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L'on ne saurait accepter sans réserve les conclusions de M. Magnij; parce qu'im témoignage de l'Académie elle-même, sur d'autres points de uotre territoire, dans l'ouest par exemple, se déploient de vastes régions où la fièvre typhoïde ne fait pas moins de ravages que dans le nord et dans l'est. Elle est endémique dans le Morbihan, où, annuellement elle atteint de 100 à 200 communes; dans le Finistère, où, d'après les recherches de M. Gestin, elle règne en permanence, mêlée au typhus exauthématique (6) ; dans l'Ille-et-Vilaine, qui dans les rapports annuels de l'Académie figure souvent parmi les départements les plus éprouvés (T) ; eufiu dans les Côtes-du-Nord, notamment dans l'arrondissement de Dinan, où M. PiEDVACHE a recueilli les matériaux de ses belles études sur la dothiénentérie (8), et où récemment encore la troupe a été si gravement éprouvée.
C'est précisément l'histoire de la fièvre typhoïde dans les corps de troupe disséminés sur toute l'étendue de notre territoire, qui est à même de fournir les renseignements les plus exacts sur la répartition géographique de cette maladie en France. Doués, en effet, au plus haut degré de la réceptivité pour elle, nos régiments trahissent dans leurs garnisons respectives des influences typhogènes qui sont à peine capables d'effleurer les populations autochthones.
H'résulte des documents fournis par la statistique officielle pendant une période de dix-sept ans (1872-1888) et réunis par M. le professeur Brouardel(9), que les 18 circonscriptions militaires de la France sont très inégalement éprouvées par la fièvre typhoïde. (Voir le tableau, p. 350.)
Ainsi, le l"'" corps d'armée (Nord et Pas-de-Calais) a perdu en dix-sept ans (1872-1888), sur un effectif de 355.000 hommes, 324 sujets par fièvre typhoïde, soit 9 pour 10.000 hommes, tandis que le 16" corps (Hérault, Aude, Aveyron, Pyrénées-Orientales, Tarn), en a perdu 1.333 sur un effectif de 267.000 hommes, soit 50 pour 10.000 hommes. Quant aux autre* régions, leur influence typhogène est représentée par des chiffres qui varient entre ces deux extrêmes.
D'autre part, le tableau suivant, dressé par M. Brouardel, permet d'apprécier la mortalité comparative de l'armée et de la population civile dans les 19 circonscriptions militaires de notre territoire. (Voir le tableau, p. 352.)
11 résulte de ces documents que la mortalité moyenne de la troupe est près de quatre fois plus forte (18,6) que celle de la population civile (5,4) ; et que, d'une façon générale, l'état sanitaire subit des variations assez concordantes dan* les deux groupes, dans les différentes régions de la
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