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régions tropicales aux latitudes élevées, qu'il se montrait avec sou maximum de fréquence dans divers pays des climats tempérés et froids, marqués par les variations brusques et profondes de la température ainsi que par le haut degré hygrométrique (3).
Il serait difficile de contrôler cette assertion, qui ne repose sur aucune donnée précise, et nous n'avons pas d'ailleurs l'intention de la contester. Nous nous bornerons à marquer à notre tour que l'endémicité de la bronchite aiguë dans les climats froids est loin d'être aussi absolue que le laissent entendre les traités de géographie médicale en faveur. Si l'Islande (Schleisner) et les îles Féroé (Panum) ont subi fréquemment des épidémies graves de bronchite, la rareté de celle-ci sur d'autres points de la zone froide s'est imposée à l'attention. Dans la Russie septentrionale, les bronchites et les catarrhes pulmonaires sont moins répandus qu'en France et en Angleterre (4), et l'absence à peu près complète de ces maladies au milieu des équipages des régions polaires a été souvent un sujet d'étonnement pour les navigateurs (5) . Le D"" Euwail n'a observé que deux cas de bronchite légère dans l'expé-
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dition au Spitzberg eu 1872-73, et l'exiguité numérique ainsi que la béni-nité du catarrhe laryngo-broncliique l'avaient déjà frappé dans celle de la^^éga, e«ectuée au milieu d'un climat des plus rigoureux, dont la température moyenne annuelle ne s'élève pas au delà de 12^ (6).
D'autre part, la bronchite aiguë simple ou grave est loin d'être étrangère à nos colonies tropicales, bien que la température moyenne y atteigne au moins 22 à 24°, que le minimum s'abaisse rarement au-dessous°de 18", et que les écarts soient moins brusques et de beaucoup moins étendus que dans nos climats.
La Guyane, par exemple, est remarquable par l'égalité de sa température. Avec une moyenne mensuelle presque constante (26-28°), les variations journalières du thermomètre au cours de l'année ne donnent pas un écart de plus de 10,4, et les variations nycthémérales ne dépassent jamais 6,8. Et pourtant la bronchite y règne] en permanence, pendant l'hiver surtout; elle passe souvent à l'état chronique et exerce une influence des plus fâcheuses sur le développement et la marche de la tuberculose.
Inversement, le catarrhe bronchique est rare dans certaines régions tropicales qui par leurs conditions de température et d'hygrométrie devraient être le plus exposées à subir ses atteintes.
Dans une intéressante étude sur la topographie médicale de Port-Saïd, M. le D'' Vauvray (7) exprime la conviction que les affections franchement aiguës de la poitrine ne sont ni fréquentes ni graves en Égypte. Et pourtant l'humidité est très forte à Port-Saïd (80,9 de moyenne annuelle pour 1870-71), les variations de la température sont assez considérables non seulement suivant les mois et les saisons, mais surtout d'un jour à l'autre, et parfois dans la même journée. C'est notamment au printempsqu'on observe ces oscillations diurnes excessives dont l'étendue ne mesure pas moins de 10 à 15 degrés.
Mais nulle part ce contraste entre les constitutions atmosphériques et le règne pathologique n'est aussi saisissant qu'au Sénégal. Les phlegmasiesaiguës des bronches y sont extrêmement rares, malgré les vicissitudes de la météorologie dont les écarts et les exagérations dépassent tout ce qui est noté dans nos autres colonies (8). Si éventuellement les bronchiteséclatent sous forme épidémique, elles sont très légères et ne laissent jamais de traces dans les statistiques hospitalières (9).
Ces anomalies dans la répartition géographique de la bronchite se retrouvent dans sa distribution saisonnière sous nos climats.
L'évolution mensuelle du catarrhe dans un groupe compact et homogène comme celui d'une armée, fournit sur la marche saisonnière de cette afïec-
lion les renseignements les plus précis. Si, réunissant en. bloc les hronclntes notées dans une série d'années, on les examine dans leurs rapports avec les différentes saisons, on découvre une corrélation aussi étroite que constante entre les unes et les autres. Réduit à son minimum en août et septembre, leur chiffre s'élève à partir de novembre, suit une progression lente jusqu'en janvier ou février suivant, reste ensuite stationnaire pendant le premier trimestre, puis décline graduellement jusqu'en septembre, avec une légère recrudescence en mai, juin ou juillet. Ce sont incontestablement les mois de l'hiver qui sont le plus chargés, les mois de l'été et de l'automne qui le sont le moins (fig. 3).
Fig. 3, — Chiffre mensuel des admissions à l'hôpital du Val-de-Grâce pour bronchite aiguë et fièvre catarrhale, pendant la période décennale de 1880 i\ 1889.
Cette marche est absolument parallèle à celle de la morbidité générale par maladies des voies respiratoires. Comme il existe un léger écart
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