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III. — Caractères cliniques et épidémiologiques

A part ces processus mixtes, composés d'un élément dothiéueulérique et d'un élément palustre, processus naturellement plus communs ici qu'ailleurs, la fièvre typhoïde se montre, dans les climats chauds, avec les symptômes, les formes et les degrés de gravité qu'elle présente eu Europe. Elle y est cependant, d'une manière générale, plus sévère que sous nos latitudes, puisque M. Dupont, comparant entre elles plusieurs épidémies, y a constaté une mortalité allant jusqu'à près du tiers des malades, et que dans la série la plus favorable des relevés qu'il a faits, la proportion des décès n'a jamais été inférieure à IG p. 100 (126).

La fièvre typhoïde attaque le plus souvent les Européens nouvellement débarqués, notamment les jeunes troupes, que leur âge, leur non-accoutumance, les inévitables épreuves de l'acclimatement désignent tout naturellement à ses coups. Les races indigènes d'ailleurs n'y échappent pas. BiîRENGER-FÉRAUD, DuPONï, Carré l'out obscrvéc chez les nègres, les mulâtres et les créoles. Toutefois, tous les médecins des colonies témoignent de sa rareté parmi les races autochtones et chez les Européens qui résident depuis longtemps dans les climats chauds.

Son épidémiologie est la même que dans les foyers d'endémicité de l'Europe. Répartie en cas sporadiques sur les différents mois de l'année, elle subit des recrudescences saisonnières pendant la période la plus chaude, dans celles des colonies où il existe encore des écarts sensibles entre la température moyenne de la saison chaude et celle de la saison fraîche, c'est-à-dire d'août en octobre pour l'hémisphère nord, et d'avril à juin pour l'hémisphère sud.

Les manifestations épidémiques proprement dites y sont plus rares que dans nos climats; elles sont suscitées d'ordinaire par l'arrivée des Européens, notamment des jeunes gens, ou elles sont ravivées par cette circonstance. Telle est l'épidémie qui se produisit en 1849 à Taïti, au moment du renouvellement du personnel colonial, épidémie dont M. Gallerand fut le témoin et le narrateur (127).

Les troupes en expédition n'en sont pas exemptes. M. Béal, entre autres, raconte qu'en 1856 de nombreux cas en furent observés au camp de Bodor, durant une expédition dans le Haut-Fleuve (Sénégal), dans deux compagnies du 3° régiment d'infanterie de marine venues de Rochefort (128).

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