LIVRE III
De même que les voies biliaires, les voies pancréatiques sont sujettes à de nombreux désordres qui, par l’obstacle qu’ils apportent à l’écoulement du produit de sécrétion, deviennent le point de départ de modifications diverses, tant de ce produit que des canaux qui le renferment et du parenchyme qui le sécrète. Si les modifications du suc pancréatique, étant donné la difficulté de l’obtenir, n’ont pas été étudiées et ne peuvent nous arrêter, il n’en est pas de même de celles des canaux et du parenchyme du pancréas qui méritent d’autant plus notre attention qu’on s’en est moins occupé. Deux circonstances se présentent alors : ou bien la rétention du suc pancréatique est incomplète, et ce liquide, continuant d’être sécrété, s’accumule en partie derrière l’obstacle, distend les canaux dont les parois s’épaississent, tandis que le tissu glandulaire se sclérose; ou bien la rétention est complète, la sécrétion se tarit, la dilatation des canaux n’a pas lieu ou n’est que faible, le tissu glandulaire s’atrophie et la fonction fait défaut.
Moins sérieuse, au point de vue de ses effets, l’obstruction incomplète expose le pancréas aune complication des plus graves, Y infection. Produit aseptique, ainsi qu’il résulte des recherches de Duclaux, le suc pancréatique se déverse dans l’intestin, milieu essentiellement microbien, qui manque rarement de l’infecter pour peu que sa composition chimique, son cours régulier ou le calibre de ses canaux aient été modifiés. Ces divers changements constituent, en effet, un terrain favorable à l’implantation et à la pullulation des bactéries pathogènes, ainsi qu’il arrive pour les
voies urinaires, et pour les voies biliaires, dans le cours d’un obstacle à l’écoulement des urines ou de la bile. En conséquence, les désordres généraux liés à la rétention du suc pancréatique, de même que ceux des voies urinaires et biliaires, se groupent naturellement sous deux chefs :
1° Désordres ou altérations mécaniques;
2° Désordres ou altérations septiques.