SIGNES
dans le tissu cellulaire du cordon, où elle se loge; ou bien que le liquide épanché a distendu la portion la plus déclive du conduit vagino-péritonéal non oblitéré, qui demeure en libre communication avec la vaginale. Dans l'une et l'autre hypothèse, les rapports anatomiques de ce prolongement supérieur font qu'il résiste davantage à la pression excentrique du liquide épanché, ce qui donne à l'hydrocèle un aspect plus où moins effilé.
La persistance du conduit vagino-péritonéal sur une plus grande étendue explique aussi, comme nous le verrons, les hydrocèles dites en bissac ou en calebasse, qui seront décrites à part.
L'irrégularité de forme de l'hydrocèle peut encore tenir aux bosselures plus ou moins considérables, que l'on trouve parfois à sa surface. Ces parties plus saillantes, recouvertes d'une peau plus mince, sont molles, dépressibles, très transparentes. Elles correspondent à des points, où la séreuse amincie s'est laissée plus facilement distendre et est venue se mettre, pour ainsi dire, à fleur de peau ; ou bien encore à des éraillures des enveloppes scrotales, qui ont résisté d'une façon inégale à la pression du liquide.
Les recherches de Béraud, dont il sera fait mention plus loin, montrant qu'il existe à l'état normal dans la vaginale des diverticules, susceptibles de se laisser distendre par le liquide de l'hydrocèle, donnent plus de poids à la première de ces deux interprétations.
L'hydrocèle peut enfin paraître bilobée sans que, pour cela, elle s'éloigne notablement du type qui peut être considéré comme normal. Il ne s'agit, en effet, le plus souvent que d'une légère dépression circulaire, occupant ordinairement la partie moyenne de la tumeur, et la divisant en deux parties qui communiquent largement entre elles. Cette forme, d'après Béraud, serait due à la présence d'une bride fibreuse, signalée par lui à la surface de la vaginale, et occupant la
Fie. 1.3.
Coupe verticale d'une hydrocèle ordinaire.
partie moyenne de celle-ci; cette bride, qui résiste plus que les parties voisines à la pression du liquide, détermine, quand la vaginale est distendue, un léger étranglement de la tumeur. Pour nous, elle correspondrait plutôt au point 'où la tunique fibreuse commune, qui n'adhère pas à la vaginale par sa partie supérieure, vient s'étaler à sa surface en se confondant avec elle.
Le volume de l'hydrocèle est infiniment varifible. Certains malades, très attentifs à leur santé, viennent consulter le chirurgien et réclament son intervention, alors que la tumeur dépasse à peine les dimensions d'un testicule normal. D'autres, insouciants ou craintifs à l'excès, se refusent à toute opération, avant qu'elle ait atteint des proportions vraiment colossales. Tels sont les cas où l'hydrocèle, débordant en haut le pli de l'aine, descend en bas jusqu'à la moitié de la cuisse, et fait d'avant en arrière une saillie proportionnée à sa hauteur. Entre ces deux extrêmes, on observe tous les intermédiaires. C'est habituellement lorsque la tumeur est grosse comme une pomme ou comme une orange que le malade demande à en être débarrassé.
La peau des bourses, dans les hydrocèles volumineuses, se prèle singulièrement à l'énorme développement qu'elles peuvent acquéru'. Il semble qu'elle soit tout entière attirée sur la tumeur. Celle-ci, dépassant la ligne médiane, remplit tout le scrotum; le testicule opposé, refoulé de côté et en arrière, passerait inaperçu si l'on ne cherchait à en déterminer la situation. La peau du pénis est elle-même entraînée et contribue, pour sa part, à former l'enveloppe cutanée de l'hydrocèle; le pénis, réduit à sa portion préputiale, n'apparaît plus que comme un bourrelet arrondi, s'élevant à peine au dessus des parties voisines.
Nous avons peu de chose à ajouter à ce que nous avons dit plus haut sur les indications fournies par le palper. Nous avons vu que la consistance de la tumeur varie avec l'état de tension du liquide contenu dans la vaginale.
Exceptionnellement, dans certaines hydrocèles très peu distendue:-, on parvient à reconnaître, à la main, les contours de la glande testiculaire. Mais celle-ci ne se détache jamais nettement de la tumeur. On reconnaît toujours qu'elle en fait vraiment partie, qu'elle y est contenue, et qu'on ne peut arriver jusqu'à elle, qu'en déplaçant une couche liquide. Ce caractère a une grande valeur pour le diagnostic.
Dans la grande majorité des cas, les choses ne se présentent pas ainsi. La tumeur est pleine et de consistance uniforme. La situation