CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Avant de clore ce chapitre, il- nous plaît de rappeler, en manière de conclusion, les principales phases traversées par la nosographie des pneumonies, et de marquer surtout le point précis où celle-ci a été placée par les découvertes les plus récentes.
L'histoire de la pneumonie, comme celle de la fièvre typhoïde, raconte à merveille la marche suivie par la médecine dans la constitution des entités morbides. Étudiées tout d'abord dans leurs manifestations synip-
)maliques, tes phlegmasies du poumou sont restées confouducs ensemble, ,ut que la médeciue a été purement clinique. - Après l'avènement de école organicienue, le scalpel y introduisit des divisions importantes ui sont demeurées classiques. C'est à l'anatomie pathologique que revient honneur d'avoir séparé de la pneumonie lobaire la splénisation et le roupe des broncho-pneumonies, et d'avoir fourni ainsi une base anatoiiique aux distinctions établies de tout temps par la clinique entre la .ueumonie primitive et les pneumonies secondaires. Il y a une vingtaine ['années, le microscope, complétant ces recherches, est venu donner une uterprétation précise de la pathogénie de ces dernières, en montrant eur subordination étroite à l'inflammation des bronches.
Mais lorsque la médecine fut poussée dans les voies étiologiques par es enseignements de Trousseau, et surtout par les progrès de l'épidémioogie, elle ne tarda pas à entrevoir clairement la spécificité de la pneunonie fibrineuse ; elle finit, sans avoir d'autre guide que l'observation, )ar la ranger parmi les maladies infectieuses. La bactériologie, en nous •évélant l'agent microbien de la pneumonie, a confirmé ce jugement. La jrésence constante de cet agent dans les phlegmasies séreuses concomiantes de cette affection, et la production expérimentale de celle-ci par e pneumocoque, a permis de tracer d'une manière plus sûre que ne mouvaient le faire la clinique et l'anatomie pathologique les limites précises de l'affection pneumonique.
Mais, contrairement à toute attente, la microbiologie nous a montré que 2et agent était souvent actionné aussi dans les broncho-pneumonies secontlaires, de telle sorte qu'elle a moins d'utilité que la clinique et l'anatomie pathologique dans la différenciation de la pneumonie et de la bronchopneumonie. L'évolution atypique de celle-ci, comparée à la marche cyclique de celle-là, et la variété de ses modalités anatomo-cliniques ont plus d'une fois suggéré la pensée de la multiplicité de ses causes productrices. La bactériologie a sanctionné ces prévisions de l'observation, en nous dévoilant la diversité des agents infectieux actionnés dans la broncho-pneumonie. L'unité causale de la pneumonie franche, la pluralité d'origine de la broncho-pneumonie, sont des éléments distinctifs que la médecine d'observation a pu pressentir, mais qu'il appartenait à la bactériologie seule d'affirmer et d'introduire dans l'histoire des inflammations du poumou.
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