TONS ET SOUFFLES ARTÉRIELS. — SOUFFLES VEINEUX
que le deuxième, la même inversion du rythme et de l'intensité des tons se trouve aussi à la base du cœur; 4° dans les cas où, à la base du cœur, à la place du premier ton, il existe m\ souffle^ on le retrouve dans les vaisseaux; 5° quand les deux tons du cœur et ceux de la carotide sont très bruyants, la différence de hauteur du premier et du deuxième ton se retrouve dans les deux organes. Heynsius ajoute une autre considération : 6° l'absence du premier ton dans la carotide des grands animaux, qui a été vérifiée par Rosenstein.
Souf/les artériels au cou. — Quand on entend des souffles le long des vaisseaux du cou, ils peuvent naître dans les artères ou les veines, ou bien être de propagation. Dans les affections valvulaires de l'aorte, il est naturel de considérer les souffles carotidiens comme de provenance cardiaque, à savoir dans le rétrécissement de l'orifice aortique le souffle systolique, dans l'insuffisance valvulaire aortique le souffle diastolique. Souvent cependant on perçoit à l'orifice aortique un souffle diastolique, tandis qu'il manque dans les carotides où, à la place du souffle, on entend le deuxième ton. Dans ces cas, il est possible que la valvule ne soit pas altérée au point de faire une insuffisance complète, et que le souffle perceptible à l'orifice ait couvert le ton naturel encore persistant. Le souffle systolique perceptible dans les carotides lors de l'insuffisance aortique dépend sans doute d'oscillations inégales de la paroi, dont l'élasticité est diminuée par suite des alternatives de forle tension auxquelles elle est exposée.
I 2. — Souffles veineux du cou.
Les souffles artériels se distinguent des souffles veineux qui ont été reconnus pour la première fois par Aran et
iU SIGNES CARDIOVASCULAIRES.
Ward; les premiers sont inlermiltents ou du moins sont renforcés par la phase correspondante de l'action du cœui-; les souffles veineux sont continus, jusqu'à un certain point indépendants des contractions du cœur, renforcés au contraire par l'inspiration qui augmente la rapidité du cours du sang et par conséquent le déversement du sang dans l'oreillette. Toutefois, Chauveau croit que les souffles veineux peuvent aussi se renforcer seuls pendant la diastole ou, s'ils sont continus, augmenter à ce moment. La cause de ce rythme, dit Chauveau, est dans l'abaissement de la pression veineuse pendant l'inspiration diastolique, d'où il résulte une accélération du cours du sang qui favorise le bruit diastolique. Ce fait a été vérifié cliniquement par Weil quia vu manquer le souffle pendant l'expiration.
Le souffle de la jugulaire interne surtout droite prend, quand il est continu, un caractère musical, parfois sifflant; par suite de son analogie avec le bruit du jouet appelé diable, on l'appelle le bruit de diable.
Pour le percevoir, il faut se rappeler qu'il est renforcé ou même produit :
1° Par Vinclinaison de la tête du côté opposé ; dans ce cas, l'aponévrose du cou et le muscle omohyoïdien sont tendus, et ils compriment la veine de manière à accentuer la différence entre la lumière de la veine et celle du golfe jugulaire. Une inclinaison trop marquée peut même effacer complètement la veine et faire disparaître le souffle.
2" Il est augmenté par l'accc^ero/iow du courant dans hi veine; ainsi par les inspirations profondes, par la station debout. L'expiration et la toux peuvent au contraire faire disparaître le bruit en empêchant la veine de se vider.