CHAPITRE IX
Art. II. — Balnéation.
Bains chauds, simples ou minéraux. Les bains chauds d'eau minérale furent préconisés il y a près de 40 ans par Dufresse Chassaigne qui indiqua comme moyen curatif les bains de Bagnols (de la Lozère) ; en Allemagne ils furent indiqués par le Jacob à Gudowa, et après lui, bien étudiés par A. Schott, qui combina la balnéation de Nauheim (eau chlorurée sodique hyperthermique) avec la gymnastique suédoise. Puis les mêmes eaux furent vantées par Benecke en 1872, dans le traitement du rhumatisme et des endocardites rhumatismales récentes. A la mort de Schott,son frère Théodore Schott reprit ses expériences, et insista sur Teffet excitant de C02 et de l'eau saline sur la surface du corps, d'où il résulterait un ralentissement du pouls, une surélévation de la pression sanguine etde la tension artérielle. Outre cette action thermique et cette excitation cutanée et leurs bienfaits, on avait imaginé une reconstitution du muscle cardiaque, et même bien plus marquée que par la gymnastique ; ici commence le domaine de la fantaisie, comme ledit Nebel (de Wiesbaden.)
L'influence du bain sur l'augmentation de tension, de tonicité de la paroi artérielle, et de la pression sanguine fut également controversée. Les recherches de C. A.Ewald k l'aide du sphygmomanomètre de Basch. puis celles de Grefberg, Schweinburg, Pollak prouvèrent clairement que non seulement les bains ne produisentpas d'augmentation de tension des parois artérielles, ni d'élévation de pression du sang, mais au contraire une diminution de l'une et de l'autre. Ocrtel en examinant ses malades dans les bains chlorurés observa les mêmes faits, et ce ne fut que quand la surface delà peau fortement échauffée dans le bain vint k se rafraîchir pendant l'assèchement, qu'on vit des courbes du pouls indiquant une élévation de la pression.
312 ciiAP. IX.
— MÉDICATION AUXILIAIRE, ÉVACUANTE
II. Bai7is romains {ou d'air chaud) suivis de docliesu froides. — Des bains d'air chaud, c'est-à-dire des sudations, suivies de douches froides ont été employés depuis quelques années \\ Baden, par Frey (D. Arch. fiir. Kl. med. t. 4(5. p. 35.5j dans les affections du cœur, et cela avecquelquc succès, surtout pour déshydrater le sang. Sous l'influence de la chaleur le cœur s'accélère, et en même temps on voit s'abaisser la tension de la paroi artérielle ; sous l'influence de la douche froide c'est l'inverse ; la fréquence du pouls diminue et la paroi artérielle se tend. Toutefois c'est l'action du bain chaud qui tend longtemps à prédominer, et la tension de la paroi vasculaire reste basse ; la pression sanguine après le bain se montre constamment plus faible qu'auparavant.
Un autre phénomène se produit sous l'action de la chaleur du bain ; le bras mesuré par le pléthysmographe non seulement augmente de volume, d'après Winternitz, mais avec chaque pulsation une plus grande quantité de sang y pénètre que d'habitude. La circonférence des bras et des jambes augmente d'un centimètre, tandis que le pourtour de l'abdomen diminue dans la même proportion ; Fick qui a vu durer parfois ce phénomène reconnaît dans cette tendance centrifuge du sang une véritable déplétion des grosses veines viscérales, et une détente pour le cœur à la suite de la transpiration.
Au résumé tous les bains chauds, carbonatés, ou salins ou simples, et même les bains romains constituent avec la gymnastique, un moyen de secours qui devient important dans les maladies chroniques du myocarde à en croire ces auteurs.
III. Douches froides. — Aucun autre procédé que la douche ne paraît convenir dans le traitement des affections du cœur. Les effets delà douche peuvent être ramenés à trois groupes.
I. Les phénomènes vaso-moteurs et leur corrélation avec le cœur.
II. Les excitations de la sensibilité cutanée, et leur action sur l'excitabilité réflexe et le relèvement des forces nerveuses. — Nous ne parlerons pas d'un autre genre de faits qui ne subissent que peu de modifications par un procédé si passager, ils sont relatifs aux nutritions intimes, à savoir : la production exagérée de CO^, qui est vraie, et l'élimination activée de l'urée,