DES LIMITES DU CŒUR. — PERCUSSION
§ 1. — Ilistorîquc.
Les premiers observateurs des maladies du cœur, Avenbrugger, Corvisart, Laennec attestent la présence de la matité sur le côté gauche du thorax à partir du quatrième cartilage costal gauche et s'étendant ainsi à la partie inférieure du sternum ; cette matité est due au cœur; mais ces indications manquaient de précision. Piorry, le premier, tenta de mesurer le cœur sur le vivant; mais il vit bientôt que la matité cardiaque se confond avec celle du foie. Bouillaud reconnut (et ne voulut pas d'autre mesure) l'étendue de la portion du cœur qui n'est pas masquée par les poumons; c'est ce qu'on peut appeler la matité absolue ou petite matité.
Des recherches plus exactes et plus complètes sont dues à Corradi, Meyer, Bamberger et surtout à Gerhardt, Kobelt, Fricdreich et Van Bush; mais ici encore il manque une base
1. Ce paragraphe a été fait en collaboration avec mon ancien interne Pignol. GERMAIN SÉE. vu Ifl
146 SIGNES DU CŒUlî.
fondamentale, c'est le point de repère ou plutôt les points de repère. C'est Gendrin qui en établit la nécessité dans son remarquable Traité des maladies du cœur (qui date de 1841). Il rejette avec raison les points mobiles, comme le mamelon, et ne s'attache qu'aux points fixes du squelette, les côtes et les espaces intercostaux; Gendrin commence toujours l'exploration du cœur par la fixation du lieu où se perçoit l'impulsion de la pointe du cœur; ce lieu correspond à l'extrémité du cœur dans la systole; la pointe du cœur bat à 8 ou 10 centimètres de la ligne médiane dans le cinquième espace intercostal, G. Paul accepte ce procédé et le complète; il recherche le bord supérieur du foie au-dessous du poumon, ce qui est facile; puis il prolonge la ligne hépatique au bord du sternum où il prend un point de repère qui, en général, chez l'adulte, se trouve à l'insertion du cinquième cartilage droit. En réunissant cette ligne hépatique prolongée à la pointe du cœur, il obtient d'une manière rigoureuse le bord inférieur du cœur, puisque ce cœur repose sur le foie par un plan. Pour avoir ensuite la longueur de ce bord inférieur dont une des extrémités est déterminée déjà par la pointe du cœur, il suffit, dit G. Paul, d'établir la ligne verticale qui représente le bord externe de l'oreillette droite; ce bord est donné par la percussion; il est indiqué par un changement de timbre dans la sonorité pulmonaire, changement qu'on constate par la percussion procédant du poumon au sternum, et, en arrivant à un centimètre et demi du sternum, on trouve un changement de timbre avec obscurité du son clair, qui indique le bord externe de cette oreillette. On trace cette ligne sternalc verticalement le long du sternum jusqu'à sa rencontre avec la ligne hépatique; on a ainsi V angle inférieur droit du triangle cardiaque; la dislance de cet angle à la pointe du cœur donne la longueur du bord inférieur du cœur. Un