GRANDES LÉSIONS DU TYPE VALVULAIRE
réel intérêt: c'est le souffle crural. Lorsque dans l'insuffisance aortique on exerce une très légère pression sur les grosses artères, de manière à ce que la lumière du vaisseau soit rétrécie sans être fermée, on entend un souffle isochrone avec chaque pulsation; c'est le souffle par compression, qui est sans doute artificiel, mais qui a toujours une certaine valeur séméiotique, parce qu'il ne s'observe d'une manière distincte que sur les artères battant fortement et légèrement dilatées, tandis qu'à la suite de l'hypertrophie simple du ven- Iricule gauche il ne s'établit que très difficilement. C'est surtout aux crurales qu'on fentend. Là, quand il s'agit de degrés considérables d'insuffisance aortique, on perçoit dans le tiers des cas au moins un double souffle crural, l'un dans la diastole, fautre dans la systole de l'artère; celui-ci séparé du premier par une courte pause et par un souffle plus bref est l'expression acoustique de la régurgitation du sang artériel dirigée dans le sens centripète; sans la pression exercée par le stéthoscope, cette régurgitation du sang est silencieuse; avec la pression le courant sanguin rétrograde éprouve un obstacle avec rétrécissement, qui détermine le souffle. Ordinairement la pression devra être plus forte pour produire le premier souffle que le second, que Duroziez considère comme le plus important, le plus constant, et le plus caractéristique de finsuffisance aortique.
§ 7. — Divers pliéiiomèiics artériels.
1" Divers phénomènes artériels sont encore à noter. — Ainsi on remarque souvent la disparition du deuxième ton de la carotide. Sur la carotide et la sous-clavière, on n'entend que le premier ton ; le deuxième a disparu, parce que sur les valvules aortiques insuffisantes le deuxième ton ne se forme plus non plus; le deuxième ton carotidicn perceptible nor-
malement n'est, en eiïet, autre chose que le deuxième ton aortique propagé. L'effacement du deuxième ton de la carotide et de la sous-clavière se trouve ainsi un signe considérable de l'insuffisance valvulaire.
A la place du deuxième ton on n'entend généralement rien ; par exception, le bruit diastoliqiie de l'aorte, lorsqu'il est très fort à son lieu d'origine, peut être perçu faiblement. Si habituellement ce bruit ne se propage pas jusqu'à la carotide, cela tient à ce qu'il se prolonge dans le sens du courant sanguin de reflux et va d'une manière centripète vers le ventricule gauche.
Le premier ton carotidien lui-même ne s'entend pas tonjours bien, et dans beaucoup d'insuffisances se transforme en un véritable souffle, qui dépend de l'oscillation de la colonne sanguine projetée dans la carotide, peut-être aussi des vibrations anormales de la membrane artérielle devenue moins élastique. Le cœur étant calme, souvent le souffle disparaît pour faire place de nouveau à un ton (Guttmann).
p Pulsations et ondulations des artères. — Tous les signes précités, le choc puissant, étendu et situé très bas, la prédominance de la matité cardiaque en longueur, le pulsus celer indiquent tous trois une puissante hypertrophie du ventricule gauche, qui se fait sentir aussi au système artériel, particulièrement aux grosses artères, aux carotides et sousclavières. On voit ces artères battre fortement; même les branches àpeinevisibles normalement, comme la temporale et les artères superficielles, peuvent battre avec netteté; il en est de même à plus forte raison de la brachiale, de la radiale de la crurale. Il est facile d'ailleurs, pour les artères supérieures, de pouvoir les vider; il suffit d'élever le membrepour voir disparaître leurs battements.
3° Perte de V élasticité des artères. — Un autre phénomène sepassedanslesartcres,c'estlapertedeleiirélaslicité(Marey);