le sang qui va irriguer le centre respiratoire, la respiration n'est ni polypnéique ni ralentie, mais il se produit une impression respiratoire amoindrie, ce qui a son importance.
Appliquons ces données aux diverses espèces d'asthmes. S'agit-il de l'asthme bulbaire, l'arsénic étant un médicament respiratoire lent, il n'est pas comme l'iodure de potassium, propre à guérir les accès ; très apte au contraire à faciliter la respiration emphysémateuse dans l'intervalle des paroxynics. L'usage des eaux du Mont-Dore et de la Bourboule, qui sont l'une faiblement, l'autre fortement arsénicale est devenu un article de foi ; on connaît aussi les eaux de Levico en Tyrol, qui opère dans le même sens ; ce sont des moyens précieux destinés k remplacer l'iode quand le malade en est saturé; mais l'utilité de
AUSENIC
l'arsénicni au moment des accès, ni même dans la période intercalaire, ni à titre de préservatif ne saurait ôtre mise en parallèle avec celle de l'iode; il dépasse au contraire l'oxygène qui est surtout un remède théorique ; c'est en un mot une médication d'attente qui paraît agir sur l'emphysème, moins sur la névrose, et moins encore sur l'élément catarrhal. Toutefois dans les catarrhes bronchiques, il y a quelques avantages dans l'usage de ce remède. Insuffisant dans les dyspnées bronchitiques, qui sont toutes d'ordre mécanique, imparfait comme secrétoire c'està-dire comme modificateur de la qualité ou de la quantité de mucosités-bronchiques, il paraît, comme il s'élimine par la muqueuse respiratoire, agir sur la nutrition de cette membrane, probablement sur les glandules de cet organe.
Dans les maladies de peau, comme nous le savons, il y a une action incontestable soit en s'éliminant par les téguments, soit en modifiant la texture, aussi a-t-on considéré l'arsénic comme supérieur à l'iode dans l'asthme dit dartreux ; c'est une erreur; l'iode agit aussi bien dans les asthmes avec dermatose que sans lésion de la peau.
J'en dirai autant de l'asthme des goutteux ou arthritiques ; ici dans la pmpart des cas il s'agit d'une artério-sclérose ou d'une lésion cardiaque ; or nous avons déjà vu qu'il n'y a rien a attendre de ce remède dans les affections quelles qu'elles soient du cœur, par conséquent rien dans l'asthme cardiaque simple ou goutteux.
Très souvent l'asthme s'accompagne de la dilatation de l'estomac et du tympanisme intestinal avec ou sans dyspepsie ; cette ectasie augmente singulièrement la dyspnée des asthmatiques, c'est pourquoi on a admis un asthme gastrique, et on a trouvé à l'appui, dans les vaisseaux pulmonaires des réflexes partant de l'estomac; des réflexes existent (F. Franck) mais l'estomac ne s'exerce guère sur eux, du moins personne n'a pu le confirmer, tandis que tout le monde a vu par le,traitementde l'asthme, soit par l'arsenic, soit par l'iode, la dilatation de l'estomac et surtout la dyspepsie disparaître comme par enchantement.
III. Poison du sang. Dans les graves intoxications arsénicales il se passe des altérations marquées dans le sang, c'est-à-dire dans sa composition, dans l'état des globules et des vaisseaux; il se forme là des thromboses, des infarctus, des hémorrhagies.
(b) Catarrhe.
(c) Asthme darreux.
(d) Asthmes arthritiques et
cardiaques.
(e) Asthme
gastrique.
Coagulation du sang.
^"us"" ~ Lorsqu'on pratique l'expérimentation sur les animaux on trouve ces lésions dans les poumons, dans les vaisseaux périphériques de l'estomac et de l'intestin comme nous l'avons déjà signalé, plus souvent dans les veines hépatiques. Disso- La partie globulaire du sang participe elle-même dans ces dès" cas à l'altération du sang ; cela a lieu surtout après l'inspiration riugeï" ^'^ l'hydrogène arsénié (As IF). On voit alors les globules se détruire, l'hémoglobinurie se manifester et en même temps de l'ictère. Il est a remarquer que chez les animaux à sang froid, l'arsénic agit plus comme poison des globules que chez les animaux à sang chaud, (augmentation des globules, etc). Leu- Dans les périodes avancées de l'intoxication mais seulement là, ^^dim^ le nombre des globules blancs diminue rapidement, tandis qu'on nués. trouve à leur place de gros blocs incolores et granulés qui en dérivent probablement.
Oxydations. Des recherches précises ont montré à C. Schmidt et Stûrzwage un abaissement dn GO^ éliminé, chez les poules et les pigeons, d'autre part un abaissement du taux de l'urée chez les chats. Nous avons fait il y a vingt ans avec mon regretté élève Lolliot (thèse de Paris 1868) des observations sur les chiens et sur l'homme, et nous avons toujours trouvé cette diminution des produits d'oxydation. Weiske a vu le même fait chez le mouton. Si r'homme subit une intoxication chronique, on constate encore cette production amoindrie de l'urée, d'après Ritter et Vaudrey; mais alors l'acide urique est augmenté dans les urines.
Voici maintenant des effets contradictoires ou du moins différents. Chez un chien mis à la ration d'entretien et arséniqué,on ne trouva pas d'augmentation de la sécrétion d'urée (Foker). De même chez un chien à l'inanition les petites doses d'acide arsénique n'ont pas d'influence marquée sur la décomposition des albuminates (V. Bœck). Mais voici des doses un peu plus fortes d'arséniate de soude, portées par exemple jusqu'à 10 milligrammes par kilogramme de poids corporel, qui augmentent au contraire l'élimination de l'azote (Gaethgens et Kossel). Néanmoins pendant une abstinence durable, la sécrétion d'azote s'aff'aiblit à nouveau, c'est-à-dire qne l'excès de décomposition d'albuminates recommence à diminuer dés que l'arsenic est supprimé ; ceci prouve que cette modification des mutations organiques est bien le résultat de l'action de l'arsenic (Gaethgens).