CHAPITRE III
SPASME DU MUSCLE SPHINCTER
Od rencontre, parfois, des sujets qui éprouvent des symptômes analogues à ceux que nous avons décrits dans le chaptre précédent, mais avec une moins grande mtensi e. Il y a de la douleur à la défécation surtout quand les matières sont solides ; ces souffrances augmeu-
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tcnt ciprcs 1 évcicucition et durent d^unc demi— heure à une heure. Cette douleur ressemble nu besoin d’aller à la garde-robe et les intestins éprouvent une sensation de plénitude. L’anus est violemment contracté et l’action du sphincter le fait rentrer en dedans. Toute tentative d’examen de la partie donne des spasmes et, quand le doigt est introduit, il est si étroitement serré par le muscle, qu’il semble étreint comme par une corde. Lorsque l’affection est ancienne, le muscle s’hypertrophie considérablement et forme une masse énorme qui entoure le doigt comme une bague épaisse trop étroite.
Le spasme n’est pas toujours limité à l’anus, car l’anneau du sphincter augmente de hauteur, contracte la j3artie inférieure de l’intestin et serre fortement le doigt.
Les fèces ne sont pas cependant tachetées de sang et on ne rencontre pas cette douleur constante qu’éprouvent les sujets affectés d’ulcération. Il y a de longs intervalles de repos, surtout quand l’attention du malade se trouve distraite.
Cette irritabilité et cette hypertrophie du sphincter produit quelquefois des troubles sérieux dans la défécation ; l’intestin ne peut plus faire des efforts suffisants d’expulsion pour vaincre la résistance que le muscle oppose au passage des matières. Ce fait était très net chez une dame veuve, âgée de 46 ans, que je vis avec le D'’ Burrows. Les parois musculaires du rectum au-dessus du sphincter étaient énormément distendues et affaiblies par l’usage continu et répété de lavements abondants. Le même accident, provenant de la même cause, a longtemps persisté chez une femme mariée, âgée de 40 ans, qui m'avait été adressée par un de mes confrères.
L’irritabilité du sphincter arrive généralement chez les femmes hystériques ou nerveuses qui ont l’habitude de
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porter toute leur attention sur chacune de leurs sensations et de les grossir considérablement. Chez les autres personnes, je n’ai que rarement'rencontré cette affection, indépendamment d’une cause locale d’irritation, comme un ulcère ou une tumeur hémorrhoïdale interne enflammée, et je crois que, chez les hommes, l’irritation simple du sphincter est extrêmement rare.
L’examen d’une affection semblable est rarement suffisant quand on ne fait pas usage du spéculum et, dans beaucoup de cas d’irritation simple du sphincter, je suis convaincu qu’on trouverait quelque cause directe d’irritation, si on se servait de ce moyen. J’ai soigné un Italien qui avait des spasmes très prononcés de l’anus qui reconnaissaient pour cause une inflammation de la prostate à la suite d’une gonorrhée.
Chez les femmes, la douleur est plus forte au moment des époques menstruelles.
Le traitement que réclame cette affection consiste en de légers laxatifs, des ai^plications locales de pommade au chloroforme, à 1 023ium ou a la belladone, et le passage, fréquemment répété, d’une bougie enduite d’onguent sédatif.
Les fibres musculaires s appliquent si exactement sur les bougies ordinaires, au moment de leur passage, qu’elles enlevent complètement 1 onguent sédatif 5 de sorte qu’une très petite quantité arrive jusqu’à la muqueuse qui tapisse le sphincter interne, si même il en parvient tant soit peu. 1 our obvier à cet inconvénient, je me sers de bougies de forme conique pour faciliter leur passage et munies de ramures peu profondes, dans lesquelles on fait pénétrer 1 onguent qui peut ainsi arriver jusqu’à l’intestin.
La bougie procure alors un grand soulagement, surtout dans le cas où le sphincter irrité offre une grande résis-
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tance au passage des matières fécales . Elle eut de grands avantages dans les deux cas cités plus haut. Une bougie de cire, la plus molle des bougies, suffit souvent pour atteindre ce but.
Dans les cas rebelles, spécialement quand le sphincter est hypertrophié, il est parfois nécessaire de faire une division partielle des fibres musculaires. On pratique alors l’incision d’un seul côté, au niveau de l’ischion. On obtient généralement ainsi un soulagement de la douleur, mais dans le cas d’hystérie ia guérison n’est pas toujours permanente.
Chez une jeune fille, à laquelle je pratiquai cette opération, le soulagement se maintint quelque temps, mais peu de mois après, eJle me fit appeler de nouveau et se plaignit de ressentir ses anciennes douleurs. J’ai pu, dans certains cas, éviter une opération en pratiquant la dilatation forcée du sphincter. Dans cette afîection il faut surtout porter son attention vers les fonctions utérines. Les préparations de fer, les bains de pluie, les bains de mer sont indiqués.
Cette maladie est capricieuse et il arrive souvent que tel remède, qui a donné de grands soulagements certains jours, ne donne, plus tard, que des mécomptes. Parfois, la maladie, après avoir résisté aux meilleurs remèdes, se guérit spontanément (a).
Quand le spasme est assez prononcé pour amener de grandes difficultés delà défécation et provoquer une constipation opiniâtre, on peut pratiquer une incision plus
(a) Le meilleur traitement qu’on emploie en France contre ce spasme du sphincter est la dilatation forcée qui donne, dans ce cas, les meilleurs résultats et guérit très rapidement. J'ai vu un malade reprendre ses occupations quarante-huit heures apres cette opération.
(Xote du traducteur.)
AFFECTIONS NERVEUSES DU RECTUM
profonde du sphincter. M. Gowlland a communiqué, à la Société Huntérienne, deux cas dans lesquels il a incisé le muscle, dans deux points opposés, croyant que cette opération était indispensable pour amener un soulagement efficace; mais je n’ai jamais eu l’occasion d’agir ainsi.