B. DU GROSSISSEMENT DE L'IMAGE DROITE
„La première question qui se présente, c'est de savoir sous quel grossissement nous apparaît le fond de l'œil emmétrope ou amétrope.
Soit un objet que l'on regarde à l'œil nu, à une distance de 8" du centre optique (en admettant toujours qu'il soit vu très-distinctement); cet objet a alors une grandeur (linéaire) qu'on peut désigner par a. Que l'on rapproche cet objet et qu'on le place à 2" du centre optique , en augmentant simultanément la force réfringente du système dioptrique de son propre œil, de façon que maintenant encore il se produise une image distincte de l'objet: l'image rétinienne sera alors quatre fois plus grande qu'auparavant; sa grandeur linéaire s'exprimera donc par 4c. Afin de pouvoir indiquer jusqu'à quel point un objet peut-être grossi par des moyens optiques, il importe d'admettre comme normale une grandeur déterminée de limage rétinienne, par exemple la grandeur de l'objet a une distance de 8" du centre optique,
distance qui, clans les calculs du grossissement par les instruments d'optique est habituellement admise comme celle de la vision distincte. Si l'on place une lentille convexe de 2" de foyer devant l'œil, et si l'on porte l'objet à la distance focale de cette lentille, c'est-à-dire à 2" d'elle, on peut encore voir l'objet distinctement à l'image droite. On obtient, à cette distance, le maximum de grossissement de l'objet. Pour indiquer, en se rapportant à ce qui a été dit plus haut, le grossissement avec lequel on voit maintenant, on n'a qu'à savoir de combien de fois est plus grande l'image rétinienne l'objet étant placé à la distance de 2", comparativement à sa grandeur à une distance de 8", (on néglige ici la distance qui sépare du point nodal le verre appliqué contre l'oeil). On obtient le chiffre recherché, en divisant par la distance focale de la lentille, dans notre cas par 2, le chiffre 8 qui a été admis comme chiffre normal. On sait, en effet, que les grandeurs des images rétiniennes d'un même objet se comportent comme les distances réciproques de cet objet au point nodal de l'œil.
Le grossissement est donc, dans notre cas »/2 — 4 .
Si nous appliquons ces conditions à l'œil, et si nous admettons d'abord que l'oeil
examiné est emmétrope, les choses se comporteront de la façon suivante. On admet
que la distance du point nodal de l'œil à la rétine (les 2 points nodaux sont envisagés
comme réunis), est de 6,7"'. Pour ce qui concerne le grossissement, il est tout à fait
indifférent que j'examine le fond d'un œil emmétrope avec le miroir à l'image droite,
ou que je regarde sa rétine mise à nu avec une loupe de 6,7'" de foyer, cette rétine
étant placée à la distance focale de la lonpe, et la distance entre le point nodal de
mon œil et le centre de la loupe étant la même que la distance qui sépare les deux
points nodaux pendant l'examen ophthalmoscopique. D'après ce que nous venons
d'exposer, et en négligeant ici la distance entre les deux points nodaux des deux
8" yeux, le grossissement est = 14</-,-
Le fond de l'œil de l'emmétrope nous paraît donc avec un grossissement un peu plus grand que 14 diamètres. Il est admis ici qu'en plaçant la loupe devant mon œil, le centre optique de celui-ci n'est pas déplacé; s'il n'en est pas ainsi, et si le centre optique qui résulte de la combinaison des deux systèmes optiques (œil et loupe) avance ou recule, il en résulte, même avec conservation de la même distance de l'objet, qu'il y a, dans le premier cas, agrandissement, et dans le second, réduction de l'image rétinienne. Pour imiter les conditions qui se présentent dans l'examen ophthalmoscopique, on place le dessin du fond de l'œil au foyer d'une lentille à court foyer et on applique contre cette lentille un écran opaque muni d'un petit trou central de la grandeur de la pupille ; on examine d'abord l'objet de façon à placer son œil tout près de la lentille, et on obtient alors avec une étendue déterminée du champ visuel, un grossissement déterminé de l'objet. Si on éloigne l'œil de la lentille, on ne continue pas moins à voir distinctement certaines parties de l'objet, mais le grossissement augmente en même temps que l'étendue du champ visuel diminue, attendu que le centre optique du système dioptrique, composé par l'œil observateur et la lentille, ne se trouve plus au point nodal de l'œil, mais est sensiblement déplacé en avant. De cette manière, il se dessine, des images rétiniennes du même objet plus grandes qu'elles n'auraient été, la distance restant la même, si le point nodal n'avait pas été avancé.
Il résulte de ce qui précède que, dans l'examen ophthalmoscopique ou, au lieu d'une lentille convexe de 2'' de foyer, nous regardons avec une lentille à peu près d'un '/2" de foyer, la distance à laquelle nous examinons n'est nullement indifférente; car le grossissement étant toujours en rapport avec la distance, il doit être d'autant plus grand que nous nous éloignons davantage de l'œil. Cependant, les conditions
qui se présentent ici sont, comme on peut le voir dans l'appendice mathématique (Traité de M. Mauthner, p. 213) telles que, dans le mode et la façon de calculer le grossissement, la distance entre les deux points nodaux peut être négligée, si celleci est petite et la même clans les divers cas qui se présentent.
Nous avons pris comme distance du second point nodal à la rétine, la valeur admise dans l'œil schématique de Listing. Mais il est évident que le caractère propre de l'emmétropie est tout-a-fait indépendant d'une longueur déterminée de l'axe optique.
Un œil peut présenter un diamètre antéro-postérieur plus ou moins long et pourtant maintenir son caractère physique propre de l'œil emmétrope. Il faut que le pouvoir réfringent de ses milieux dioptriques varie avec les différences de longueur des yeux, de manière que le foyer tombe chaque fois sur la rétine. Quant à la direction que prennent les rayons à travers une lentille, que l'on place un objet, pour une lentille de 2", à 2" de distance, ou pour une lentille de 10", à 10" de distance, rien n'est changé ; ils resteront toujours parallèles entre eux. Mais il n'en est pas de même pour ce qui regarde le grossissement. Celui-ci sera nécessairement d'autant plus grand que le foyer du sj'stème réfringent employé sera plus court.
De même, il n'est nullement nécessaire que le fond de l'œil d'un emmétrope paraisse toujours sous le même grossissement. 11 est admis, en général, que les constantes optiques de l'œil emmétrope ne varient pas beaucoup. Cela ne peut pourtant pas être une règle absolue pour tous les cas. Si l'on admet des oscillations plus grandes dans les constantes optiques, cela explique comment le grossissement variable sous lequel apparaît, par exemple, le nerf optique clans l'œil emmétrope de divers sujets, ne doit pas, nécessairement, tenir à une différence dans son diamètre anatomique.
Il s'agit maintenant de discuter la manière dont les choses se comportent pour le grossissement dans Y œil amétrope. Nous avons admis comme caractère général de l'hypermétropie que la rétine se trouve au devant du foyer des milieux dioptriques ; mais nous ne savons pas encore pour cela en vertu de quelle disposition anatomique cette condition s'effectue dans l'œil hypermétrope. Kevenant à notre dernier exemple, plaçons une seconde fois l'objet (le dessin du fond de l'œil) au foyer d'une lentille de 2", le dessin représentant la rétine, et la lentille l'appareil dioptrique de l'œil. Nous pouvons alors figurer de deux manières l'état qui correspond à l'hypermétropie. D'abord, on peut laisser l'objet à la distance de 2" de la lentille, mais prendre, au lieu d'un verre de 2", un autre verre de 3" de foyer par exemple. En second lien, on peut garder la lentille de 2", mais placer l'objet en deçà du foyer de la lentille. Dans ces deux cas, l'objet se trouve en deçà de la distance focale de la lentille. De la même manière, l'hypermétropie peut être déterminée par deux causes différentes : ou l'appareil dioptrique de l'œil conserve sa distance focale, mais l'axe optique est plus court que dans l'œil emmétrope; ou ce même axe a conservé sa longueur, mais la réfraction des milieux est moindre, la distance focale s'est allongée. Toutefois, il n'est pas du tout indifférent pour le grossissement qu'on obtient dans l'examen des yeux hypermétropes, que ce soit l'un ou l'autre de ces deux facteurs qui intervienne.
Admettons d'abord qu'un emmétrope veuille examiner, en évitant tout effort d'accommodation, un œil hypermétrope, ainsi qu'il faudrait le faire pour voir distinctement le fond de l'œil d'un autre emmétrope et revenons à notre essai avec les lentilles.
Soit un objet que j'avais mis d'abord à la distance focale d'une lentille de 3"; si en le déplaçant je le rapproche à 2" de distance de cette même lentille, mon œil appliqué contre la lentille ne peut plus voir distinctement l'objet, car les rayons
qui en émanent seront divergents après leur passage à travers la lentille, et je ne puis réunir sur la rétine que des rayons parallèles. Il me faut, pour rendre ces rayons parallèles, placer encore une lentille devant mon œil, et, dans le cas cité, une lentille de 6" de foyer, car la somme des valeurs optiques des deux lentilles 1/ -)- i/fi = i/.j, représente une lentille de 2" qui rend parallèles les rayons divergents émanant d'un point situé à 2" de distance et me permet de les réunir sur ma rétine. Si je calcule le grossissement de l'objet, d'après les données précédentes, pour une lentille de 3", la valeur cherchée sera a/3 = 2=/3. Si je calcule dans ce cas le grossissement, en considérant que je n'ai eu une image nette de l'objet qu'après avoir eu recours à une lentille de 6", je le trouverai égal à s/a = 4, attendu que la combinaison des lentilles représente alors une lentille de 2".
Mais si, laissant l'objet à la distance de 3" de la lentille, je prends, au lieu de celle-ci, une autre lentille de 6", il me faut de nouveau, pour voir distinctement, recourir à une lentille de '/6 , attendu que </G -|- '/6 = i/,. Le grossissement que j'obtiens à présent, est naturellement le même que celui que j'ai eu en me servant d'une seule lentille convexe de 3", c'est-à-dire de 23/3 de diamètre.
De ces faits résultent les conséquences suivantes pour l'œil hypermétrope: Si l'on admet que l'on ait à faire à une hypermétropie déterminée par un raccourcissement de l'axe optique, les milieux étant identiques à ceux de l'œil emmétrope, et, s'il faut recourir à un verre convexe </3 appliqué sur l'œil examiné pour voir distinctement le fond de cet œil, on regarde, dans ce cas , celui-ci à travers l'ensemble de deux lentilles, dont l'une agit comme une lentille de 6,7'" de foyer et l'autre de 3" ou 36" de foyer. La somme des valeurs des deux lentilles est donc
== — - 4- — = — et le grossissement = — = 17'/,. 6-7 T 36 5-6 5-6 /7
Mais admettons qu'un même degré de // soit déterminé par une faiblesse plus grande des milieux dioptriques, la longueur de l'axe optique étant égale à celle de l'œil emmétrope. Admettons qu'on doive avoir de nouveau recours à une lentille convexe de 3" pour voir distinctement le fond de l'œil. Il est évident que, dans ce cas, la somme de deux lentilles collectives avec lesquelles on observe, sera égale en force à celle des milieux réfringents d'un œil emmétrope, et que, par conséquent, le grossissement obtenu sera le même que pour ce dernier.
Examinons maintenant de quelle manière il faut envisager les conditions qui se présentent dans la myopie. Nous devons d'abord nous rappeler que les propriétés physiques de la myopie reposent sur ce fait que les rayons qui émanent d'un point éclairé du fond de l'œil convergent après leur sortie. Cela résulte de ce que, les milieux étant les mêmes que dans l'œil emmétrope, l'axe optique est plus long que dans ce dernier, ou bien encore de ce que, la longueur des axes étant égale, le système dioptrique de l'œil a une distance focale plus courte que l'œil emmétrope. Dans l'un et l'autre cas, la rétine se trouve située au-delà de la distance focale des milieux dioptriques. Dans l'un et l'autre cas, l'œil est myope.
Pour ce qui concerne le grossissement qu'on obtient, il n'est pas non plus indifférent que la myopie soit basée sur l'une ou l'autre de ces deux causes. Supposons, par exemple, qu'on ait à faire à une myopie telle que les rayons qui émanent d'objets éclairés du fond de l'œil observé (privé d'accommodation) se réunissent à 3" au devant de la cornée, et que la myopie soit déterminée par un allongement de l'axe optique. On ne peut avoir une image nette du fond de cet œil, à l'examen direct, qu'en se servant d'une lentille concave de 3" appliquée contre l'œil, car les rayons ne sont rendus parallèles qu'au moyen d'un pareil verre.
Mais on examine alors le fond de l'œil avec le concours d'une loupe bien plus faible qu'en explorant le fond de l'œil emmétrope. On connaîtra la force de cette
loupe (négligeant du reste la distance du verre concave au point nodal postérieur de l'œil examiné), si l'on additionne la valeur optique du système dioptrique de l'œil,
— avec la valeur optique du verre concave c'est-à-dire de — ■ (les deux étant
exprimées en lignes). On aura alors comme expression de la valeur optique de la
loupe avec laquelle on examine — — — — - = — — et le grossissement qu elle nous
fournit sera = —^ = 11,7.
Lorsque le même degré de M est déterminé par ce fait que les milieux ont un surcroît de réfringence équivalent à une lentille convexe de 3", la longueur de l'axe optique étant la même que celle de l'œil emmétrope, si, dans ce cas, il faut, pour voir distinctement, soustraire une lentille convexe de >/z, ou, ce qui revient au même, ajouter une lentille concave de >/3 , il est évident que la loupe qui permet de voir distinctement est équivalente au système dioptrique de l'œil emmétrope, et qu'en pareil cas le grossissement reste le même.
Dans- l'examen ophthalmoscopique tel qu'il se fait en réalité, ces conditions sont essentiellement modifiées en ce que le verre correcteur ne peut pas être placé au point nodal de l'œil et qu'il reste toujours une certaine distance entre ce point et la lentille surajoutée.
Pour ce qui est des yeux hypermétropes, il faut remarquer qu'il est, en réalité, souvent possible de placer le verre convexe correcteur au point nodal. En pareil cas, l'œil neutralise son //par l'accommodation. Il y a plus: si l'œil examiné présente H y'3) mais s'il appartient à un jeune sujet de 12 ans qui jouit d'une amplitude d'accommodation normale (elle est, suivant Donders, de </3 à cet âge), il peut neutraliser son // par un effort d'accommodation, de façon qu'elle disparaisse momentanément et que des rayons parallèles puissent se réunir sur sa rétine; de même, ceux qui émanent de points éclairés du fond de son œil peuvent, après leur sortie, avoir une direction parallèle.
Admettant maintenant que // soit déterminée par un raccourcissement de l'axe optique et que nous examinions avec le miroir, pendant que /fa été rendue latente, nous devons alors avoir le grossissement déduit plus haut par la théorie (17 diamètres) et, défait, le calcul nous conduit encore par une autre voie à ce même résultat. Il est, en outre, évident que, si // </3 avait été déterminée par un pouvoir réfringent moindre des milieux dioptriques et avait été rendue latente par l'accommodation, l'examen à l'image droite aurait dû donner de nouveau le grossissement calculé théoriquement, à savoir celui qu'on trouve pour l'œil emmétrope. Pour en arriver à une conclusion générale et pour faire mieux ressortir ce fait important, il faut ajouter la remarque suivante: pour ce qui regarde Y H latente, qui peut se présenter pendant l'examen avec le miroir, il est évident que, dans le cas où // résulte d'un raccourcissement de l'axe , la rétine est vue avec une loupe plus forte que celle que présente l'œil emmétrope, et que cette augmentation dans la grandeur de l'image qui en résulte sera proportionnelle à // et toujours supérieure à celle de l'œil emmétrope. Au contraire, on aura le grossissement de l'œil emmétrope, si //, étant latente, repose sur une réduction dans le pouvoir réfringent du système dioptrique de l'œil.
La manière dont le grossissement peut être calculé, lorsque le. verre correcteur est placé au devant de l'œil examiné, est exposée dans l'annexe mathématique (voy. le traité de M. Maut/mer, p. 213). On ne donnera ici que les résultats de ces calculs.
Si nous corrigeons, pendant l'examen ophthalmoscopique , une anomalie de réfraction au moyen d'un verre qui lui corresponde, nous obtenons, en tout cas, le grossissement le plus faible lorsque H résulte d'une réduction dans le pouvoir réfringent du système dioptrique; le plus fort grossissement lorsque 31 est basée sur un excès de pouvoir réfringent des milieux dioptriques. Nous obtenons toujours un grossissement moindre dans les cas de //déterminée par un plus faible pouvoir réfringent que clans ceux qui sont occasionnés par un raccourcissement de l'axe optique, un grossissement plus faible dans les cas où M répond à un allongement de l'axe antéro -postérieur que lorsque M dépend d'une augmentation du pouvoir réfringent des milieux. Si le verre correcteur est distant de </," du centre de l'œil, nous aurons un grossissement plus grand que celui de l'œil emmétrope, dans les cas de // déterminée par un rapetissement de l'axe et dans ceux de M basée sur une augmentation du pouvoir réfringent; par contre, il sera moindre dans les cas où //est produite par une réduction du pouvoir réfringent et M déterminée par un allongement de l'axe. Enfin, si nous admettons que la distance du verre au point nodal = 1", nous aurons pour H toujours un moindre grossissement , et pour M un p>l'ts fort grossissement que celui de l'œil emmétrope.
Comme nous conservons, en général, un écartement d'au moins 1" entre le verre correcteur et le point nodal de l'œil examiné, le grossissement que nous aurons dans les cas de H sera en général inférieur, dans ceux de M, supérieur à celui de l'œil emmétrope; mais il reste une différence sensible pour le grossissement suivant que l'anomalie de réfraction est basée sur ce vice de réfraction lui-même ou ne repose que sur une variation de longueur de l'axe antéro-postérieur.
Pour faciliter l'intelligence de ces faits par un coup d'œil d'ensemble, nous avons réuni les résultats obtenus pour un nombre de cas déterminés. Nous avons ainsi les grossissements suivants:
pour l'emmétropie 14i/3 diam.
„ //'/3, déterminée par un raccourcissement de l'axe, corrigée
par -\- 31/.,, placée à »/s" au devant de k (point nodal). 1 5 '/2 „
„ le même degré de //, // étant latente 17 „
„ H'/3 , déterminée par aphakie, corrigée par -J- 3' A à */3" au
devant de k 11 „
„ //'/, , déterminée par rapetissement de l'axe, corrigée par -|- 4
à 1" au devant de le 133/5 „
„ //*/, , déterminée par aphakie, corrigée de la même manière . . 9»/5 „ „ M'/3 , déterminée par allongement de l'axe et corrigée par
— 2'/s à i/o" au devant de /,■ 13 „
„ M</3 , déterminée par excès de pouvoir réfringent et corrigée de
la môme manière 16 Va »
„ 3I>/3 , déterminée par allongement de l'axe et corrigée par — 2
à 1" au devant de k 16 </3 „
„ Mf/S , déterminée par excès de pouvoir réfringent et corrigée
de la même manière 21 „
La manière dont on a l'habitude de s'exprimer sur la détermination de l'état de réfraction au moyen de l'oplithalmoscope est la suivante. En admettant que l'observateur soit emmétrope, on regarde l'œil examiné comme emmétrope, lorsque, en s'approchant le plus près possible, on voit distinctement le fond de l'œil; cet œil est hypermétrope, si, en se tenant encore à une certaine distance, on réussit à voir distinctement quelques vaisseaux à L'image droite. On doit le considérer comme myope, lorsque, même en s'approchant le plus possible, on ne réussit pas à avoir une image nette du fond de l'œil, et qu'il faut, pour y arriver, recourir aux verres
concaves. Mais il reste bien entendu que nous considérons toujours la personne examinée comme n'accommodant pas.
Quant au grossissement, suivant les divers états de réfraction qu'on rencontre, on dit eu général qu'avec // le grossissement est moindre, qu'avec M il est plus considérable que lorsqu'on a affaire à un œil emmétrope.
Il ressort bien évidemment et à satiété de ces faits, qu'en examinant l'œil emmétrope et en s'approcliant le plus près possible, on doit arriver à en voir distinctement le fond. Mais pour quelle raison n'arrive-t-on pas ici à avoir des détails précis en se tenant à une certaine distance? Ce n'est pas certainement la direction que conservent les rayons émergents qui peut en être cause, ainsi que cela a été déjà démontré. Lors même que l'œil ne détendrait pas complètement son accommodation, ou qu'il serait très-faiblement myope, cela n'empêcherait pas de voir les vaisseaux, indistinctement il est vrai, à une certaine distance; car on verrait alors avec de faibles cercles de diffusion. Il ne faudrait pas non plus attribuer le phénomène à ce que le champ visuel, lorsque l'observateur s'éloigne de la personne observée, se rapetisse au point d'empêcher de percevoir le fond de l'œil (la pupille n'étant pas préalablement dilatée). La véritable raison réside dans le grossissement croissant qui , comme nous l'avons vu, s'effectue lorsqu'on examine un pareil œil à une certaine distance. Le grossissement est si considérable ici, qu'un vaisseau isolé se trouve à peine délimité dans l'étendue du champ visuel, et no signale sa présence que par une lueur rougeâtre qui apparaît clans la pupille. Ce n'est qu'en s'approcliant davantage que le grossissement fourni par la loupe diminue, et que les vaisseaux se délimitent et apparaissent nettement, pendant que le champ visuel s'élargit.
Dans l'œil hypermétrope, quelle que soit la cause de //, la rétine se trouve placée au devant du foyer des milieux dioptriques. lies rayons qui émanent de chaque point de cette membrane divergent, et, pour l'œil observateur, c'est comme s'ils provenaient d'un point déterminé dont la distance est exprimée par le degré de //. Par exemple, avec Il'/3, les rayons qui proviennent de la rétine divergent comme s'ils partaient d'un point situé à 3" derrière le point nodal de l'œil. Si l'œil de l'observateur se trouve alors à une distance de 5" de ce même point, il doit, pour voir distinctement, accommoder comme s'il voulait voir un objet situé à 8" de distance. Il est évident, en ce qui regarde la direction des rayons lumineux, qu'il n'y a pas de raison pour ne pas voir distinctement le fond de l'œil en se tenant à une distance plus grande. Pour ce qui est du grossissement, il doit être moindre que dans l'œil emmétrope. Si nous regardons le fond de l'œil à une distance déterminée (5" par exemple), nous aurons pour l'œil emmétrope un grossissement déterminé. // étant causée par un rapetissement de l'axe optique , nous regardons l'œil avec la même loupe que pour l'emmétrope, mais l'objet étant placé en deçà de son foyer, le grossissement sera moindre. La même chose doit avoir lieu, lorsque H repose sur un moindre pouvoir réfringent des milieux. Le grossissement moindre explique pourquoi on arrive, même à une distance plus grande, à embrasser une plus grande étendue du fond de l'œil, tout en voyant distinctement.
Lorsqu'on se rapproche de l'œil, le grossissement diminue. Cela s'explique par la même raison que celle que nous avons donnée pour l'œil emmétrope, c'est-à-dire par ce que le point nodal du système collectif (les appareils dioptriques des deux yeux) se rapproche alors de la rétine de l'observateur; mais, d'un autre côté, l'objet nous paraît plus petit pour une autre raison encore et, par conséquent, bien plus petit aussi comparativement au grossissement que présente le fond de l'œil emmétrope; c'est que, pour voir distinctement, nous sommes contraints d'accommoder davantage à mesure que nous nous rapprochons de l'œil. Nous jugeons de la grandeur d'un objet, non-seulement d'après la grandeur de l'image rétinienne qu'il nous fournit,
mais aussi d'après l'estimation que nous faisons de sa distance , et cette estimation se fait au moyen de la fraction d'accommodation que nous employons pour voir distinctement. Examinons, par exemple, le fond d'un œil avec H '/s à une distance de 5"; l'image rétinienne de l'objet examiné aura une grandeur déterminée, et, en tenant compte de l'amplitude d'accommodation i/10 mise en action, nous aurons un grossissement apparent déterminé: a. — Si nous nous plaçons à 1" de distance, il en résulte, 1" que l'action de la loupe (les milieux réfringents de l'œil examiné) a diminué; 2° que nous devons recourir à une fraction plus considérable de notre amplitude d'accommodation , à '/6 , afin de continuer à voir distinctement. En conséquence, le grossissement apparent est maintenant moindre et d'autant moindre qu'on le compare à celui qu'a donné l'examen de l'œil emmétrope. Dans ce dernier examen, en effet, on voyait distinctement sans aucun effort d'accommodation, l'objet observé se trouvant alors au foyer même de la loupe.
Nous avons exposé plus baut comment se comportait le grossissement de l'œil hypermétrope lorsqu'on en examinait le fond, en se tenant le plus près possible, et en recourant à des verres convexes, sans se servir du tout de son accommodation.
Quant à l'examen de l'œil ni3rope, l'emmétrope ne peut voir distinctement celui-ci sans le concours de verres concaves; s'il arrive à le voir quand même, c'est avec des cercles de diffusion. 11 reconnaîtra alors d'une façon diffuse la papille et les vaisseaux, même dans les yeux qui présentent un degré élevé de M, même M </7 (en se rapprochant beaucoup). Pour ce qui regarde le grossissement dans les cas de M, il en a été question plus haut."