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CASTRATION

Définition. Description générale. — Grammalicalement, le mot de castration devrait être réservé à l'opération à l'aide de laquelle on châtre [castrare) un individu (homme, femme ou animal) par suppression des glandes sexuelles (testicules ou ovaires). Mais, dans le langage chirurgical courant, ce terme ne s'applique guère qu'à l'ablation de l'un ou des deux testicules chez l'homme, faite dans un but thérapeutique. C'est, du moins, la castration ainsi entendue que nous aurons seule en vue dans ce chapitre.

Nous éliminons ainsi, par définition, les castrations faites chez certains peuples de l'Orient, pour enlever à l'homme ses facultés sexuelles, ainsi que les mutilations accidentelles ou volontaires dont il n'y a pas lieu de s'occuper ici (1).

La castration ainsi comprise est une opération méthodique qui se divise en trois temps distincts, méritant chacun une discussion spéciale.

Le premier temps comprend l'incision de la peau et la dissection de l'organe malade; le deuxième temps la section et la ligature du cordon et de ses vaisseaux; le troisième temps les dispositions spéciales qu'on doit donner à la plaie, et le pansement.

temps: Incision et dissection des enveloppes. — L incision

du scrotum peut être simple ou double. Lorsque le testicule qui doit être enlevé est peu volumineux, on se contente de faire, suivant le grand diamètre de la tumeur, une seule incision verticale qui permet de séparer facilement les enveloppes scrotales de la partie sous-jacente. Si la tumeur est considérable, il est nécessaire de sacrifier en même temps une partie de la peau. Pour cela, le scrotum étant main-

(1) Voy. à ce sujet Félix (C), Recherches sur l'excision des organes génitaux externes chez l'homme. Thèse de Lyou, 1883, n" 158.

tenu de la main gauche, le chirurgien pratique deux incisions concaves dans le sens vertical, venant se rejoindre par leurs extrémités, et circonscrivant ainsi un segment de peau dont l'étendue a été calculée.

Pour faciliter l'écoulement des liquides et le drainage parfait de la profondeur de la plaie, il est nécessaire de conduire la partie inférieure de l'incision jusqu'au point le plus déclive des bourses.

Avant de procéder à l'incision, il est bon de débarrasser la peau de ses poils, ceux-ci pouvant gêner l'opérateur et surtout retarder la guérison en empêchant l'accolement exact de la plaie cutanée. Laver la peau et la raser constituent, au reste, ici comme ailleurs, le premier acte nécessaire de toute opération antiseptique. Ce nettoyage sera fait, de préférence, à l'eau chaude, pour éviter la rétraction du scrotum.

La dissection des parties molles se fait lentement, en ayant soin de lier les vaisseaux superficiels à mesure qu'on les coupe, ou mieux de les saisir avec des pinces à forcipressure.

On aura soin de conserver aux téguments une épaisseur telle, que leur vitalité ne soit point compromise; ordinairement, la tunique vaginale sert de limite naturelle. Il faut se garder cependant de laisser dans les enveloppes des points suspects ou déjà envahis par le tissu néoplasique.

Une pratique assez utile consiste à attirer la peau du scrotum en arrière, à couper les adhérences à mesure qu'elles se présentent, et à extraire les parties malades par une sorte d"énucléation (Dupuytren). Lorsque la tumeur est très volumineuse, qu'elle déborde la ligne médiane, et attire à elle la peau du pénis, une dissection trop rapide et menée sans précaution pourrait, il est vrai, intéresser l'urèthre et les corps caverneux, ou même le testicule du côté opposé. Il suffit de signaler cet écueil pour qu'il soit sûrement et facilement évité.

Nous ne rappelons que pour mémoire d'autres variétés d'incision de la peau, telles que Yincision rétro-scrotale prônée par Aumont et par Roux, et ayant pour but de cacher la cicatrice. Ce procédé a l'inconvénient de donner un lambeau très long qui masque les éléments du cordon et en rend la ligature difficile. Il en est de même de Yincision latéro-scrotale de Jobert (de Lamballe) ou incision en coquille.

Tous ces procédés sont abandonnés, car aucun ne procure, comme le procédé classique, les deux avantages suivants : bon écoulement des liquides à la partie déclive de la plaie, et ligature facile des éléments du cordon.

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