‹ Traité des maladies du foieChapitre 19 sur 23 · COLIQUE HÉPATIQUE · texte numérisé non relu

COLIQUE HÉPATIQUE

L’opinion la plus généralement répandue sur le mode de production de la colique hépatique est qu’elle reconnaît toujours pour cause des pierres qui , logées dans le foie ou dans ses annexes, tendent à passer dans le duodénum. D’après cela, il est clair qu’on ne doit désigner sous le nom de colique hépatique que les cas où l’appareil biliaire est primitivement affecté. Or

M 1 on examine avec attention les observations qui portent ce titre clans l’onvrage deM. Portal (1) , on ne tardera pas à s’apercevoir que , clans toutes celles qui ont reçu un développement c onvenable, ou dont on peut du moins tirer quelque conséquence , les dérangements avaient commencé parla membrane muqueuse digestive. Les premiers phénomènes morbides qui se manifestèrent chez le président Dormesson, ainsique chez Madame Noël et V abbé Bonafos (2) ? provenaient d une lésion du tube alimentaire ; ce 11e lut que par la suite que la région hypocondriaque droite devint douloureuse. Que conclure de là? que 1 état morbide qui nous occupe n’existe pas ? Non certes , car rien ne s’oppose à ce que des pierres renfermées dans le foie n’irritent cet organe et ne déterminen t une douleur plus ou moins gravative , lancinante ou piquante , sans fièvre aiguë , qui a son siège principal dans Phypocondre droit, et qui s'étend du parenchyme hépatique dans les parties voisines , resto -

(0 C’est-à-dire non seulement les faits de ce genre qu’lia recueillis lui-même, mais la presque-totalité de ceux que les auteurs nous ont transmis.

(2) Maladies du foie , pages 171 , 172, etc.

DU FOIE

ïnac , le colon > etc. (î). Mais ce qu’on ne saurait s’empêcher de m’accorder , c’est que nous ne possédons peut-être pas un seul fait d’où Ton puisse déduire rigoureusement l’existence de cet état morbide. Que si l’on me demande maintenant quelle est la maladie avec laquelle on l’a confondu si souvent, je répondrai que les auteurs ont donné le titre de colique hépatique à diverses affections, mais que l’espèce d’irritation intestinale qu’on appelle vulgairement colique me paraît l’avoir reçu toutes les fois que, par ses retours fréquents et le degré d’intensité qu’elle avait acquis, elle s’était propagée à l’appareil biliaire , et qu’à cette circonstance se joignait celle de l’expulsion de calculs par les selles ou par les vomissements.

M. Andral a publié dernièrement que la colique hépatique n’est autre chose, dans certains cas, qu’une névralgie ayant son siège dans le plexus hépatique. Cette manière devoir , si elle était fondée , apporterait nécessairement quelques modifications à celle d’après laquelle je viens d’argumenter ; mais , sans nier la possibi-

(i) C’est la définition que M. Portal donne delà colique hépatique. (Ouvrage cité, page 184.)

lUc des névralgies du foie , je ferai observer quelles sont entièrement inconnues, et qu’une théorie qui reposerait sur une pareille base ne serait qu’une pure hypothèse (i)4

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