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DES SOUFFLES INORGANIQUES ET ANÉMIQUES

uniquement à la base, à Vorifice aortique; c'était ropinion deBouillaud, Gope, Beau, Marey, Polain. On supposait que la tension des parois artérielles ne se produisait pas en une fois par une ondée puissante, mais se manifestait lentement par des contractions imparfaites du ventricule, d'où un passage plus rapide du sang au niveau de l'orifice aortique et la formation d'une veine fluide. On admettait aussi comme complément que le muscle cardiaque pouvait lui-même dans les anémies se troubler dans ses fonctions. Mais celte doctrine exclusive ne larda pas à être renversée. Marschall Hugues eut le premier l'idée de considérer Varlère pulmonaire comme le foyer du souffle cardiaque de l'anémie; mais c'est surtout G. Paul qui formula sur le siège du souffle anémique et son origine les propositions les plusnettes; le bruit anémique, dit G. Paul, s'entend toujours à un ou deux centimètres du bord gauche du sternum, dans le deuxième espace intercostal, point qui répond au trajet de l'artère pulmonaire. Quelquefois assez rude pour s'accompagner d'une sorte de frémissement cataire, il est toujours systolique et toujours accompagné de bruits dans les veines jugulaires. Sa production nécessite l'anémie, et en outre le spasme du vaisseau pulmonaire ; ce dernier point ne constitue qu'une sinple hypothèse; on ne comprend pas un spasme artériel (d'un gros vaisseau) durant des semaines, des mois ou des années. Le fait de la localisation du souffle dans l'artère pulmonaire n'en reste pas moins inattaquable.

Mais ce n'est pas tout, G. dcMussy, Paul, Jaccoud, Flint, n'hésitent pas à admettre la possibilité d'un souffle de la pointe, d'un bruit systolique milral qu'on ne peut rattacher qu'à une insuffisance milrale fonctionnelle (Gerhardt, Lewinski). Ce bruit, comme l'a démontré Naunyn, s'enlendaussi dans le deuxième espace intercostal gauche. Lessoufflesanémiques de la pointe auraient donc une môme origine que

^ SIGNES CAIIDIOVASCIILAIRES.

les souffles organiques. Or comme les souffles anémiques indiquent une dilatation atoniquc du cœur, ils nous permettent ainsi d'entrevoir la curabilité des autres genres de uilaiations; c'est ce que nous avons démontré (chapitre m) Mais Clifl-ord Albutt fait observer avec raison qu'on ne trouve pas de souffle inorganique dans les dilatations qui ne sont pas dues à l'anémie. Dans ces cas si le bruit d'insuffisance yalvulaire, résultant de l'excessive dilatation de l'ouverture auriculo-venlriculaire, provient de la valvule mitrale, on peut supposer qu'elle devient insuffisante par la contraction des piliers de cette valvule; mais c'est là une hypothèse. Si au contraire on admet avec Parrot que l'insuffisance relative siège à la valvule droite ou tricuspide, on est forcé d'admettre qu'elle se développe lorsque la pression du sang dans l'artère pulmonaire est en excès, comme on l'observe dans les maladies de l'appareil respiratoire; dans ce cas il doit s'ensuivre une dilatation hyperirophique de la cavité placée en avant de la lésion; si la dilatation n'existe pas, l'insuffisance reste à l'état d'hypothèse à moins qu'on entende encore le claquement naturel (Duroziez).

En tous les cas nous voici amenés à reconnaître que tous les quatre orifices du cœur peuvent devenir le siège des souffles anémiques. Balfour a bien vu qu'ils se montrent d'abord à la base du cœur à gauche du sternum, où la débilité cardiaque se traduit par l'accentuation du deuxième bruit pulmonaire (G. Paul); puis on perçoit des souffles d'insuffisance mitrale (et surtout tricuspide) propagés à la surface thoracique par l'oreillette et l'auriciile gauche dilatées. Sauf ce bruit de l'auricule qui résulte d'un efl'ort d'imagination, toute la théorie de Balfour est admissible. Ces faits, qui ne sont pas douteux, réclament encore toutefois une explication catégorique.

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