‹ Traité des maladies du foie et du pancréasChapitre 118 sur 178 · Pruner, Krankheiten des Orients, Erlangen, 1847, p · texte numérisé non relu

Pruner, Krankheiten des Orients, Erlangen, 1847, p

2. Leuckart, Uau-und Entwickelung-Gesch. der Pentastomen, Leipzig, 1860.

a un corps allongé cylindrique mesurant 13 millimètres de longueur, 2 millimètres de largeur, annelé en apparence par des constrictions transversales avec un tégument sans épines.

Le mécanisme suivant lequel ces parasites pénètrent dans les organes de l’homme nous est toujours inconnu ; mais il est probable qu’il ne diffère pas de celui qui existe pour la plupart des autres parasites, et qu’il a lieu par des œufs ou par des larves ingérées avec les boissons ou les légumes crus et malpropres.

Situés le plus ordinairement au voisinage du ligament suspenseur du foie, ces parasites sont contenus dans une capsule fibreuse, résistante, qui se présente sous la forme d’un tubercule ayant 2 à 3 millimètres 1/2 de diamètre, et est généralement infiltrée de sels de chaux. Cette capsule, facile à détacher du parenchyme, renferme l’animal recourbé sur lui-même, incrusté de substance calcaire, et si uni à son enveloppe qu’on éprouve de la peine à l’en séparer, et que pour le mettre en évidence, il convient de le débarrasser des sels calcaires au moyen de l’acide chlorhydrique affaibli.

La faible étendue de ces parasites, leur petit nombre, leur siège superficiel sont autant de circonstances qui rendent leur séjour dans le foie tout à fait supportable. Ils ne déterminent, en effet, aucun trouble bien appréciable, passent habituellement inaperçus, et ne sont, la plupart du temps, que 'des trouvailles d’autopsie.

Zencker (F. A.). Ueber neuen thierischen Parasiten d. Menschen, Pentastomum denticulaturn. (Zeitschr. f. rat. Med. Heidelb., 1851, t. V, p. 212-234, et Gaz.mcd. Paris, 1855, p. 678.) — Rokitansky. Phtisis tuberculosa pulmonum ; pentastomum denticulaturn in hepate. ( Allgem . Wien. med. Zeitung, 1857, t. 11, p. 96.) — Frerichs (Th.). Traité de maladies du foie, 2e édit., Paris, 1897, p. 632.) — Giard (Alf.). Sur le Pentastomum constrictum Siebold, parasite du foie des nègres. ( Compt . rend, de la Soc. de biologie, 9 mai 1896, p. 469.)

Coccidies oviformes et cirrhose du foie.

Depuis longtemps des observateurs1 ont été frappés de la présence, à la surface du foie du lapin domestique, de traînées ou amas blanchâtres, formés de corpuscules dont l’aspect, au microscope, offrait une grande analogie avec celui des œufs de quelques vers intestinaux; ils les appelèrent corps oviformes, psorospermies. Ces corpuscules sont, en effet, blancs, ovoïdes, pourvus d’une coque épaisse, lisse, résistante, et d’un contenu granuleux. Leur nature, mieux étudiée plus tard, leur fit donner le nom de coccidies oviformes.

1. Yov. H. Nasse, Ueber die eiformigen Zellen der tuberkeldhnl . 1 Ablager . in de Gallengang des Kaninchen ( Arch . de Muller, 1843, p. 209).

PARASITISME DU FOIE

Les eoccidies ne se voient pas seulement chez le lapin domestique, elles se rencontrent encore chez le lapin sauvage où elles déterminent une maladie connue sous le nom de gros ventre, laquelle parvient à faire de si nombreuses victimes que Mégnin a été conduit à proposer l’envoi en Australie de lapins, ainsi infectés, dans le but de détruire ceux par trop nombreux de cette contrée.

Le foie, altéré par la coccidie oviforme, est augmenté de volume, sclérosé et parsemé de petites masses ou tubercules blanchâtres et caséeux; le contenu de ces masses, vu au microscope, est composé, d’après Mégnin \ de petits corps ovoïdes, assez semblables à des œufs d’helminthes. Ces corps, isolés et cultivés dans un milieu convenable, comme l’a fait Balbiani, ont leur contenu granuleux, qui se réunit en forme de sphère et se segmente en quatre sphères plus petites. Celles-ci se divisent en deux corps en forme de virgule, qui deviennent des spores et donnent chacune une jeune coccidie, laquelle ne tarde pas à devenir une coccidie adulte. C’est sur l’herbe où le lapin a déposé ses ordures chargées de coccidies, expulsées à travers les canaux biliaires, que la multiplication des sphères se fait, et c’est en ingérant cette herbe que les autres lapins contractent le germe de la phtisie hépatique coccidienne (Mégnin).

Des corps oviformes analogues à ceux du foie de lapin ont été observés chez l’homme. Quelques faits nous paraissent le démontrer : l’un d’eux, observé par Guhler2, concerne un carrier âgé de quarante-cinq ans, atteint de tuméfaction hépatique, de troubles digestifs, etc., et qui succomba dans un état de prostration complète, avec délire. Le foie, à l’autopsie, était le siège de nombreuses tumeurs blanches, de la forme et du volume d’un marron, dont quelques-unes étaient ramollies. L’examen microscopique permit de constater, à côté de cellules hépatiques plus ou moins altérées et de granules graisseux, la présence d’une proportion considérable de cellules que l’iode colora en jaune : les unes ovoïdes avec un double contour et un contenu granuleux, les autres aplaties, comme flétries et vidées. Un autre fait, vu par Silcock *, a rapport à une femme de cinquante ans dont la maladie débuta par un frisson, et qui offrait pour principaux symptômes, indépendamment d’une fièvrer émitù nte et de sécheresse de la langue, des douleurs des membres, des nausées, des sensations de

1. C. Davaine, Traité des Entozoaires, Paris, 1877, p. 261 avec Bibliographie.

2. A.Gubler, Tumeurs du foie déterminées par des œufs d’helminthes, etc. (Soc. de Biologie, et Gaz. méd. Paris, 1858, p. 637.)

3. Silcock, Case of parasiticism by psorospermia (Proc, of the path. Soc. LoncL 1890, t. XLI, p. 320.)

défaillance, un foie et une rate tuméfiés et douloureux, une diarrhée légère et enfin de l’albuminurie. La mort survint six semaines plus tard par défaillance cardiaque : le foie et la rate, volumineux et parsemés de foyers caséeux, entourés d’une zone de congestion hémorrhagique, rappelaient comme aspect une tuberculose un peu anormale. L’examen des nodules caséeux démontra la présence de coccidies identiques à celles décrites par Leuckart; on parvint, du reste, à les cultiver.

Leuckart. Die menschlichen Parasiten, etc., Leipzig, 1867. — Stieda (L.). Sur les p sorospermies du foie de lapin et leur mode de développement. [Gaz. méd. Paris, 1 867, p. 47. Archiv. f. pathol. Anat. und Phys. ) — Lang (G.). Ucber die Entstehungs weise der sogenannten Wurrnknoten in der Leber. ( Arch . f. path.. Anat. Berlin, 1868, t. XLIV, p. 202-215.) — Roloff (F.). Ueber die sogenannten Psoros permienknoten in der Leber bei Kaninchen. (Ibid. p. 512-524.) — Schweitzer (Fr.). Ucber ein Cystadenoma papilliferum in einer Kaninchenleber . ( Archiv f. pathol. Anat. und Physiol., t. CXIII, p. 209, et Rev. des Sc. méd., 1889, t. XXXIII, p. 38.) — Mégnin. La phtisie hépatique coccidienne du lapin. (Bull, mensuel de la Soc. nation, d’acclimatation de France, 20 avril 1 888.) — Pilliet (A.). Cirrhose vermineuse. (Bull, de la Soc. anatum. Paris, 1890, p. 470.) — Cazin. Cirrhose parasitaire. (Ibid. Paris, 1891, p. 657.) — Felsenthal (F.) et Stamm. Die Veranderungen in Leber u. Darm. (Arch. f. pathol. Anat. und Physiol., t. CXXXII, p. 1, et Rev. des Sc. méd., 1893, t. XLII, p. 436.) — Keen. Coccidial origin of an hepatic lumour ( Boston med. and. surgical Journ. 9 mars 1893, et Rev. des Sc. méd. 1893, t. XLII, p. 436.)

Lombrics dans les voies biliaires.

Les vers lombrics, dans leurs migrations, parviennent quelquefois en s’engageant dans le canal cholédoque, à pénétrer dans la vésicule biliaire, les canaux hépatiques et jusque dans le parenchyme hépatique, aiteint d’abcès ou de kyste hydatique. Les conditions de cette pénétration ne sont pas nettement déterminées, mais il est à présumer, comme le fait observer Davaine1, qu’elles résultent surtout de la dilatation des voies biliaires, sans altération préalable.

La présence des lombrics dans ces canaux a pour effet l’exagération de la dilatation et l’altération de leurs parois. La dilatation est générale ou partielle, c’est-à-dire bornée à la partie occupée par le ver qui se trouve comme renfermé dans une loge spéciale. Irritée par le ver ou par le microbe qu’il emporte avec lui, la paroi s’enflamme et se sclérose, ou bien elle suppure, et les conséquences de cette suppuration varient suivant que le pus s’écoule

1. Ch. Davaine a rapporté dans son Traité des entozaires, Paris, 1877, p. 157 et p. 933 la plupart des observations de lombrics engagés dans les voies biliaires.

PARASITISME DU FOIE

au dehors ou se trouve retenu de façon à former une ou plusieurs collections purulentes. Cette suppuration peut gagner le parenchyme hépatique, les vaisseaux voisins, et s’étendre à d’autres organes, de telle sorte que les effets des lombrics engagés dans les voies biliaires, semblables en cela à ceux de la lithiase, sont mécaniques ou infectieux, selon que ces vers obstruent simplement les canaux ou les livrent à l’action des microbes intestinaux.

Les symptômes liés à la présence des ascarides lombricoïdes dans l’appareil excréteur du foie se manifestent, en général, par des crises douloureuses à l’épigastre ou dans l’hypochondre droit, bientôt suivies d’ictère avec décoloration des selles, coloration des urines, souvent aussi par des vomissements et des convulsions, effets vraisemblables d’un acte réflexe déterminé par l’irritation des branches du plexus hépatique. Puis, s’il se produit une infection biliaire, surviennent des symptômes nouveaux : fièvre, prostration, sécheresse de la langue, etc., qui, s’ajoutant aux précédents, compromettent l’existence du malade.

L’évolution et la durée de ces désordres pathologiques sont forcément très variables puisqu’il s’agit d’un pur accident.

Le diagnostic est des plus difficiles, du moins si on en juge par les faits publiés, dont aucun n’a été reconnu. La rareté de l’envahissement des voies biliaires par des lombrics et la fréquence de la lithiase conduisent le plus souvent, en effet, à admettre cette dernière affection; pourtant, si on savait tenir compte de l’helminthiase, on parviendrait, sans doute, en présence de coliques hépatiques survenues tout à coup, à soupçonner, sinon à admettre l’obstruction biliaire par des lombrics. Celle-ci est toujours un accident très grave, en ce sens qu’une fois entrés dans les canaux hépatiques, les helminthes n’en peuvent plus sortir, si ce n’est par un abcès ou un kyste venant s’ouvrir à l’extérieur. Aussi, la guérison est-elle des plus rares, et le fait de la disparition rapide d’un ictère après le rejet d’un lombric par l’anus, rapporté par Schloss1, peut n’être que l’effet d’une simple coïncidence. Il n'est pas démontré que des ténias aient pu s’introduire dans l’appareil excréteur de la glande hépatique, cependant Jones2 en a trouvé un dans le foie d’un rat; mais ce fait douteux n’a d’ailleurs pas rapport à l’homme.

Le traitement a peu de ressources, étant donnée la difficulté du diagnostic; il consiste à prescrire un vermifuge et à combattre les

1. Schloss, Ictère paraissant symptom. d’un ascaride lombricoïde dans les voies biliaires (Bull, delà Soc. anat., Paris, 1856, p. 361) (rapport par Vidal, p. 363).

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