‹ Traité des maladies du cœurChapitre 367 sur 418 · VII. Encéphale · texte numérisé non relu

VII. Encéphale

^) Vertiges. Troubles de vaso-motricité, ^) Insomnies.

Céphalées.

) Troubles psychiques.

Art. I. — Thérapeutique des polypnées, dyspnées, de l'asthme cardiaque.

Maintenant que l'étude du mécanisme des dyspnées, des polypnées et de l'asthme cardiaque nous a fourni des éclaircissements importants, nous devons connaître les conditions étiola-

POLYPNÉES, DYSPNIiES

ffiaues dans lesquelles ces troubles respiratoires se produisent; ce n'est qu'alors qu'on pourra formuler les traitements qui

s'y rapportent. ^ ,

I Polypnées. La polypnée ou respiration exagérée est souvent d'origine nerveuse ; elle est intermittente, diurne, et se dessine principalement après les repas. Il suffit généralement pour les modifier de préparations calmantes, telles que l'extrait gras de cannabis indica, que je prescris en potion h. la dose de 0,05 par jour.

Potion gommeuse 90 grammes.

Extrait gras de cannabis 0,05.

A prendre à la dose de 2 cuillerées à chacun des trois repas. Si ce premier moyen ne réussit pas, je donne des pilules de 0,02 de convallamarine ; une à deux pilules à chaque repas.

Le bromure de calcium a la dose d'un gramme dans deux cuillerées d'eau, à prendre pendant les trois repas peut rendre des services réels dans ces conditions.

D'autres fois la polypnée se manifeste après le moindre travail physique, après les moindres mouvements, même ceux qui sont nécessités par les usages habituels de la vie ; cette polypnée qu'on a appelée a tort dyspnée annonce fréquemment un état plus grave ; c'est le premier phénomène de la compensation troublée ; c'est le début d'une cardiopathie qui ne se traduit par aucun autre signe fonctionnel, ni par aucun autre signe physique.

Dans ces conditions n'hésitez pas à prescrire les iodures k la dose d'un à deux grammes par jour et vous verrez bientôt se régulariser le travail musculaire respiratoire.

Polypnée des obèses. Une cause fréquente des polypnées, c'est la polysarcie ; la faiblesse des muscles respiratoires y contribue sans aucun doute, et on voit les obèses arriver rapidement à l'essoufflement permanent. Aussi lorsqu'un individu maigre est essoufflé par une ascension on peut dire que son appareil vasculaire est bien plus affecté que chez les obèses soumis aux mêmes exercices. Outre les mouvements d'ascension il y a aussi la position couchée qui augmente la pression sanguine, comme cela a lieu dans les lésions valvulaires, les myocardites, l'artériosclérose, et détermine alors une véritable dyspnée. Avant qu'une manifestation de ce genre se produise,

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et dès que la polypnée se prononce, le traitement et le régime de roljéisité s'imposent au médecin.

Une demi-diète albumineuse bien combinée d'après les règles d'alimentation thennocbimique (voir cliapiti-e Kl bis et d'après les données de la physiologie) sera la préface de la thérapeutique de l'obèse ; ce régime soutiendra les forces du cœur, et même des muscles pendant un certain temps. Mais tôt ou tard il faudra tourner la difiicullé ; après avoir diminué le nombre des repas, réduit les boissons, rationné les aliments albumineux qui eux-mêmes en se dédoublant fournissent de la graisse, après avoir limité l'usage journalier des corps adipogènes (graisses et fécules) il faudra en arriver à faire brûler la graisse. Chez les obèses qui présentent l'état graisseux, naissant ou acquis par les albuminates exagérés, l'exercice musculaire intense, la marche prolongée ou même ascendante constituent le meilleur moyen de combustion des substances grasses ou des hydrates de carbone. Mais il surgira \h une grosse difficulté. Le travail musculaire, intensif va infliger au cœur une suractivité, qui ne sera pas soutenue par un surcroit de nutrition du muscle cardiaque, ni par des fibres plus nombreuses ou plus puissantes, ni par un travail plus utile, ni par un débit plus large du sang, par la systole.

La circulation dans les vaisseaux eux-mêmes participe en bien ou en mal à l'action du cœur ; en mal si la musculation élève la pression vasculaire, ce qui est un moyen certain d'augmenter la polypnée ; en bien, si comme l'a démontré Marey la pression s'abaisse.

Ainsi la difficulté de traiter hygiéniquement, c'est-fi-dire par le régime et l'exercice, les obèses qui commencent, l'adipose du cœur n'est pas discutable mais elle n'est pas insoluble.

C'est l'iode potassique ou alcalino-terreux (calcique surtout) qui me paraît réunir la double qualité de respiratoire et de réducteur du tissu adipeux; La première, je l'ai démontrée depuis quinze ans, la deuxième est connue depuis trois quarts de siècle. On a élevé les objections à ce traitement en l'acCusant de troubler la nutrition générale. Or en procédant ici comme pour le régime et l'exercice, graduellement et sans secousses on est sûr d'arriver k ce double résultat, d'enrayer le développement de l'adipose, et de restreindre l'adipose cardiaque et

DYSPNÉES

tout d'abord de supprimer ses phénomènes graves et insidieux, particulièrement la polypnce, puis ses phénomènes plus communs, mais moins sérieux, je parle de ralbuminuric qu'on peut négliger.

il. Dyspnées proprement dites ou pulmonaires. La

connaissance nouvelle des gonflements du poumon et de la rigiditéde l'organeapportehrobservation clinique de ladyspnée cardiaque une base solide, parce qu'elle montre unrapportprécis entre l'activité du cœur et l'état du poumon ; en eflet le mot dyspnée cardiaque indique seulement qu'elle provient du cœur, mais il ne nous dit pas qu'il s'agit en réalité d'une dyspnée du poumon. Entre le point de départ de la dyspnée cardiaque, et son point d'arrivée au poumon, nous savons maintenant que les données expérimentales permettent cliniquement de fixer les limites du poumon agrandi, très distinct de l'emphysème qui est généralement un état chronique avec destruction des capillaires et des alvéoles pulmonaires^ tandis qu'ici nous avons les alvéoles agrandis mais rigides et inextensibles par le fait de la plénitude des capillaires, résultant elle-même de la forte pression.

1) Conditions de pression.. C'est en effet chaque fois qu'il se produit une forte pression vasculaire, que la dyspnée pulmonaire se manifeste ; cette surpression se voit dans les artérioscléroses sans lésion valvulaire, dans les néphrites interstitielles ou l'excès de pression ne manque pas. Dans ces deux cas il s'étabht le plus ordinairement une hypertrophie gauche qui tend à compenser la géne respiratoire pulmonaire.

2) Mais l'inverse peut avoir lieu ; la pression baisse ; les artério-scléroses sont accompagnées d'une impuissance simultanée du cœur. S'il existe une lésion valvulaire sans artério-sclérose, elle équivaut souvent à une impuissance fonctionnelle du ventricule,dont la systole ne débite plus qu'une partie de son sang; dans ces cas, il y a un fort abaissement de pression, circonstance qu'on néglige si souvent au point de vue thérapeutique.

3) Haute pression par le sang asphyxigue. Il faut tenir compte aiissi de l'altération dyspnéïque ou asphyxique du sang; il détermine sur le cœur et sur le centre vasomoteur une action directe ou réflexe avec excès de pression évidente, de sorte que la dyspnée pulmonaire qui en résulte, rentre dans la pre-

348 CHAP. X. — TIIAITEMENT DES SYMPTÔMES EXTHA-CARDIAQUES

miôre catégurie. Mais ce n'est pas là un fait bien défini ; selon qu'on voit prédominer l'excitation du cœur ou des vaisseaux, les effets les plus inverses peuvent se produire (Dastre ctMoret).

III. Moyens de traitement. lodures comme respiratoire et cardiaque. Aucun autre médicament que l'iodure potassique ou calcaire ne peut être considéré comme efficace dans le traitement des dyspnées ; si celui-ci manque son effet, l'embarras du médecin est grand et l'état du malade devient pénible. L'iodure est avant tout un respiratoire, un régulateur de la respiration, c'est ceque j'ai démontré il y a quinze ans. De plus il est un hypertenseur ou vaso-constricteur passager lorsqu'il est combiné avec la potasse, et il devient finalement, que quel que soit l'iodure, un vaso-dilatateur réglant la circulation et la facilitant quand il y a forte pression. De plus encore, tout en produisant une vaso-dilatation il soutient le cœur, lui rend sa systole puissante, et l'empêche de faire de la dépression dans les circonstances les plus graves.

Prenons pour type l'iodure de calcium ; l'iodure de strontium que j'avais employé avant tout autre iodure alcalino-terreux avait été suspecté par Laborde qui a fini par le trouver aussi pur que bienfaisant. Je prescris maintenant l'iodure de calcium à la dose journalière d'un gramme et demi, soit avec un sirop aromatisé, soit dans l'eau, à prendre avec les trois repas. (0,50 chaque fois). Ne donnez pas d'adjuvant, pas même d'opium, prescrivez un jour de repos par semaine, et continuez sans désemparer, tant qu'il ne se manifeste pas d'hémorrhagie pulmonaire ou d'hémorrhagie nasale , de troubles gastriques, d'anorexie.

Si le malheur veut que les iodures déterminent de l'iodisme grave, il faut recourir a des moyens aléatoires, tels que les injections d'atropine, de morphine. Les dérivatifs, les révulsifs, les ventouses n'ont aucune action, ils sont tout au plus applicables momentanément aux dyspnées paroxystiques.

. , Les accès d'asthme cardiaque relèvent du même mécanisme

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