SA RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE EN FRANCE
Aussi loin que les documents scientifiques de quelque valeur nous permettent de remonter dans l'histoire médicale de notre pays, nous trouvons la fièvre typhoïde au premier rang des maladies populaires.
Des tableaux dressés par l'Académie de médecine, il y a soixante ans, sur les maladies qui ont régné en France de 1771 à 1830, il résulte que les plus fréquentes ont été celles comprises sous les dénominations de fièvres bilieuses, putrides, de gastro-entéro-céphalites et de fièvres typhoïdes, lesquelles formaient plus du tiers du nombre total des affectiona observées dans cet intervalle.
Depuis 1830, les épidémies de dothiénentérie représentent chaque année les deux tiers, ou au moins la moitié de l'ensemble des épidémies. Les rapports annuels de l'Académie de médecine démontrent que de toutes les maladies qui régnent d'une manière permanente sur le sol de la France, cette affection ne cesse de l'emporter constamment sur les autres par le grand nombre des points du territoire où elle se montre chaque année, par celui des sujets qu'elle atteint, enfin par le chiffre considérable des
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vicliiues qu'elle fait. Trente à quarante départements au moins subissent chaque auuée des épidémies de fièvre typhoïde.
Dans la période de 188G-1888, celle-ci a déterminé, au milieu d'une population de 8.354.720 individus 13.616 décès, soit 5,4 décès pour -10.000 habitants. Pendant l'intervalle de dix-sept ans (1872-1888), elle a causé dans l'armée stationnée à l'intérieur 16.272 décès, sur un effectif de 6.214.749 hommes, soit 26 décès sur 10.000 hommes d'effectif, ou 1 décès sur 381 hommes (3).
Le rôle qui est dévolu à la fièvre typhoïde dans nos maladies populaires, a fait souvent émettre l'opinion que la France était son pays de prédilection. Cette croyance n'a d'autre fondement que la richesse relative de notre littérature médicale en documents sur cette affection, richesse qui tient à ce que la connaissance de celle-ci s'est vulgarisée plus rapidement chez nous que dans les pays voisins. Les travaux de MuRcmsoN et de Pettenkofer, entre autres sur la fièvre typhoïde de Londres et de Munich, témoignent que nos voisins ne sont guère mieux traités que nous par la cruelle endémie.
Il n'est aucun point de notre territoire , qui n'ait été éprouvé par la fièvre typhoïde, et il est des années où celle-ci est signalée sur presque toute son étendue. Considérée comme maladie endémique, elle n'y serait cependant pas répartie d'une manière uniforme. De l'analyse faite par Gaultier de Claubry des rapports adressés à l'Académie de médecine de 1841 à 1846 (4), et surtout d'un travail semblable comprenant la période de 1841 à 1863 auquel s'est livré M. Magne, il résulterait que la véritable zone d'endémicité formerait autour du plateau central de la France une bande presque continue, large au nord et à l'est, où se trouveraient les départements les plus fréquemment atteints (Jura, Haute-Saône, Doubs, Côtes-du-Nord, Moselle, Vosges, Nord), étroite à l'ouest et au midi où la maladie plus rare et plus clairsemée n'occuperait que des surfaces restreintes. Cherchant la cause de cette irrégulière distribution de l'endémie, M. Magne n'en trouve point d'autre que la constitution variable du sol dans ces différentes régions : les départements les plus exposés à la fièvre typhoïde appartiennent tous aux terrains secondaires et tertiaires, tandis que ceux qu'elle épargne sont situés sur les terrains primitifs et de transition. La fièvre typhoïde serait endémique sur les terrains modernes, rare sur les terrains anciens. Les terrains modernes , ajoute cet observateur, se rencontrent sans doute, ainsi que la fièvre typhoïde, dans toutes les régions de la France ; mais leur développement sur de grandes surfaces s'observe surtout là où la maladie est. marquée par la fréquence de son règne et par son extension à un grand nombre de communes ou d'arrondissements. C'est ce qui a lieu dans l'est et dans le nord-est (5).
DES FIÈVRES CONTIISUES
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