DES GRANDES LÉSIONS DU TYPE VALVULAIRE
est bien plus vrai encore du pulsus celer. On dit que le pouls est celer quand l'artère est brusquement, rapidement distendue au maximum par l'ondée sanguine, mais se trouve ramenée tout aussi vite par la contraction artérielle jusqu'à l'état de repos, de telle sorte que la durée d'une pulsation
insuffisance aortique
Fig. 15. A, Ligne ascendante droite, verticale et longue, hypertrophique. — S. Sommet siii-aigu le pouls étant bref {pulsus celer). — R. Crochet dù an reflux du sang dans le cœur, les valvules aortiqucs étant insuffisantes, — D. Ligne de descente brusque. — C. Sailie contractile uniquement.
unique est plus courte que la durée d'une pulsation normale. Les degrés les plus élevés du pulsus celer ou sautillant se reconnaissent d'une manière caractéristique sous le doigt qui palpe, particulièrement les artères superficielles, les brachiales et crurales et les radiales.
Voici l'explication. Si l'artère est distendue plus vite qu'à l'état normal et le plus possible, c'est parce que l'ondée sanguine arrive avec toute la force de projection du sang du ventricule gauche hypertrophié dans l'artère , et en outre, comme nous le verrons, parce que l'artère, en raison de la diminution de son élasticité, oppose à l'ondée sanguine une moindre résistance. De même si lors de la contraction de l'artère le vaisseau se vide et s'affaisse si rapidement, c'est parce que l'évacuation du sang se fait dans deux directions, au sens centrifuge dans les capillaires et centripète dans le ventricule. A f état physiologique, il y a bien une rétropulsion centiipète du Ilot sanguin; mais elle est très minime, parce que les valvules aortiques sont fermées, et elle ne se perçoit pas à la palpation. De même aussi le pulsus celer n'estjamais
perçu au toucher dans aucune autre maladie comme dans l'insuffisance aortique.
Il est en effet caractéristique, quand il n'existe pas d'athérome artériel comme chez les vieillards. Voici le tracé du pulsus celer vrai chez un jeune homme ; on voit que les pulsations sont très étendues, que l'ascension est très prompte et verticale; tout ceci résulte du lancement de sang dans l'aorte par le ventricule hypertrophié. La ligne de descente, qui est bien plus caractéristique de V insuffisance elle-même que de V hypertrophie, tombe dès le débuta cause de l'affaissement de l'artère en double sens. Dans l'hypertrophie seule il n'y a rien de pareil; la ligne ascendante est identique du reste par les deux causes.
Il y a un autre signe sur la ligne de descente : dans l'hypertrophie les premières saillies sont très hautes et très nettes, il y a un excès de pression; la courbe de l'insuffisance est l'opposé, car dès son origine elle tombe rapidement (Marey et J, Franck). Ces auteurs ont noté aussi un retard moindre dans le pouls carotidien.
Enfin on anotélapetitessedel'ondéederetourquiprendsoR point de départ aux valvules aortiques fermées, lesquelles font néanmoins une légère saillie dans la lumière de l'aorte, et peuvent, dit-on, servir d'origine à un certain choc en retour?
Dans V insuffisance avec athérome tout est changé : e'esl l'insuffisance aortique des vieillards.
Pulsus tardus. — Pouls athéromateux. — Ici la ligne d'ascension est courte et non verticale; le sommet forme un plateau et la ligne de descente très oblique n'est marquée que par de petites saillies élastiques.
§6. — Soafflc crural.
Un autre phénomène découvert par Duroziez présente un
CEUMAIN SÉE. VU, ]7