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HYDROCÈLE. — COMPLICATIONS

2. InflaiumatioM. — h' inflammation aiguë de la tunique vaginale, dans rtiydrocèle, a été signalée par Gosselin (1). Elle est rare et survient habituellement sans cause appréciable. Elle a paru parfois succéder à un traumaLisme ou dépendre d'un mauvais état général.

Elle se caractérise par des douleurs vives, un accroissement rapide de la tumeur, et de la fièvre. D'autres fois, l'inflammation est subaiguë; on ne constate alors qu'une gène plus considérable ou de véritables douleurs, mais sans réaction générale. Dans une des observations de Gosselin, le malade mourut ; il s'agissait d'un vieillard épuisé et très amaigri, qui succomba avec des accidents cholériformes.

Le plus souvent, cette complication n''a d'autre importance que de bâter la formation de fausses membranes qui, tapissant la cavité vaginale en couches plus ou moins épaisses, seront un obstacle pour le traitement, et pourront devenir ultérieurement le point de départ d'une hématocèle.

Parfois, particulièrement chez les vieillards, l'inflammation de l'hydrocèle aboutit à la suppuration. Smyth (2) et Hulke (3) ont vu cet accident survenir chez deux sujets, l'un de soixante, l'autre de soixante-dix ans. Dans l'un et l'autre cas la guérison suivit, après incision large de la poche. A. Cooper, Dupuytren, Robert avaient déjà rapporté des observations semblables.

Nous laissons de côté les cas beaucoup plus fréquents de suppuration, se produisant à la suite de ponctions simples. Ces faits attestent, du moins, la facilité avec laquelle, dans l'hydrocèle, la tunique vaginale peut s'enflammer.

3. Transformation en hématocèle. — La transformation de l'épanchement séreux en épanchement sanguin {hématocèle, hydro-hémato-cèle) est un accident plus fréquent.

11 peut survenir dans trois circonstances difl'érentes : Ou bien la transformation se produira lentement , sourdement, presqu'à Finsu du malade, sans cause appréciable, ou à la suite de l'action mécanique la plus légère, telle que la simple exploration de la tumeur ;

Qu bien elle est manifestement le résultat d'un coup ou d'un efl"ort violent et se traduit extérieurement, soit par une augmentation brusque de volume, soit par une ecchymose de la peau des bourses;

Ou bien enfin, elle succède à une blessure, faite ordinairement par

(1) Gosselin in Curling, Traité, trad. française, p. 150. [Addit. du traducteur).

(2) Smyth (J. E.), Med. Times and'Gaz., 30 mars 1867.

(3) Hulke (W.), Bril. Med. Jour?i., 1" juin 18T2.

MONOD ET TeRRILLO-N. 12

le chirurgien (ponction de l'hydrocèle à l'aide du trocart ou de la lancette).

Dans le premier cas, la pathogénie de l'accident se confond absolument avec celle de l'hématocèle, dite spontanée ou primitive. L'épanchement de sang se rattache aux modifications survenues dans la paroi de l'hydrocèle; il résulte de la rupture des vaisseaux jeunes qui occupent l'épaisseur des fausses membranes formées à sa surface. Nous reviendrons sur ces faits, au chapitre suivant.

Nous n'étudierons ici que les deux autres modes de production de l'hydro-hématocèle, qui viennent d'être mentionnés.

Nous avons dit qu'un coup porté sur une hydrocèle ou un violent effort pouvait amener sa transformation rapide en hématocèle. La tumeur scrotale augmente alors subitement de volume et devient opaque; cette modification peut s'accompagner d'une ecchymose plus ou moins étendue, ou même d'un épanchement sanguin sous-cutané, véritable hématome des bourses.

Le sang, en pareil cas, peut provenir de deux sources. Ou bien il est fourni, comme dans l'hématocèle spontanée, par les vaisseaux propres de la vaginale anormalement développés ; l'accident se relie alors encore aux modifications anatomiques que la vaginale peut subir dans toute hydrocèle d'un peu longue durée. Il faut admettre seuleinent que le vaisseau ouvert est volumineux et fournit, rapidement, une notable quantité de liquide. On peut expliquer ainsi les faits oîi l'augmentation subite de volume et l'opaciflcation de la tumeur , qui permettent d'admettre sa transformation en hématocèle , ne s'accompagnent d'aucune infiltration sanguine souscutanée. Tout se passe à l'intérieur de lavaginale distendue.

D'autres fois, et plus souvent peut-être, le vaisseau atteint est extravaginal; il siège entre la tunique vaginale et la tunique fibreuse commune, ou dans l'épaisseur de celle-ci. Normalement, en effet, il existe, dans cette région, un réseau veineux important, sur la disposition duquel notre ancien collègue et ami J. Reverdin et Laskowski (de Genève) (1), Barrois (de Lille) (2) ont, tout récemment encore, attiré l'attention. Nous avons vu, de plus, qu'au voisinage d'une hydrocèle la tunique fibreuse s'épaissit; il en est de même des vaisseaux qui la parcourent, ils se dilatent et leurs parois deviennent plus denses. Le fait

(1) Reverdin (Jacques), De l'hydro-hématocèle par rupture de la tunique vaginal;. {Annales des maladies des organes génito-urinaires, juin 1883, t. I, p. 417 (4:ib).

(2) Barrois (T. H), Contribution à L'étude des enveloppes du testicule. Thèse de Lille, 1882, in-S" avecSpl.

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