Chapitre xv. Accidents cérébraux
ESTOMAC CAUDIAQUE
§1. — Estomac cardiaque.
Parmi les phénomènes extrinsèques dans les maladies du cœur, il faut citer par ordre de date souvent, et d'importance toujours, les troubles gastriques. Ils se manifestent sous forme d'avertissements ou de symptômes dans les cardiopathies. Ce sera Vestomac cardiaque.
1° Gastricisme initial. Il arrive bicu souvent que les maladies du cœur se révèlent au malade par des perturbalions des fonctions digestives ; l'état du cœur est masqué parfois par une dyspepsie permanente et vraie, ou bien, ce qui est plus fréquent, par une atonie de l'estomac avec ou sans dilatation.
Que de fois un malade vient se plaindre de lenleur de la digestion avec production de gaz, constipation, malaise à la fin de la digestion stomacale; si on l'examine, on constate une distension ou une dilatation de l'estomac avec ou sans clapotement, en un mot une atonie de l'estomac. Si le diagnostic s'arrête là, le malade est compromis. Si, en vertu de ce diagnostic privé de sens, on prescrit les pepsiques ou les peptones, les absorbants ou les purgatifs, les amers ou les ioniques, l'hydrothérapie ou les eaux minérales, le danger va se dessiner bientôt, et s'accentuer jusqu'cà ce qu'un médecin plus attentif et prévenu de ces fallacieuses éventualités reconnaisse la cause de ces désordres gastriques, c'est-à-dire l'affection du cœur qui en est elïectivement le point de départ. Le malade est entré gastrique dans votre cabinet de consultation, il en sort cardiaque.
D'où provient l'erreur souvent si longtemps prolongée au détriment du malade? A la suite des atonies stomacales il se lait souvent une accumulation de gaz tellement marquée qu'il en résulte un refoulement du diaphragme vers la cavité
J'"*' SIGNES EXTRACAllUIAQUKS.
llioraciqiic, et par conséquent une gêne plus ou moins marquée de la respiration; c'est cette oppression mécanique qui est trompeuse; car il s'agit d'une dyspnée de travail, d'une dyspnée cardiaque.
Comment reconnaître cette origine delà dyspnée? comment retrouver le cœur malade au milieu de ces troubles do l'estomac? Dans la plupart des cas rien n'est plus facile; il suffit d'avoir le soin d'examiner attentivement le cœur pour trouver la lésion originelle. En effet, il s'agit alors ordinairement de lésions aortiques, ou, pour être plus précis, de réivédssemenls ou à' insuffisances aortiques, qu'il est impossible de méconnaître. Dans un travail anglais publié en 4867, Leared {Med. Times) annonce que sur huit observations sept fois il existait une lésion aortique, rétrécissement ou insuffisance ; dans une seule observation le malade était atteint d'une lésion mitrale. Or notez que souvent les malades sortaient de l'hôpital sans avoir été auscultés. Leared raconte l'histoire d'un cocher d'omnibus qui, après avoir été traité pour une dyspepsie douloureuse, sortit de l'hôpital, et tomba mort de son siège; l'autopsie révéla une insuffisance aortique et un estomac parfaitement sain, IJuchard rapporte l'observation d'un homme atteint d'insuffisance aortique chez lequel la lésion cardiaque ne s'est révélée pendant longtemps que par des troubles violents de l'estomac ; ici du moins la maladie du cœur fut reconnue avant la mort qui eut lieu à la suite d'accès d'angine de poitrine provenant de la lésion aortique et coronaire. Nous verrons chapitre xxxvi la légende de ces angines de poitrine dites d'origine gastrique où il s'agit simplement de rétablir l'ordre de succession, et de reconnaîtr-e, si c'est possible, l'angine scléro-coronaire qui mène à la mort sous prétexte de gastricisme, et ne diffère ordinairement en rien des angines coronaires vraies. Sansanliciper sur cet enchaînement des symptômes gastriques et car-