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GÉOGRAPHIE DU RHUMATISME

Le rhumatisme articulaire aigu se rencontre sur toute la surface du globe, mais y est très irrégulièrement réparti. Rare dans les climats extrêmes, il devient de plus en plus commun à mesure qu'on se rapproche des zones tempérées de l'hémisphère Est et Ouest. C'est dans le Centre et le Nord de l'Europe qu'il est le plus répandu. Les hôpitaux des grandes villes de ces pays comptent o à 20 rhumatisants aigus sur iOO admissions (1). La fréquence ne serait pourtant pas la même partout. On cite certaines contrées, telles que le comté de Gornouailles, les îles de Wight et de Guernesey, le canton de Beauraing en Belgique, le district de leka,térinoslaw en Russie, comme jouissant d'une immunité presque absolue à l'égard de cette maladie.

Le territoire de la France ne compte point de ces zones privilégiées. D'après la statistique de l'armée, le rhumatisme articulaire aigu est à peu près également répandu dans les principales régions de notre pays. Le tableau suivant, dressé pour la période 1876-1883, est des plus précis à cet égard ^

' La goutte et le rhumatisme articulaire sont réunis sous un seul chef dans ce tableau. Mais vu l'excessive rareté de la goutte dans l'armée, on peut sans inconvénient en l'air abstraction, et prendre le cliifîre total pour celui du rhumatisme exclusivement.

ICTÈRE, PLEUnÉSIi:, PNEUMONIES ET RHUMATISME

CORl'S D ARMES • i qOO h. dViIcclif

Gouvernement de Paris .... 23,0

l''- Corps (Lille) 18,G

2° — (Amiens) 26,5

3° — (Rouen) 20,22

4° — (Le Mans) 27,1

l\o __ (Orléans) 21,0

6° — (Châlons-sur-Marne). 22,0

7° — (Besançon) 26,9

8° — (Bourges) 24,0

9= — (Tours) 26,94

10° — (Rennes) 20,1

co lU's 1 1 ' A II M ic E ■""'"l'il' '.^ '■?,''P'""'^e

a I 000 h. tl cfftctir

H" Corps (Nantes) 20,0

12° — (Limoges) 27,8

13" — (Clermont-Ferrand) . 29,0

li-J — ((Jrenoble) 20,3

15« — (Marseille) 20,95

10« — (Montpellier) .... 2o,0

17° — (Toulouse) 26,0

18° — (Bordeaux) 20,2

19"' — (Algérie) 13,2

Tunisie no

Si ce tableau met en relief la régulière distribution du rhumatisme du nord au sud et de Test à l'ouest de la France, il montre cependant que l'élément climatérique n'est pas une quantité négligeable dans son histoire. L'Algérie et la Tunisie, en effet, s'y distinguent par une morbidité qui ne s'élève même pas à la moitié de celle de la France. (V. fig. 13.) Cette décroissance rapide du rhumatisme articulaire aigu au delà de la Méditerranée, est en rapport avec la rareté reconnue de cette affection dans les climats intertropicaux (2).

§ .3. — ÉTIOLOGIE

L incertitude de la nosographie du rhumatisme rend très délicates les recherches sur l'étiologie et la pathogénie de cette affection. Les nomenclatures usuelles varient suivant les pays, et parfois, dans une môme région, suivant les localités. Les notions fournies par des observateurs placés dans des foyers divers, deviennent ainsi difficilement comparables entre elles, et ne peuvent être utilisées que sous toutes réserves dans les appréciations d'ensemble.

A. Rapports du rhumatisme articulaire avec les saisons. — Bien que moins étroitement subordonné au jeu des météores que la pneumonie, le rhumatisme ne laisse pas cependant d'être inffuencé par eux. Mais la détermination de ses rapports avec l'évolution [des saisons a conduit à des résultats qui diffèrent sensiblement suivant les lieux et les temps auxquels ils se rapportent.

Selon M. Besniiîr, dont l'opinion se fonde sur les admissions mensuelles dans les hôpitaux de Paris pendant une période de dix ans, le rhumatisme

DU niIUiMAÏlSME ARTICULAIRE AIGU

ne serait influeucé que dans une proportion fort restreinte par l'ordre régulier des saisons. Sous notre climat de Paris, il marcherait d'un pas à peu près égal à travers toute l'année, en dépit des vicissitudes habituelles de ces dernières, et s'il lui arrive de s'écarter de cette règle, c'est pour marquer sa préférence à l'été, et notamment au mois de juillet, contrairement à l'opinion généralement accréditée qui lui assigne les mois froids et humides comme saison de prédilection (3).

Il en serait de même pour la ville de Lyon, d'après le tracé graphique des entrées hebdomadaires pour rlmmatisme articulaire aigu dans les services de médecine des hôpitaux de cette ville en 187-2, tracé établi par M. Mayet, et inséré dans le premier fascicule de la statistique des services de médecine des hôpitaux de Lyon pour l'année 1872.

Ces résultats ne sont pas sans nous surprendre. Ayant fait le relevé mensuel des rhumatisants admis à l'hôpital du Val-de-Gràce pendant une période de dix ans (1880-1889), nous avons pu nous assurer que chaque mois en comptait un certain nombre, comme l'a établi M. Besnier, mais que le chiffre en était sensiblement plus élevé dans les six premiers mois

Fig. 12. — Moyenne mensuelle des admissions pour rhumatisme articulaire aigu et subaigu au Val-de-Gràce, pendant la période décennale 1880-1889.

de l'année que dans les six derniers, et que généralement le cycle d'évolution annuelle atteignait son point culminant au cœur de l'hiver ou au

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printemps. Les totaux mensuels des dix années dénoncent un accroissement lent et non interrompu des admissions à partir de novembre jusqu'en mars suivant, qui marque l'apogée de la courbe. Le haut niveau s( maintient pendant avril et mai. Puis, en juin, commence le déclin qui st prolonge jusqu'en septembre. Septembre et octobre sont les mois les moins chargés. (Voir le tracé 12.)

Nous aurions hésité à opposer ces observations à celles de M. Bi'Snieh, s'il ne nous venait point d'ailleurs des témoignages conformes au nôtre. Réunissant des documents fournis par quelques villes du centre et du nord de l'Europe, Hirscu a établi {loc. cit., p. 536) qu'annuellement cent cas de rhumatisme polyarticulaire aigu s'y répartissaient de la façon suivante entre les quatre saisons :

LIEUX d'observation

PÉBIODE il'obsci'Talion

NOMBRE de

ras observés

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