HYDROCÈLE. — SIGNES
du testicule ne peut être que soupçonnée, à l'aide de la douleur provoquée par la pression.
Ce point douloureux siège ordinairement à la partie postérieure et inférieure de l'hydrocèle. On a fait remarquer, avec raison, que la sensation, perçue par le malade, n'a jamais la netteté de celle que provoque la compression du testicule sain. Mais il suffit, pour que ce signe conserve toute son importance, que l'on puisse constater dans une tumeur essentiellement indolente, et dans la région habituellement occupée par la glande, l'existence d'une partie manifestement sensible à la pression.
De tous les signes de l'hydrocèle, la transparence est le plus caractéristique. Il importe d'y revenir en quelques mots.
Tout d'abord il faut savoir que, pour en constater l'existence, cerlaines précautions sont indispensables. La tumeur doit être mainte nue avec la main, de façon à la porter en avant, à l'énucléer, pour ainsi dire, de l'épaisseur du scrotum. Une lumière étant alors placée du côté opposé à l'œil qui explore, on voit apparaître dans la masse que l'on tient entre les doigts une teinte rougeâtre, indiquant que les rayons lumineux traversent une couche liquide.
11 est nécessaire que la main du chirurgien ou celle d'un aide soit placée de champ sur le bord convexe et saillant de la bourse malade, pour intercepter les rayons latéraux venant directement du foyer lumineux.
La lumière du soleil peut suffire. Si elle manque, on la remplace avantageusement par un éclairage artificiel, qui permettra l'examen dans une chambre obscure. La transparence apparaîtra plus nettement; ce qui, dans les cas douteux, sera réellement utile.
La même remarque s'applique à l'emploi du stéthoscope ou d'un tube opaque quelconque, avec lequel on pourra explorer plus exactement, et l'un après l'autre, les divers points de la tumeur. L'instrument, maintenu de façon que son axe corresponde au centre de la lumière, parcourra toute la surface de la bourse malade. Il est bien rare que la partie plus sombre, correspondant au testicule, échappe alors à l'examen.
On aura soin que l'instrument soit bien exactement appliqué sur la tumeur et la touche par tous les points de sa circonférence. Il arrive souvent, en effet, si l'on ne prend pas cette précaution, qu'un filet lumineux pénètre directement dans la cavité du tube, en l'éclairant faiblement. L'impression perçue est absolument celle que donnerait une tumeur mal transparente. Aussi certains chirurgiens préfèrent-ils
ne jamais se servir du stéthoscope pour l'examen des tumeurs des bourses. Il suffît, croyons-nous, d'être prévenu de cette cause d'erreur, pour l'éviter.
Pour ces diverses explorations, le malade pourra être debout ou couché. Il nous a toujours parii, au moins pour l'examen à l'éclairage artificiel, que le décubitus dorsal facilitait la manœuvre. On peut, plus commodément, manier la tumeur à son gré, la porter, pour ainsi dire, au-dcA'ant de la lumière maintenue par l'aide, et l'en approcher assez pour l'éclairer vivement. On évite mieux ausM, de cette façon, les mouvements du malade qui craint, parfois non sans raison, uq contact trop direct de la flamme dont il sent la chaleur.
L'examen à la lumière solaire se fait cependant très bien sur le malade debout, devant une fenêtre fortement éclairée.
Dans certains cas, que l'on doit considérer comme exceptionnels, mais qui, pour quelques auteurs, seraient plus fréquents qu'on ne pense, la tumeur se laisse également pénétrer, dans toutes ses parties, par les rayons lumineux, sans que la plus légère opacité révèle, en aucun point, la présence du testicule.
La transparence est totale.
Ce phénomène, qui s'observe surtout dans les hydrocèles assez grosses et à parois minces, a été signalé pour la première fois et bien étudié par M. Marcellin Duval (de Brest) (1). Nélaton avait déjà fait remarquer que « l'étendue de la tache non transparente, dans l'hydrocèle, était inférieure à celle que devrait fournir la projection des contours du testicule, ce qui tient à un phénomène de lumière, le liquide agissant à la manière d'une lentille. »
On comprend que, dans certaines conditions encore mal connues,, dont la principale est peut-être le petit volume du testicule, la réfraction, subie par les rayons tangents au bord de la glande, puisse être telle, que celle-ci semble n'en refléter aucun et que toute la masse paraisse transparente. Il faut cependant, pour que l'on puisse affirmer la transparence totale, que la tumeur ait été vraiment examinée sous toutes ses faces. On ne se contentera donc pas, comme dans le procédé ordinaire, de l'éclairer suivant son axe transversal ; on s'eff'orcera, en l'inclinant de côté, de faire pénétrer les rayons d'arrière en avant.
(I) Marcellin Duval, De la translucidité complète dans certains cas d'/iydrocèle de la tunique vaginale; procédé opératoire pour éviter la lésion du testicule {Annuaire de tliérapeulique, 1858, p. 284, et Gazette des hôpitaux 26 juin 1862, p. i'93). — Voir aussi Orhoud (Ad.), même sujet [T/ièse de Paris, 1874, n" C9) ; et Tedenat [E.), Étude sur la dioptrique des hydrocèles {Gaz. hebd. des sciences médic. de Montpellier, 1880, p. 28.)