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CHAPITRE XIII

Art. V. — Cœur gras. Obèse.

Pendant longtemps et jusqu'à ces derniers temps on crut à la rareté des lésions du myocarde comparativement aux lésions valvulaires, à la difficulté de les reconnaître pendant la vie, ce qui est plus vrai. Comme les lésions valvulaires ont souvent des symptômes éclatants d'auscultation et de percussion, on arriva en surestimant chaque signe à cette fausse donnée, qu'il n'existe de maladie du cœur que révélée par ces signes physiques. On se contentait souvent, on le fait aujourd'hui encore, de diagnostiquer un cœur gras, en se réjouissant des révélations de l'autopsie, sans que nous ayons appris le moindre mot sur la caractéristique de la maladie adipeuse, sans que nous soyons même sûrs qu'il s'agit la d'un véritable processus morbide.

I- Accumulation de graisse au cœur. 11 y a l'accumulation de graisse dans le cœur, le péricarde, etc., et la dégénération graisseuse. La première ne peut pas être constatée sûrement ; seulement elle est à présumer chez les obèses. De grandes accumulations de graisse peuvent être latentes; même quand le cœur ressemble aune masse de graisse, les symptômes et les sensations cardiaques peuvent être entièrement nuls. L'adipose cardiaque doit être prise en considération dans l'adipose générale.

Les femmes à l'époque critique expriment bien souvent des malaises particulièrement cardiaques dépendant de l'engraissement, qui produit en première ligne le dépôt de graisse dans le tissu cellulaire sous péricardique, au mésentère et au péritoine. Ces malaises provenant de l'envahissement du cœur par la graisse se manifestent lors des mouvements intenses, de la marche rapide, de l'ascension des escaliers, de la flexion du corps après le repas, par un essoufflement et des palpitations. Il est à noter cependant qu'à cet âge les femmes sont moins tourmentées par ces difficultés respiratoires que les hommes de

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cet âge; la raison parnit être celle-ei ; les oscillations de l'état gras sont plus marquées que chez l'homme ; elles dépendent de la grossesse, de la lactation et le cœur reste hahitué h ces engraissements passagers, le fait est à noter.

11° Dégénération graisseuse. Il faut au contraire éliminer de la sériedes cardiopathies essentielles, les dégénérations graisseuses ; dans les maladies où elle se manifeste, on ne pourra la démontrer qu'au point de vue anatomique.

Etiologie de la dégénérescence. Cette dégénération est fréquente à titre multiple dans le myocarde hypertrophié, surtout dans ses fihres qui sont le plus tendues ou dans celles qui sont exposées à une forte pression, de sorte que leur nutrition par un sang oxygéné devient difficile. On la retrouve d'ailleurs à la suite des péricardites, des synéchies, des néphrites, des longues maladies infectieuses, de l'anémie pernicieuse, de la leucémie^ des intoxications phosphorées et arsénicales. Dans tous ces cas il s'agit toujours d'une nutrition imparfaite du muscle ou de quelques-unes de ses parties.

Diagnostic. La dégénération graisseuse est donc à considérer comme une métamorphose régressive de la nutrition etnon comme une maladie idiopathique. C'est pourquoi elle est inaccessible au diagnostic, excepté dans le cas où le muscle est réduit fortement dans sa substance, de manière à ce qu'il laisse apparaître alors les signes de l'insuffisance cardiaque.

Le cœur gras n'exprime donc pas une caractéristique définitive. En tous les cas il doit être distingué en 2 espèces^ la surcharge et l'infiltration.

Traitement. La première espèce seule réclame un traitement, c'est-à-dire 1° Le régime, et la réduction des boissons, 2° l'iode, 3" l'exercice, mais cette musculation, seulement quand il n'y a pas de traces de dyspnée.

Descrip- ÎII. Cœur lipomateux ou d'engraissement. Dans ces derdu^cœur nicrs temps Kisch (1888) a distingué du cœur gras, le cœur lipograissé rii^tcux OU cugraissé, qu'il a décrit après expérimentations sur les oies, et observé dans l'obésité générale. La prolifération massive de la graisse dans ou sur le cœur produit des troubles mécaniques dans la contexture de l'organe. En elfet si on étudie le cœur au microscope, on voit la graisse d'abord augmenter dans les dépôts normaux, gagner ensuite le sillon auriculo-ventri-

TRAITEMENT DU MYOCARDE

culaire à la base des ventricules, s'étendre le long du sillon longitudinal supérieur et inférieur, puis à la partie droite antérieure de la partie ventriculaire ; parfois même le cœur entier est enveloppé dans les masses grasses^ de sorte qu'on ne l'aperçoit plus. On peut le suivre néanmoins lorsque la graisse souspéricardiaque pénètre en tractus entre les cellules adipeuses dans la substance musculaire, et les écarte de force. Lesiibrilles musculaires qui sont arrachées des cellules graisseuses en prolifération, se reconnaissent encore très nettement dans leur striation en travers. Les faisceaux eux-mêmes ne présentent pas de dégénération, excepté çà et là où la graisse étouffe les fibrilles.

Avant toutefois que la substance contractile soit atteinte, et que les altérations moléculaires des fibres musculaires soient prononcées, le trouble fonctionnel du cœur engraissé peut se manifester par suite de la perte de la solidité du muscle.

Si maintenant on réfléchit que la contexture mécanique du ^n^cœur chez les lipomateux ou adipeux est toujours atteinte par tions. la multiplication de la graisse, de manière à ce que l'organe perde de sa force, si d'une autre part on songe que les efforts réclamés au cœur engraissé s'accroissent avec l'augmentation dn poids corporel, si enfin on sait que le degré le plus élevé de l'adipose, s'accompagne presque toujours d'une artériosclérose générale (et coronaire) on ne trouve pas de nombreuses applications de la méthode d'OErtel.

Art. V (bis). — Traitement des maladies du myocarde.

(Dégénérescences, états graisseux)^ par l'exercice ou le système d'OErtel).

I. Méthode d'Œrtel ou cure de terrain. Outre la méthode du régime (voir ch. Ill), OErtel préconise le procédé mécanicogymnastique. Son but qui est multiple, peut se résumer ainsi :

a) Renforcement du muscle cardiaque par la provocation de contractions énergiques du cœur, par l'élévation de la pression aortique à la suite delà réplétion plus marquée du système artériel, et de la diminution du sang stagnant dans les vaisseaux ; tous ces effets s'obtiendraient par le fait de mouvements

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— bks MALADIES DU MYOCARDE

intenses, de gymncastique du cœur, d'ascensions graduelles de montagne : c'est là la cure de terrain ascendant,

b) Résultats physiologiques, dilatation des vaisseaux artériels. Par ces procédés on obtient l'élargissement du lit du courant sanguin dans les muscles, ainsi que dans le muscle cardiaque; de là, détente compensatrice des parois vasculaires, dilatation des vaisseaux et encore surélévation delà pression du sang ; apport plus marqué de matériaux nutritifs, et départ plus prompt des matériaux de dénutrition produits par les exercices ascensionnels.

c) Tonification de tous les muscles, amélioration de la nutrition générale et de la formation du sang, fonctionnement plus énergique du corps avec pouvoir de résistance générale plus accentuée, tout par suite du travail musculaire.

d) Hypersécrétions par suite d'une forteélimination del'eau par la peau et les poumons sous l'influence du régime, et surtout des exercices.

e) Hydrostatique. Le but principal de cette conception hygiéno-mécanique est de rétablir un équilibre hydrostatique entre les artères et les veines, de faciliter ainsi le travail du cœur, et d'arriver parla au renforcement du muscle cardiaque, en réduisant sa graisse, son eau, le tout se pratiquant sous l'influence des cures de terrain.

II. Indications de ces cures. Obésité et cœur engraissé. Le meilleur résultat se produit contre l'obésité arrivée à une période avancée, sans qu'il y ait de signe manifeste de sclérose coronaire, chez les individus avancés en âge avec pléthore séreuse, stases veineuses, et même l'œdème commençant ; ces trois derniers membres de phrase doivent être retranchés ; ils sont un obstacle à la guérison.

Toutes les autres affirmations d'OErtel sont des plus incertaines, et même dangereuses. Il assure le rétablissement des compensations troublées chez les valvulaires et chez les scoliotiques, comme il l'était lui-même.

Il affirme le rétablissement possible d'un équilibre troublé entre les appareils artériels et veineux, et se manifestant par la cyanose, la pléthore séreuse et les infiltrations séreuses. Il n'hésite pas davantage à annoncer la fin des troubles dyspncïqucs. Quand môme ce système mécanique est bien seconde par les

TTIAITEMKNT DU flOEUn ORAS

précautions alimentaires, la réduction des boissons et des aliments, la poussée vers la peau, on n'arrivera h rien de seneux. J'excepte les obèses, et encore seulement ceux dont le cœur n'est pas assez envahi ou infiltré de graisse pour produire la dyspnée de travail même rudimcntaire.

Les objections physiologiques sont indéfinies. Nous avons démontré que personne n'a prouvé la pléthore séreuse, et que tous les expérimentateurs cliniciens ont tous vu le sang normal, la globulie normale, (ni en plus ni en moins) la densité du sang pour ainsi dire invariable ; enfin l'hydrémie est nulle. Il faut en déduire ceci : c'est que les poussées sudatoires sont sans effet ; la réduction des boissons au contraire mérite considération.

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