V. - NATHHE DES MALADIES INFLUENCÉES PAU LES SAISONS
Nou^ diviserons ces maladies en deux groupes bien distincts : A. Dans le premier rentrent les affections sur lesquelles les "Su: i.;Te""' ""î r incontestable, mais sans epe -
^anl le lole pnncipal dans leur étiologie : telles sont les maladies tel luriques, les maladies alimentaires, les maladies typhiques les S Sections pestilentielles, les lièvres éruptives, etc '
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3st pas ' oscillations saisonnières. Il n'en
<^ue le choléra, par exemple, pénètre dans une des capitales
de l'Europe, il est à peu près certain que l'expansion du mal y sera plus considérable si elle s'accomplit durant la période estivale que si elle a lieu en hiver; l'expérience des épidémies antérieures nous permet presque d'affirmer que le fléau disparaîtra, ou s'atténuera considérablement pendant la saison froide. Mais cependant la filiation de l'épidémie démontre qu'elle n'a pas été créée par la saison, et que l'élément pathogénique principal a été l'importation.
Les deux autres maladies pestilentielles de notre époque, la peste à bubons et la fièvre jaune, présentent des relations plus étroites encore avec les saisons, soit dans leurs berceaux d'endéniicité où chacune d'elles vient, pour ainsi dire, à son heure, et disparaît fatalement à une date déterminée, soit dans leurs expansions épidémiques qui ne sont à craindre qu'en certaines saisons, dont la connaissance est indispensable à qui veut savoir en prévemr l'invasion (Voy. livre V, Prophylaxie).
Nous nous bornons à rappeler ici que, parmi les maladies pestilentielles, il en est deux qui appartiennent à la saison chaude : le choléra et la fièvre jaune ; la peste est plutôt liée à la saison froide, au moins en Egypte. 11 y a naturellement des exceptions à ces règle'^. Ainsi, on a vu le choléra régner et sévir cruellement par des températures de - 10" et même -20°. Pour la fièvre jaune, il y a de plus rares exceptions à la règle d'affinité de cette maladie po . la saison chaude ; mais il y en a.
Ainsi à Gibraltar, en 1805, l'épidémie n'avait pas encore cesse le 6 février; et, pour en arrêter les progrès, on avait résolu de brûler quelques quartiers de la ville.
2° Fièvres intermittentes. Même rapport entre les saisons et les affections telluriques : les fièvres intermittentes apparaissent, dans leurs zones d'endémicité, à date régulière, et se terminent de même, constituant, chaque année, cette période endémo-épidemique qui a la régularité d'un phénomène astronomique; c est au point que des auteurs modernes ont soutenu la théorie de l'origine purement météorique de ces affections, oubhant qu elles ne naissaient qu'au contact d'un sol offrant les conditions voulues pour l'élaboration du miasme fébrifère, comme le prouve l'immunité conférée par le séjour en mer loin de toute émanation lellurique, ou sur des hauteurs entièrement soustraites à la zone de diffusion des miasmes des plaines insalubres.
Nous avons pu indiquer, mois par mois, dans tableau des fièvres int., p. 35), le nombre des soldais français malades aux
ÉVOLUTION ANNUELLE DES ÉPIDÉMIES. 457 hôpilaux militaires de Home, pendant les seize ans qu'a duré l'occupalion de celte ville (1849-1865). Chaque année, on voit ce chiffre des malades augmenter hrusquement à partir du mois de juillet, et décliner à partir du mois d'octobre.
Ce n'est pas seulement dans leur fréquence, c'est encore dans leurs formes et dans leurs types que les fièvres intermittentes sont en rapport mtime avec les saisons ; sur le littoral méditerranéen, par exemple, les types rémittents et continus n'apparaissent guère qu'au moment des grandes chaleurs, au mois de juillet et pendant la première quinzaine du mois d'août; ils signalent le début de la période épidémique; les fièvres quotidiennes, puis les tierces ne deviennent communes qu'à la fin d'août; et, de tous les types, le dernier à se produire est le type quarte n'apparaissant qu'en octobre et en novembre, époque où l'abaissement de la température met fin à cette période épidémique . Il en est de même des fièvres pernicieuses : les formes à réaction fébrile violente, comme la plupart desdehranteset comateuses, ou à symptômes gaslro-intestinaux très-intenses, comme les cholériques, sont plus fréquentes pendant lesmo.s dejuilletetd'août; celles, au contraire, où la tendance au collapsus est plus considérable, comme les cardialgiques, les icténques, les syncopales, se manifestent de préférence à la fin de l'épidémie annuelle, au moment où la température s'abaisse notablement.
3° Scorbut et typhus. Nous pourrions multiplier les exemples de maladies bées ainsi aux influences saisonnières, quoique dépendant, dune manière absolue et nécessaire, de facteurs morbides d'un ordre tout différent : tel, le scorbut revenant régulièrement dans les pays ou il est endémique, à l'époque qui correspond à l'épuiseiment des ressources alimentaires, au début de l'année - tel le typhus de guerre apparaissant surtout pendant l'hiver, pour s'éteindre : presque absolument pendant l'été. L'encombrement multiplie durant la saison froide, les miasmes typhigènes, en môme temps' que la réclusion plus complète d'un grand nombre d'individus augmente les occasions de contage.
A Londres, cependant, le typhus est plus également réparti, moins saisonnier même que la fièvre typhoïde (d); il en est de imeme de tous les pays où le typhus règne en permanence, où ses germes ne disparaissent jamais, et où le froid de l'hiver n'est pas nécessaire à la génération de son miasme .
4" Fièvre puerpérale. Certaines affeclions, dont la pathogénie repose avant tout sur l'inQuence des miasmes humains, Pont plus communes pendant la saison froide, absolument comme le typhus, en raison de la réclusion plus étroite, et des chances plus considérables d'infection et de contagion. Telle la fièvre puerpérale, dont une série de documents nous prouvera la prédominance, à Paris surtout, pendant les mois les plus froids.
5° Variole et fièvre typhoïde. Il est des affections plus communes dont l'apparition et la durée sont également en rapport avec les influences saisonnières, mais d'une façon moins absolue que pour plusieurs des maladies précédentes : telles la fièvre typhoïde et la variole, dont habituellement les épidémies présentent leur maximum à des époques déterminées de l'année, au moins dans nos pays, et dans les localités assez peuplées pour que ces affections y soient à peu près constamment représentées. Pour la fièvre typhoïde, c'est en automne qu'elle prédomine; a .trefois, on le sait, l'automne était l'époque de prédilection des fièvres putrides et bilieuses; le plus grand nombre de ces maladies a dû appartenir à la fièvre typhoïde, dont on ignorait alors les caractères anatomiques et la spécificité (1); d'autre part, il me suffira de donner ici comme preuve de sa prédominance encore actuelle en automne : 1° les résultats de la statistique médicale de notre armée, qui établissent que le troisième trimestre de l'année est habituellement le plus chargé de tous en décès par fièvre typhoïde ; 2° les rapports d'Ernest Besnier qui démontrent, d'une manière évidente et régulière, la recrudescence automnale de cette affection dans les hôpitaux civils de Paris ; 3° les relevés de Murchison conformes, pour l'Angleterre, à ceux de Marc d'Espine pour la Suisse, et prouvant également cette prédilection de la fièvre typhoïde pour la période automnale. Si en France, la mortalité du mois de septem-j bre représente quelquefois le maximum des coefficients mensuels (Voy. p. 414 et 415), la fièvre typhoïde y est certainement pour beaucoup (2).
Quant à la variole, c'est pendant l'hiver qu'elle atteint son maximum, et les faits modernes, conformes aux observations faites par Sydenham, confirment la loi en vertu de laquelle la mortalité annuelle par variole « abaissée au minimum pendant les mois de juin, juillet et août, se relève en septembre, suit une marche régulière-
(1) Voy. p. 197.
(2) Voir livre IV, Art. Fièvre typhoïde.
ment ascensionnelle pendant l'hiver, décline au printemps et arrive
au minimum en été. « (Ernest Besnier.)
Mais il faut bien noter que cette régularité d'évolution épidémique de la variole et de la fièvre typhoïde est loin d'être aussi abso-
ue que pour certaines affections mentionnées plus haut : choléra typhus des armées, fièvre jaune, etc. Elle est incontestable dans les grandes agglomérations urbaines où la fièvre typhoïde et la variole iZT P'^' permanence, à Paris, par exemple, et à
Londres. Mais que l'une ou l'autre de ces deux affections pénètre vZ. ! population moins considérables, et où elle ne
rTeurt . prédisposés par leur immunité anté-
Zlr^Mr'^l'^^ ^'^^P^°^^°" d« ^'épidémie
cett offrir, dans son augment ni son déclin,
cette lenteur progressive constatée dans les milieux où le mal est
nosTrandl; "'ZT ''''''' P°^"^ ^'^t^^^d^'e en
rouvefux 1) prédisposées, comme des régiments
Les affinités de ces maladies pour telle ou telle saison varient en e suivant les heux et les temps d'observation. Ainsi J. Frank rn 1 "T " ordinairement au printemps, augmente
en été pour diminuer en automne et disparaître vers l'hiver-TcUe
1820-21, à Vilna, où elle régnait par un froid de - le» Réaum.ir Marc d'Espine a constaté également le maximum de fr quTnce de cette maladie au printemps et en été fréquence
litél" faiÎ exTo!"' '^P'"''^ «^-"t- ^oca-
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aes preuves a 1 Art. Fzevre typhoïde livre IV); rappelons seulement
ant n ! H ' nous-même avons fait ressortir sa fréquence du
cant ces deux saisons dans l'armée française (2) Jlf ougeole. La rougeole offre, au moins sur le continent une
ZélJT u ^^PP^^'^^°" du catarrhe concomitant. Sur 00 ép émies, Hirsch a constaté que 31 avaient commencé en iiver, 31 au prmtemps, 13 en été, 25 en automne; en résumé,
(1) Voir livre IV, Art. Variole.
(2) Léon Colin, De la fièvre typhoïde dans l'armée. Paris, 1878.
plus des trois cinquièmes ont débuté en hiver et au printemps.
7" Coqueluche, diphl/iérie, oreillons. La coqueluche, la diphthérie, les oreillons semblent provoqués, au même titre, par les influences météoriques de l'hiver et du printemps.
8" Suette et méningite céréhro spinale. La suetle miliaire a plus d'affmité pour l'été ; nous verrons la moitié des épidémies de cette affection se manifester durant les trois mois les plus chauds de l'année. C'est l'inverse pour la méningite cérébro-spinale exclusive à la saison froide, mais d'une manière bien plus absolue.
9° Scarlatine. Il est peu d'affections exanthématiques aussi indifféremment répandues que la scarlatine sur les divers mois ; aux États-Unis, elle sévit depuis plusieurs années, aussi redoutable pendant les hivers si froids de ces régions que pendant la période estivale où le thermomètre s'élève parfois au delà de + 40°. Aux épidémies de Londres qui ont été meurtrières surtout en automne (1), on peut opposer les épidémies de Philadelphie de 1872, 1873, 1874, où le mal est tombé à son minim.um en cette saison (W. Ford).
10° Conclusions. Non-seulement la périodicité annuelle des maladies pestilentielles, telluriques, alimentaires, typhiques, éruptives, est un fait incontestable pour nombre d'entr'elles, et qm elabht leur dépendance étroite des influences saisonnières ; mais nous tirons parti de cette évidente connexité pour analyser la genèse d'autres affections d'une nature moins évidente; et c'est, par exeiE^ pie parce que nous voyons la raphanie, l'héméralopie, l'acrodynie apparaître à la période de l'année (hiver ou printemps) qui est la saison de prédilection de la maladie d'aUmentation par excellence : le scorbut, que nous inclinons à regarder ces maladies comme des maladies alimentaires.
On comprend que de pareilles déductions ne doivent être, cependant formulées qu'avec réserve. Aux arguments tirés de leur comcidence avec telle ou telle saison, il faut joindre d'autres preuves pour bien étabUr leur analogie pathogénique avec des espèces morbides mieux déterminées. Sinon, mieux vaut se borner a constater cette coïncidence ; l'histoire de la méningite cérébro-spinale nous prouve que cette affection a sévi, presque toujours, exclusivement pendant les hivers rigoureux; et pourtant, la genèse de celte maladie est encore trop obscure pour que l'on ait pu saisir son albnité avec les influences morbifiques de la saison froide.
(1) Tripe, Sanil. Review, juillet 1S57.
§ vu. — DEUXIÈME GROUPE : MALADIES SAISONNIÈnES PROPREMENT DITES OU MALADIES