‹ Traité des maladies du cœurChapitre 54 sur 418 · SIGNES DU CŒUR · texte numérisé non relu

SIGNES DU CŒUR

systolique de l'axe du cœur, la pointe doit s'éloigner du thorax. Entre le tliorax et le cœur il reste alors un vide qui est rempli par. le muscle intercostal sous l'influence de ia pression atsmospliérique.

Lorsque les adhérences envahissent la pointe elle-même, la rétraction peut se produire par une attraction directe du cœur, surtout quand le cœur a conservé sa force contractile.

Les adhérences n'ont pas besoin d'être complètes pour que la rétraction s'opère. Traube l'a démontré. Les symphyses partielles y suffisent, surtout celles qui empêchent le mouvement de la base du cœur (Weiss), c'est-à-dire la partie qui a le plus de mouvement à faire pour descendre, tandis que les

adhérences peuvent impunément existerprès de la pointe

et même la symphyse peut être complète sans donner de signe. L'adhérence de la sui face inférieure du cœur avec le péricarde et le diaphragme produit le même elfet, attendu que dans ce cas le raccourcissement systolique du cœur attire par en haut le diaphragme, et avec ce muscle son point d'insertion sur la poitrine (Friedreich).

Dans un cas de rétrécissement intense de l'orifice aortique, Friedreich a noté également un retrait de la pointe dù à la diminution de locomotion du cœur. Weiss l'exphque ainsi : parla systole la crosse de l'aorie s'étend et vient en aide au mouvement systolique du cœur par en bas. — Dans les rétrécissements très prononcés de l'aorte cette élongation de l'aorte n'a plus lieu que faiblement, attendu que le sang n'arrive qu'incomplètement dans l'aorte, d'où un obstacle à la locomotion du cœur.

§ 7. — Rythme du battement. — Dotloiiblemcnt.

Le battement de la pointe est presque toujours unique et systolique. S'il paraît double ou triple, c'est-à-dire si pendant

IIÉMISYSTOLIE ET POLYSYSTOLIE. 169

une seule pulsation du pouls, on perçoit une double élévation de la pointe, il semble qu'on puisse attribuer ce phénomène à des contractions frustes du cœur relativement au pouls; mais la cause véritable a été récemment étudiée à d'autres points de vue.

Hamernik, Traube et Rosenstein attribuent le dédoublement à une réplétion inégale, à des contractions saccadées du cœur.

a. némisystoiic. — Mais Leyden après Charcelay, puis Malbrane et Roy ont tenté de prouver qu'il s'agit ici d'une hémisyslolie, c'est-à-dire que le ventricule droit se contracte d'une manière indépendante du ventricule gauche, et plus fréquemment que celui-ci; c'est ordinairement dans les lésions mitrales compliquées d'msw/^sawce tricuspide relativequ'on constate ce phénomène; on reconnaît le ventricule gauche k\3L pulsation artérielle, tandis que les contractions hémisystoliques du cœur ne donnent lieu qu'au pouls veineux. Pour Leyden il s'agit d'un acte compensateur du ventricule droit, qui par l'augmentation des contractions lutte contre les obstacles; Malbrane le considère comme un trouble nerveux d'une certaine gravité. Paul parle d'un retard du choc qui serait dû à la contraction isolée des deux cœurs. Mais aujourd'hui la question de l'hémisystolie est jugée.

b. Aiiorythuiic. — Rozzolo, Schreibcr, Riegel et Tuczek ne croient pas à la dissociation possible des actes des deux cœurs. Pour ces auteurs, c'est un phénomène du pouls, qui devient allorythmique (voir chapitre xxxii). Ce n'est pas encore là la vérité. Avant tout établissons que le choc se produit comme à l'ordinaire dans le cinquième espace; mais le choc correspond-il exactement à la pointe (Bamberger), ou bien est-il plus haut comme le pense Friedreich?

En fait la situation sur le cadavre indique plutôt que la pointe correspond à une partie plus interne du cœur. Mais

SIGNES DU r,»:un.

les rapports ne sont pas les mêmes que pendant la vie; la clinique démontre que ce sont précisément les changements du ventricule (qui forme la pointe) qui cadrent avec les modifications du choc.

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