‹ Traité des maladies épidémiquesChapitre 118 sur 195 · II. — AFFINITÉ RÉCIPROQUE DES MALADIES ÉPIDÉMIQUES · texte numérisé non relu

II. — AFFINITÉ RÉCIPROQUE DES MALADIES ÉPIDÉMIQUES

En acceptant l'existence de différentes constitutions médicales, nous avons admis celle de conditions communes favorables au développement simultané de plusieurs affections. De l'étude consacrée à cette question (2), il résulte déjà que diverses maladies offrent une connexité indéniable, que les fièvres éruptives,les oreillons, la diphlhérie, évolueront volontiers aux mêmes époques; la fièvre récurrente sera souvent satellite des épidémies de typhus; l'impaludisme et le scorbut prédisposeront à l'explosion de graves épidémies de pneumonie et de dysentérie ; la convalescence de certaines maladies aiguës prédisposera, elle aussi, à la pneumonie (p. 215); rien d'étrange alors à voir cette dernière affection coïncider avec des épidémies de maladies aiguës graves. En 1876, il y a eu dans l'armée française une mortalité exceptionnelle par pneumonie (p. Ul), et cette mortalité nous semble le résultat de la fréquence exceptionnelle, aussi en celle année, de la fièvre typhoïde chez nos soldats. Même affinité soit du typhus, soit de certaines maladies pestilentielles, peste ou choléra pour les populations antérieurement affaiblies par le scorbut et les fièvres intermittentes (p. 302).

Il ne nous répugne nullement d'admettre que la diathèse scorbutique, dont on a exagéré le rôle en lui attribuant les formes les plus

(1) Voy. livre IV, Art. Typhus.

(2) Voy. spécialement p. 194 à 214.

graves de variole et surtout la variole hémorrhagique (i), ait eu sa part dans le développement initial de maladies apparaissant à l'époque où le scorbut prenait son expansion la plus considérable, au quinzième et au seizième siècles; nous acceptons surtout cette influence à l'égard de la syphilis, dont les manifestations cutanées ont pu acquérir une intensité spéciale chez des scorbutiques, et à l'égard du typhus, dont le miasme générateur trouve des chances particulières d'élaboration dans les organismes dont les maladies alimentaires ont altéré les sécrétions (p. 125).

On a considéré certaines aflections comme liées à l'évolution de la grippe, et apparaissant plus spécialement aux diverses périodes de cette évolution. La grippe a été tellement commune en ce siècle qu'il a été presque toujours possible d'en constater la coexistence avec d'autres maladies populaires. Gomme maladies prémonitoires de l'épidémie grippale, on a cité la rougeole et la coqueluche, dont les symptômes thoraciques correspondent si bien aux constitutions catarrhales (pages 193 et 212). Comme maladies consécutives: la méningite, le croup, le choléra; la fréquence des deux premières dans les saisons et les climats froids peut expliquer leur coïncidence, en quelques circonstances fort rares, avec la grippe. Quant au choléra indien, la fréquence des épidémies de grippe leur a donné bien des chances de se rencontrer avec cette affection sans cependant que cette simultanéité ait été assez fréquente pour devenir l'indice d'une analogie étiologique.

Il est une autre affection qui offre avec le choléra des affinités plus considérables ; c'est la suette anglaise qu'on avait déjà comparée à la peste (p. 475). On a même émis l'hypothèse d'une identité de nature entre le fléau indien et la suette anglaise, véritable choléra cutané, a-t-on dit, entraînant par la peau une déperdition de liquide aussi abondante que les transsudations intestinales du vrai choléra, et produisant secondairement, comme celui-ci, des crampes, l'angoisse précordiale, la sensation de feu intérieur et de soif ardente, l'extinction de la voix, la cyanose, l'anurie, etc.

Il est certain qu'un groupe de symptômes similaires peut surgir en ces deux affections, sous l'influence de la soustraction, en chacune d'elles, d'une quantité considérable de sérosité. Mais, dans l'une comme dans l'autre, ces symptômes ne sont que la conséquence d'une atteinte préalable de l'organisme, atteinte bien différente en chaque cas: il n'existe aucune comparaison possible entre les phé-

(1) Voy. spécialement p. 197, 198.

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