ANATOMIE DES LÉSIONS VALVULAIRES
^3. — Aiiatoiiiio «les lésions mîtralcs.
Les lésions qui ont l'influence la plus considérable sur le développement des défectuosités valvulaires et de leurs signes sont les lésions de l'endocarde et du cœur.
Endocardite. — Les changements de texture des valvules, comme nous le savons, sont dus à une endocardite aiguë plus ordinairement chronique. Aussi il ne s'agira pas ici de l'endocardite ulcéreuse, qui évolue sous une forme grave et infectieuse, et provoque si rapidement des processus ulcéreux d'une ou de plusieurs valvules, qu'il est souvent impossible de reconnaître ces lésions locales; la destruction est due aux colonies de microcoques, lesquelles vont à une certaine période envahir d'autres organes, entre autres les reins, la rate.
L'endocardite aiguë verruqueuse produit des effets bien plus lents, quoiqu'elle soit due comme l'ulcéreuse à l'invasion des microcoques. Elle peut aussi graduellement passer à l'état chronique sous le nom d'endocardite fibreuse, en produisant la prolifération et l'épaississement du tissu connectif des valvules ; ce sont ces produits plastiques qui constituent les lésions valvulaires. Ainsi à la mkrale, elle peut envahir non seulement les deux pointes, mais encore les fibres tendineuses. En même temps on trouve la rétraction du tissu cellulaire^ et là où l'endocardite fibreuse s'est développée à un orifice, une sténose de cet orifice. La valvule peut ellemême, en s'épaississant et se rétractant ensuite, conduire aussi au rétrécissement de forifice atteint. Ainsi on voit de grandes sténoses de forifice mitral, qui au premier abord ne se montrent que comme une petite ouverture dans une valvule mitrale énormément épaissie, et résultent de ce que les valves de la mitrale sont devenues adhérentes entre elles, et en même temps avec les parois voisines de l'oreillette.
TYPE VALVULAIHK.
Le même fmt s'observe parfois aux valvules sijrmoïdes et à l'orifice aortique. Très souvent aussi l'endocardite fibreuse chronique forme des excroissances ou végétations de texture tantôt molle, tantôt plus dure, comme cartilagineuses et souvent môme imprégnées de sels calcaires donnant une consistance osseuse ; ces végétations sont de diverses grandeurs depuis celle d'une lentille jusqu'à la saillie d'une noisette ; c'est là retidncardie verruqueuxe. Ces masses verruqueuses ordinairement d'un blanc rougeâtre forment quelquefois comme une crête de coq, et consistent en tissu connectif dans lequel, lorsqu'elles sont récentes, de nombreux éléments cellulaires se trouvent disséminés.
Considérée, d'une manière essentielle, les insuffisances et les sténoses sont des épaississemenls fibreux des valvules, souvent pénétrés de dépôts calcaires, ou bien des adhérences des membranes des valvules, et par suite des raccourcissements, ou bien des végétations des valvules avec obstruction des ouvertures ; on a noté aussi des déchirures, des détachemenls complets d'une valve, surtout aux sigmoïdes, à la. suite de choc ou de chute.
YascularHe des valvules. — On a considéré jusqu'ici les valvules mitrales comme vasculaires, et les sigmoïdes comme déponrvues de vaisseaux; c'était l'opinion de Luschka; Lang. r . ie les vaisseaux sigmoïdes et les mitraux. Coen revient à Lus.-lika et admet la vasculai ilé normale de la mitrale. Darier, dans un excellent mémoire, montre que les valves raitrales sont tout entières fibro-élastiques, à peine la grande valve a-t-elle une région supérieure vasculaire à VèiViipalhologique, Virchow les a niées dans les végétations endocardiques. Cornil et Lancereaux les ont également rechei'chées en vain ; mais Kôster les admet; on trouve en effet dans deux observations de Charcot la vascula. ité très développée sur toutes les valvules dans une endocardite chronique ; cet élat
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a été attribué à une néoformation. Martin qui admet des vaisseaux à l'étal normal croit à une endartérite de ces vaisseaux à l'extrémité de la valvule et à. la zone fibreuse de l'oritice mitral. Dans l'état chronique il y a oblitération et même disparition complète d'un nombre plus ou moins considérable des vaisseaux de l'endartère valvulaire et juxta" valvulaire. Dans 5 cas sur 12, Wysokowitz note la vascularisalion nouvelle, mais E. Frànkel et Weichselbaum n'ont jamais retrouvé cette néovascularilé même dans les cas chroniques. Finalement Darier tend à rétablir la possibilité de la vascularisation nouvelle dans toutes les valvules sous l'influence de l'inflammation, mais les conditions qui favorisent « cette vascularisation pathologique sont insuffisamment connues ».
CKRMAIN SIÔE.
Vil. — 4