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CHAPITRE VI

Nous avons établi (p. 180 et suiv.) l'importance des parasites comme cause des affections populaires, démontré leurs rapports avec les maladies d'alimentation, et avec les conditions d'hygiène dont la négligence constitue les principaux éléments de leur milieu épidémique. Nous ne parlerons ici que des affections parasitaires, susceptibles d'épidémicité, les unes endémiques, limitées à certains lieux, les autres cosmopolites, pouvant s'étendre aux diverses populations de la surface du globe (p. 272-273).

Étudiant, en ce chapitre, les maladies dont la genèse parasitaire est mise hors de doute, nous n'y comprendrons pas quelques affections où les travaux modernes ont démontré la présence et l'importance étiologique de certains parasites, diarrhée de Cochinchine, éléphanliasis des Ai^abes, sans nous autoriser à y voir toute la cause de la maladie (Voy. plus loin ch. ix. Endémies proprement dites).

taies sans assaisonnement, épidémie qui cessa au moment où l'on ajouta du lard à leurs aliments.. Dans les parages d'Amboine et des îles Moluques, il est, dit Baizeau, de croyance populaire que , l'héméralopie est déterminée par l'usage du riz cuit et mangé cliaud.

§ 1. — ÉPIZOAinES.

1° Gale. — La gale a élé considérée longtemps comme une affection en tout comparable aux maladies populaires, vu sa connexité avec les influences principales qui régissent ces maladies : localité, saison, constitution médicale, épidémicité.

Comme influence de localité, on notait sa fréquence exceptionnelle dans certaines régions, soit de l'Europe, comme la Bretagne, les Asturies, soit d'Afrique, comme le Sénégal.

Comme influence de saisons, on constatait sa prédominance pendant l'hiver, surtout quand le temps était pluvieux.

Gomme influence de constitution médicale, on insistait spécialement sur les rapports de la gale avec certaines affections telles que: 1* le typhus : à Naples, dans l'épidémie décrite par Sarcone, la gale se développait chez presque tous les malades, à la convalescence; à Dantzig en 1808, la gale envahissait également tous les malades admis aux hôpitaux pour typhus, etc. ; 2" les fièvres intermittentes, dont elle constituait même un mode particuher; 3" mais surtout avec les épidémies de fièvres éruptives, variole, rougeole et miliaire ; Huxham, Baglivi, Lepecq de la Clôture, ont en particulier insisté sur cette dernière connexité.

Il y avait même des éléments morbides antagonistes et certaines constitutions, la constitution scorbutique, par exemple, étaient réputées contraires au développement de la gale (1).

La gale enfin pouvait surgir, indépendante de toute autre affection régnante, sous la vague influence de l'épidémicité; Thiéry cite l'épidémie de gale, de Paris, en 1769, année pendant laquelle tous les gens du peuple en furent atteints; Huxham rapporte des faits analogues.

La gale était encore au commencement de ce siècle extrêmement commune dans les armées; les malades aux hôpitaux en étaient presque infailliblement atteints, et, vu l'ignorance d'une médication efficace et rapide, le séjour de ces malades, leur morbidité se prolongeait indéfiniment. I-a persistance damai entraînait en outre une aggravation de symptômes cutanés, aggravation marquée surtout dans les pays septentrionaux (p. 503). C'est ainsi que

(1) La plus grande partie des recrues qu'on transporta en Amérique, en 1778, gagnèrent la gale dès qu'ils furent embarqués ; mais, le scorbut étant survenu pendant la traversée, la gale se dissipa presque généralement (Scliœpfs, in Hufcland's Journal, t. VIII, st. 2, p. 43).

les hôpitaux ('e Francfort, de Mayencc, furent encombrés en 1813, et que cet eiK ombrement contribua pour sa part au développement et à la propagation du typhus.

On comprend pourquoi, de son côté, la gale apparaissait si fréquemment à la suite des affections qui dominaient dans ces hôpitaux, soit typhus, soit fièvres intermittentes, au point qu'on la considérait comme un phénomène critique de ces maladies; c'était grâce à l'infection plus complète, en ces périodes d'encombrement nosocomial, des fournitures de literie, dans lesquelles les malades trouvaient tant de germes parasitaires.

Sa prédominance chez les convalescents de fièvres éruptives, dépendait de l'état du derme dont les lésions constituent pour l'acarusdes conditions favorables de résidence.

La puissance de la tradition devait maintenir toutes les antiques opinions sur la gale môme assez longtemps après la découverte de la nature parasitaire de l'affection. On ne pouvait admettre que l'acarus fût autre chose que le simple résultat d'une affection générale, analogue à l'helminthiase (p. 181); on lui contestait tout rôle pathogénique (1).

Ce qu'on abandonnait difficilement surtout, c'était la pensée du rôle critique joué par la gale dans les affections les plus graves, rôle élevé à la hauteur d'une indication thérapeutique (2).

Grâce h l'emploi du traitement expédilif d'Helmerich, s'il y a encore, dans notre armée, des cas nombreux de gale, la durée de l'affection est extrêmement courte; les malades n'entrent plus aux hôpitaux dont ils sont sagement exclus, et ne figurent que momentanément aux infirmeries régimentaires; c'est au défaut de soin de propreté, qu'il faut attribuer le nombre encore considérable de galeux en quelques armées étrangères.

2° Chique. — Un autre épizoaire, le pulex pene(7'ans ou chique, est fréquemment observé dans les régions intra- et juxta- tropicales du nouveau monde; ce parasite est commun surtout dans les huttes où

(!) Suivant Gasc, la nieilleuro preuve pour établir que la gale est indépendante de l'acarus, ce sont les métastases qui peuvent se porter sur les poumons, c'est la fréquence de cette maladie dans certaines affections bien déiermiuées, fièvres éruptives, fièvres intermittentes, c'est la phtliisie, le rhumatisme, etc., que peut produire sa rétrocession, enfin c'est sa tendance à pai-aître épidémiquement.

(2) J'ai, dit Ramazzinl (Foy. Fuster, p. 154), toujours réussi à rétablir la santé en rappelant cette gale, et j'obtenais souvent son retour en faisant coucber le malade dans des draps qui avaient servi i\ des galeux; expédient proposé par Zacutus Lnsitanus, et recommandé par EttmuUer.

MALADIES PARASITAIRES. 74g

les Indiens vivent en commun avec leurs troupeaux ; pendant l'expé dition française du Mexique, plusieurs corps de troupes, qui avaient dû s'installer dans ces huttes, eurent de nombreux malades spécia lement un bataillon de zouaves dont 300 hommes, en une seule nuit furent ainsi atteints (1), ' Ce n'est pas seulement en vue de la gêne causée par la pénétration de la chique sous la peau des pieds que cette affection mérite de fixer l'attention des médecins d'armée; c'est en raison des accidents si graves de phagédénisme qui peuvent résulter de l'irritation causée par le parasite, et des tentatives faites pour son extraction (Voy. chap. VII, art. Phagédénisme des pays chauds).

§ n. — CESTOIDES.

1" Bothriocéphale . ~ Le bothriocéphale, fréquent en plusieurs localités riveraines des lacs de la Suisse, surtout à

ment de la Baltique, est presque inconnu dans les autres parties du monde ; en revanche il est très commun dans le domaine de son endemicité, atteignant le tiers, la moitié, et, suivant certaines allégations exagérées, la totalité des habitants.- La série de ses évolutions et même son mode de pénétration chez l'homme sont encore ort obscures ; si des faits nombreux démontrent le rôle de l'eau

œuf nént '''^ -'é^-^^lit que cet

œuf pénètre directement chez l'homme, ni la nature des transformations quil subirait préalablement en d'autres organismes (2).

2 Temas. ~ La genèse des ténias est actuellement beaucoup m eux déterminée, celle au moins des deux espèces suscept ble^

I neiiala ou ténia merme.

La distinction formellement établie aujourd'hui entre ces deux . espèces, la connaissance de leur origine respective ont fait dispa! .raitrela smgularité de certaines endémies. Alors qu'on n'accepTait êcomme cause de l'affection chez l'homme que l'aLrptioH ' ,

nZd °" ^'^^P''^"- féquLcedu té^ il

. en Algérie où le porcs ne sont pas plus souvent ladres qu'en France . sa fréquence même en ce pays chez les juifs, les musulmans qui né ■ consomment pas de cette viande ; même difhculté sur l'origine des

'•3't'iii;ï'x'!t r'" " "

(2) Davaine, Trailédes Enlozoaires et des malacUes vcrmineuxes, p. 92G-927.

ténias humains si communs en tant de pays, Brésil, Syrie, et surtout Abyssinie, où l'on ne fait usage que de viande de bœuf.

Aujourd'hui ces difficultés ont disparu, et l'on a reconnu que des deux espèces de ténia que nous étudions ici, la plus importante en palhologie humaine était celle qu'on regardait, il y a quelques années encore, comme la plus rare.

A. Ténia armé. — La géographie du ténia armé est, en effet, circonscrite, beaucoup plus circonscrite même que celle du cysticerque armé du porc dont cependant provient ce cestoïde. Les recherches modernes, notamment celle de Delpech (1), de Davaine (2), ont démontré combien est commune la ladrerie du porc, puisqu'on la rencontre à peu près en tous pays, combien elle est ancienne, puisqu'elle a été visée par certaines interdictions de la loi de Moïse, et que dès 1350 (3), les ordonnances royales témoignaient de la connaissance banale de sa lésion anatomique la plus constante, l'existence des vésicules sublinguales. Mais le ténia armé, qui en résulte pour l'homme, est, à la surface du monde, infiniment plus rare que le ténia inerrae. Ce n'est qu'en certaines villes de l'Europe (Dresde, Erlangen, Copenhague) que le nombre des ténias armés l'emporte, et de peu, sur celui des ténias inermes (4); sans doute cette prédominance locale tient à l'insuffisance relative de la cuisson, en Allemagne et en Danemark, de la viande de porc; il en est à cet égard du ténia armé comme de la trichine.

B. Ténia merme. — Non seulement il a été démontré qu'il existait chez le bœuf un cysticerque qui se transforme chez l'homme en ver rubané (S), et je me suis même demandé si ce cysticerque ne prove nait que du bœuf (6); mais c'est à cette espèce de ver, tœnia iner '

(1) Delpech, De la ladrerie chez le porc, in Ânn. d'hyg. publ. et de niéd. lég.

20 série, t. XXI, 1864, p. 62.

(2) Davaine, Traité des Eniozoaires, 2" édit., p. 6G8.

(3) Delpecli, loc. cit., p. 252.

(4) Davaine, loc. cit., p. 919. „ ,u ,j o- a

(5) La preuve a été fournie expérimentalement par Leuckart, Cobbold, Smionds, Laboulbène ; elle l'a été cliniquement par Talairach qui, à Beyrouth, a assisté à une véritable épidémie vermineuse à bord du Ducouedic : 19 hommes sur 152 ont été atteints; grâce à l'examen quotidien des pièces de bœufs destinées à la ration de l'équipage, Talairach a pu observer à la fois et pendant plusieurs mois le tœnia inermis sous ses deux formes : à l'état adulte chez les hommes de son équipage; U'état de cysticerque dans la viande dont ils se nourrissaient. \ oy. Jules Rochard, Note sur la fréquence du tœnia mediocanellata en Sgrie, in Bull.

^Totr'de 'nos'coilèguès de l'armée, Henné, insiste sur cette circonstance remarquable du développement du ténia inerme chez lui-môme et chez un de ses

mis

MALADIES PARASITAIRES. 747 OU mediocanellata que reviennent la plupart des endémies attribuées au lénia armé. Presque partout s'établit chaque jour la prédominance du ténia inerme (1), prédominance qui existait auparavant déjà, mais qu'on méconnaissait (2). C'est même à cette espèce de ténia qu'appartiennent certaines formes anormales dont j'ai récemment présenté un type à la Société médicale des hôpitaux, en proposant le nom de taenia fusa ou continua (3).

commensaux, alors que, mangeant très- rarement du bœuf, et seulement du bœuf bouilli, par conséquent débarrassé de tout germe dangereux, ils faisaient une consommation journalière de viande de sanglier à peine cuite. Il semblerait donc que 1 espèce porcine est apte au développement du cysticerque du tœnia mediocanellata, et, en tout cas, de nouvelles recherches sont nécessaires à cet égard Je ne sa,s même s'il ne faut demander nul compte de la fréquence de cet helminthe à 1 usage s. répandu, en Algérie et dans le midi de la France, de la viande de mouton, fréquemment donnée aussi, à l'état cru, à certains malades de nos Cil nici ts>

(1) Soit en Russie où Knoch a trouvé dans les muscles du bœuf autant de cysticerques inermes qu'il avait trouvé de cysticerques armés chez le porc; soit en Algérie, ou J. Arnould et Cauvet ont découvert également le cysticerque du bœuf ou les observations e Vidal et de Henné ont démontré l'extiême prédominance àn tœmamedrocanellata chez l'homme; soit en Syrie, où Suquet reconnaissait d ja, Il y a des années, la fréquence de ce ténia si bien établie de nouveau par InZTl ^l^'^-r^^ précédente, note 5); soit aux Indes, enfin, où le système mus-

et Léon r n"V" "r"* cysticerques ( Voy. Davaine, loc. cit.,

et Léon Colin, Du tœma dans l'armée. Paris, 1876)

(2) Il me souvient qu'en 1S6I, à l'époque où j'étais chargé de faire des conféeTTe I u?rr"V'''":'" Val-de-Grâce, j'obtins l'expulsion d'un tél c -

c nstanop \ T '=°»férences, et je voulus profiter de cette cii-

ri exame 'de la t5 " "'"7""^ "^^^^^'S^'--' je ne pus cependant constater, Pnm r , , ' '^"^ P''^'^"''' ventouses; il y avait absence

compile de la couronne de crochets, et je crus à sa dispariti n, à sa caducité Ce . téma provenait de Syrie ; c'était la première fois que j'observais le tœnilZer'n^"- . observation qui, depuis, s'est renouvelée maintes flis sous mes yeux -"e t quï: ' I depuis cette époque, notre attention à tous a été éveillée par Tvu ^a at on d^^^^

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a. Répartition géographique du ténia inerme. — Son étude dans les différenles armées nous a permis d'en déterminer la fréquence en certains pays éloignés, où l'on soupçonne à peine son endémicité vu l'indifférence des indigènes qui regardent la présence du parasite comme une garantie de santé; elle nous a permis également de formuler des conclusions sur les motifs de son apparition plus commune aujourd'hui dans les pays civilisés.

De cette étude ressortent d'abord l'extrême rareté du ténia dans les armées en Europe, et sa grande fréquence hors de celte partie du monde, surtout en Afrique et en Asie. Nous en avons donné la preuve pour les armées égyptienne, anglaise et hollandaise (1).

Quant à l'armée française, elle a été atteinte rarement de cet helminthe, soit en France même, soit dans ses campagnes en Europe. Les anciennes guerres d'Espagne, d'Allemagne, de Russie, comme les guerres plus modernes de Crimée et d'Italie, n'ont occasionné aucun développement notable, épidémique, de cette affection parasitaire.

C'est dans les autres parties du monde que nos soldats en ont été surtout atteints, mais à un degré de fréquence différent pour chacune d'elles. Ainsi les campagnes dans le nouveau monde n'en ont pas entraîné un nombre bien considérable de cas, et l'on peut dire, par exemple, d'après ce qui s'est passé dans notre armée, que le ténia n'est pas commun au Mexique (2).

(1) Les médecins militaires égyptiens ont constaté combien était commun le ver solitaire dans les troupes de leur nation, spécialement chez les soldats d'origine abyssinienne, qui ne font, du reste, que partager h cet égard la réceptivité de la population civile de ce pays.

Ici, comme pour tant d'endémies, l'armée anglaise nous donne, grâce à la diversité et au nombre de ses garnisons réparties sur tant de points du globe, la possibilité de comparer la fréquence de ces helminthes, dans les Indes-Orientales, à leur extrême rareté dans les garnisons de la Grande-Bretagne. Tandis que, dans ces derniers postes, il y a un chiffre minime, presque nul, d'atteintes chaque année, les troupes de l'Inde en présentent une quantité inouïe dans nos climats. Balfour dit avoir fréquemment observé le ver solitaire, à Londres môme, chez les orphelins venus de Ceylan ; Gordon dit qn'k Peichaver, ville du Penjaub, il suffit de deux ans de séjour dans les régiments anglais pour qu'un homme, sur trois en Boit atteint. 11 en est de même dans les possessions hollandaises, voisines de 1 In-

(2) Suivant les renseignements que nous devons à nos colU-gues de 1 armée expéditionnaire, il semble qu'assez fréquent dans un nombre fort restreint de focaU és, il n'existe pas en d'autres; telle est la déduction que je crois pouvo r t^^e de observations de Coindet. qui. d'après son livre, semble n'avoir rencontré.

Nous ne prétendons pas d'ailleurs, d'après les seules observations recueillies au Mexique, estimer l'importance du rôle du ténia sur tout le continent américain, où il est très-commun en certaines régions, notamment au Brésil.

Les atteintes de ténia ont été bien plus fréquentes pendant les campagnes de l'armée française en Asie et en Afrique.

1° Pour l'Asie, nous en avons des preuves nombreuses. C'est ainsi que, durant l'expédition de Chine (1861-62), beaucoup d'officiers et de soldats ont été atteints; j'ai soigné, pour mon compte, au Valde-Grâce, nombre de malades revenant de cette expédition et y ayant contracté le ver solitaire.

Les cas de ténia varient, ici aussi, au point de vue de leur nombre, suivant les lieux occupés, soit en Chine môme, soit dans toute l'Asie, par les postes militaires ; cette inégalité est démontrée tout d'abord par l'armée britannique, où le ténia domine dans la région nord-ouest de l'empire des Indes, et plus particulièrement dans le Penjaub, tandis que les atteintes sont infmiment moins communes au sud et à l'est, notamment dans la province de Calcutta.

Cette diminution de fréquence, à mesure que l'on se rapproche des limites sud-est du continent asiatique, semble confirmée par la rareté relative du ténia dans l'armée française en Cochinchine, où, pendant deux ans (1861-1862), sur un effectif moyen de 2,300 hommes, un seul malade est entré aux hôpitaux atteint de ténia (1). Au Val-de-Grâce, où nous recevons nombre de malades atteints de diarrhée en Cochinchine, diarrhée souvent traitée par la viande crue, nous n'avons pas observé de ténias chez ces malades.

11 ne faut pas s'exagérer cependant, ni surtout considérer comme une loi, cette rareté relative du ténia à mesure qu'on se rapproche des régions lés plus méridionales de l'Asie. Des observations ultérieures ont amené d'autres résultats (2). La banalité de cet hel-

au Mexique, qu'un seul cas de ténia, et des communications qu'ont bien voulu mo faire Libermann et Poucet (de Cluny). Mon savant collègue, Fuzier, qui, pendant cinq ans, a été médecin en chef de l'hôpital militaire de Vera^Cruz, m'a dit n'y avoir constaté aucun cas de ténia indigène; mais, en revanche, un grand nombre de cestoides d origine abyssienno importés par le bataillon noir égyptien attaché à notre armée. Tous les hommes presque de ce bataillon en étaient atteints, mais atteints avant leur arrivée dans le nouveau monde.

(1) Didiot, Relation médico-chirurgicale de la campagne de Cochinchine en 18GI-1862, in Recueil de Mémoires de méd. milit., t. XIV, 3= série.

(?.) Celles, entr'autres, de Talairach, si compétent en cette question, et qui

minthe à Ceylan et dans les colonies hollandaises de Sumatra et de Javaprouveson apliludeauxinflucnces climatiques les plus extrêmes.

Mais c'est surtout pendant la campagne de Syrie que l'armée française a été le plus atteinte, je dirais presque infestée, de ténias. On sait que cette campagne n'a duré que quelques mois, et que l'effectif de notre corps expéditionnaire ne comprenait que cinq à six mille hommes. Or, la contamination a été si rapide et si générale, que, dans certains corps, le chiffre des soldats soignés pour le ver solitaire a dépassé le dixième de l'effectif de ces corps, témoin un bataillon de zouaves, dans lequel 50 soldats et 4 officiers furent traités en Syrie même, sans compter, dit le médecin du corps, M. Denoyer, un assez grand nombre d'autres que f ai traités ou envoyés dans les hôpitaux depuis noire 7'entrée en Afrique.

D'après une évaluation, que je crois très modérée (l)on pourrait dire qu'il faudrait près d'un siècle à notre armée de l'intérieur, avec un effectif moyen de 300,000 hommes, pour présenter autant de cas de ver solitaire que n'en ont contractés, en quelques mois, les 6,000 hommes envoyés en Syrie.

2° Pour l'Afrique, je commencerai par rappeler combien est commune cette affection dans nos postes du Sénégal, d'où nous est revenu, depuis vingt ans, au Val-de-Grâce, un nombre relativement élevé de soldats et de marins atteints après quelques mois de séjour dans ces postes. Aussi le ténia occupe-t-il une place notable dans les relevés statistiques de Bérenger-Féraud (2).

Sa fréquence, d'autre part, dans notre colonie algérienne, fréquence sur laquelle Boudin surtout avait attiré l'attention, engagea, il y a vingt-cinq ans, le Conseil de santé des armées à faire une enquête pour en déterminer le degré. Dans un rapport, qui fut la conclusion de cette enquête, Judas établissait que, de 1846 à 1851, il y avait eu en tout 7 cas de ténia dans nos garnisons de l'intérieur et chez des militaires qui n'avaient jamais été en Algérie, tandis que, durant cette même période, il yen avait eu 184 cas, soit en

pendant un séjour de trois ans en Cocliincliine, a pu constater que le ténia y est aujourd'hui fréquent (Communication écrite).

(1) Le nombre dos seuls cas dont quelques médecins de régiment ont fourni la relation au Conseil de santé (Voir Rec. de Mém. de méd. milil., 3« série, 18r.2, t. VII), pendant l'expédition de Syrie ou au retour de cette expédition, s'élève à 133.

On peut, sans exagération, estimer au moins au double de ce chiffre le nombre total des ténias contractés en Syrie par l'ensemble du corps expéditionnaire-, dans mon seul service du Val-de-Grâce, j'en ai traité une dizaine de cas.

(■2) Bérenger-Féraud, Traité clinique des maladies des Européens au Sénégal.

Algérie même, soit chez des militaires ayant séjourné dans cette colonie. D'après ces chiffres, et en tenant compte de la différence des effectifs séjournant en France et en Algérie, on pourrait dire qu'il y a cent fois plus de chance de contracter la maladie en Algérie qu'en France (1).

J'ai continué cette enquête pour la période comprise entre 1831 et 1873, et dans une communication faite à la Société médicale des hôpitaux (discussion sur le ténia, 1875), j'ai démontré que, durant cette période, presque tous les cas de ténia observés dans notre armée en France étaient de provenance exotique, et avaient été contractés surtout en Algérie (2).

b. Conclusions géographiques. — Cette inégalité de fréquence du ténia dans les armées, suivant les régions qu'elles occupent, a une valeur considérable en géographie médicale. Si, en effet, aux faits observés en Algérie, nous joignons ceux qui établissent la fréquence du ver sohtaire, d'une part, dans l'armée égyptienne; d'autre part, dans les armées anglaise et française sur la côte occidentale dAfrique nous voyons l'endéraicité du ténia inerme, en cette partie du' monde, affirmée par l'atteinte des garnisons qui en occupent des régions extrêmes ; absolument comme l'atteinte des troupes françaises en Syrie, en Chine, des troupes anglaises et hollandaises aux Indes-Occidentales, correspond à son endémicité dans toute l'Asie En France, au contraire, il est tellement rare dans l'armée qu'il arrive à figurer à peine dans les hôpitaux militaires de l'intérieur en dehors des périodes qui ont correspondu aux expéditions dé Syrie, de Chine et du Mexique ; les guerres intérieures de l'Europe en font surgir peu de cas ; et c'est en grande partie à nos garnisons de l'Algérie et du Sénégal que l'on peut rattacher l'origine de ceux qui se manifestent en France dans les hôpitaux de l'armée (3).

(1) Et qu'on note bien qu'on ne peut objecter à cette enquête la probabilité de I importation, en Algérie, de ténias qui auraient été préalablement contractés en France. Comme nous le rappellerons plus loin, l'extrême fréquence du ver solitaire dans la population indigène de notre colonie prouve qu'il y a bien Ik un milieu nouveau où, conformément à la proportion sus énoncée, centuplent au moins les chances de contracter le ténia. Mais, en outre. Judas a pris so n de déterminer d'une manière assez précise la date d'apparition des symptômes die

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ment et la première manifestation pathologique, il s'était écoulé une période assez longue pour exclure toute idée d'importation du ver de France en Algérie

(2) La preuve la plus imposante do l'endémicité du ténia en Afrique est établie par Vual qu., dans le seul hôpital de Constantine, en a, dans une période de trente ans, observé 233 cas, dont 197 chez nos soldats.

(3) Pour moi, cette provenance est tellement la règle, que, sans nier la possi

Ce n'est guère que dans certaines garnisons du midi de la France, garnisons voisines du littoral méditerranéen, à Celle notamment, que le soldat se trouvera, comme l'habitant du reste, exposé à des chances plus nombreuses de contracter sur place le ver solitaire.

c. Motifs de cette 7'éparlùion. — Celle répartition géographique est surtout une question d'hygiène : nous avons dit (p. 183-184), combien la reproduction des parasites à génération alternante était facile dans les pays où l'homme et l'animal vivent en commun ; les atteintes sont nombreuses chez le soldat en campagne, non-seulement parce qu'il peut être appelé en des pays où la ladrerie du bœuf est fréquente, mais encore parce qu'en ces pays il y a plus de promiscuité entre lui et les animaux infectés. Dans les tribus, les camps, et les villes mal approvisionnées d'eau, où les fontaines et les citernes se tarissent en été, les animaux boivent à des ruisseaux souillés par des matières fécales que rien n'isole, et qui renferment des milliers d'anneaux et d'oeufs de cesloïdes (1). Durant les marches, régiments, troupeaux, caravanes, n'ont, pour se désaltérer, que, l'eau de quelques mares au voisinage desquelles, pendant les temps d'arrêt, hommes et animaux déposent leurs excréments.

Tout, en ces pays, favorise l'ingestion des œufs de ténia par les animaux. Pour Thomme également, nouspensons que le danger ne vient pas seulement de la consommation des viandes renfermant des cysti-

bilité du ténia contracté par un soldat en France, j'éprouve immédiatement quelque doute, et je songe à la simulation lorsqu'un malade, se disant atteint du ver solitaire, m'affirme ne pas être sorti de France. Le doute peut même persister quand l'intéressé nous montre le corps du délit, sous forme de cucurbitins, parfaitement conformés, du reste, et . qu'il prétend rendre de temps à autre. J'ai cité h cet égard un fait de simulation dans mes études cliniques de médecine militaire, et consigné l'histoire d'un soldat qui avait apporté à l'hôpital, dans un flacon, des fragments destinés à figurer successivement sous mes yeux. (Léon Colin, Études cliniques de méd. miHt., p. 294.)

A Paris même, je n'ai vu, pour mon compte, depuis 1872, que deux militaires atteints de ténia inerme : l'un venait d'Algérie, l'autre n'avait pas quitté la France, où on lui avait conseillé l'usage de la viande crue contre l'affection de poitrine qui motivait son entrée au Val-de-Grâce.

(1) Celte abondance de parasites intestinaux, que nous ayons personnellement constatée en Algérie chez les espèces animales les plus différentes, nos collègues de l'expédition de Syrie l'ont également mentionnée dans leurs relations : « Dans les villes, le long des murailles, aux bords des chemins, fréquemment on voit des paquets d'anneaux de ténia au milieu des matières fécales qui ont été déposées soit par des hommes, soit par des animaux. » (Desmorcts, Note sur U cas d'expulsion de tœnia, et sur la cause de l'endémie de ce parasite en Syrie, in Rec. de Mém. de méd. milit., 18G2, 3' série, t. YII, p. 421.)

cergues ; nous admettons qu'il peut prendre le germe du ténia inerme dans l'eau qu'il boit. Aucun fait, nous le reconnaissons, ne permet d'affirmer que l'œuf du ténia, absorbé en boisson, puisse subir, dans l'organisme humain, les deux phases d'évolution • A. enkystementde l'embryon hexacanthe ; B. évolution hydatique* qui précèdent indispensablement son développement en lénia complet.

Mais dans les pays, où les cadavres et les restes des animaux sont fréquemment abandonnés à l'air libre, non seulement les eaux peuvent se charger d'œufs; elles se chargent encore de débris renfermant des cyslicerques provenant de divers animaux, et la larve cyslique du ténia inerme peut ainsi être ingérée au moment opportun pour sa transformation en cestoïde.

Le danger par les boissons est certainement plus aléatoire, que par la consommation de chair de boeufs atteints de ladrerie • à preuve la rareté du ténia, même chez ceux qui boivent l'eau' la plus suspecte, si ces individus ne font absolument pas usage de viande. Les m(ermittences d'atteintes du ténia en Abyssinie, suivant qu on passe du régime animal au végétal, sont une des meilleures preuves de l'innocuité fréquente de ces eaux à l'égard de 1 atlection vermmeuse qui nous occupe.

d. Variations géographiques du téma merme. - La géographie c^u tenia merme est astreinte à des variations rapides ou lentes : ra pides dans les pays sauvages dont les populations mobiles importent avec e les en quelque lieu jusque-là préservé, les germes parasi, aires don elles sont atteintes (1) ; lentes, en cas de modification graduelle de certains usages alimentaires qui auparavant préservaient une population aujourd'hui atteinte (p. 472-473) Nous Pn .trouvons la preuve en comparant encore l'armée à la population

A Paris nous remarquons chez l'habitant, comme le prouvent es faits récemment exposés à la Société des Hôpitaux (2), une oaugmenlation mcontestable de la fréquence du tœnia solium, kbrs 'ique, dans la population militaire de la capitale, il demeure auss

rsYansrsr^"'.'^:"^" - 'e?

r^pas dans les éléments habituels de l'hygiène, dans la nature du sol,

Jî\e'raLt"i'"sinV'f ^'-'^^ «^«^ S^-»^--' '-«foulée en ,857 7^4.; ; f ' ^ le ténia (Voy. Béren ger-Féraud

(2) Voy. Bulletins de la Soc. mécl. des hôp. de Paris, et uZn Jéd., 1875-7C Léon Colin. — Mal. épidém.

la qualité des eaux de consommation, dans les influences si souvent incriminées de l'humidité atmosphérique comme principal agent des anciennes épidémies vermineuses, influences dont le soldat éprouve sa part, comme les autres habitants de Paris, qu'il faut chercher la cause de cette différence ; il faut en demander bien plutôt la raison à ce que le régime du soldat n'a pas changé au point de vue de la nature et de la cuisson des ahments, tandis que l'habitude des viandes crues ou peu cuites a pris chaque jour plus d'extension dans la population civile.

Si le régime du soldat avait varié parallèlement à celui de la population, nul doute que le ténia ne serait plus commun dans notre armée à l'intérieur. Nous ferions sans doute alors des observations analogues à celles qu'Aubert faisait sur lui-même et sur ses compagnons de voyage en Abyssinie, contractant comme lui le ténia à volonté, à la condition d'adopter les coutumes alimentaires du pays, l'usage de la viande crue de bœuf {\).

La différence qui existe entre les soldats et les habitants civils des garnisons de l'intérieur, au point de vue de la fréquence du ténia, est donc une question de différence d'alimentation.

Le cas unique que j'ai vu se développer originellement en France dans l'armée, depuis trois ans, à la suite de l'usage de la viande crue (p. 751 note 3), n'est-il pas une excellente démonstration de la proposition précédente?

3° Hydatides. — Rares en Asie, en Amérique et en Afrique, les hydatides sont communes en Allemagne, en Angleterre; en Islande, elles constituent une endémie dont on s'est peut-être exagéré les proportions (2). Nous en avons recherché la raison dans les circonstances antihygiéniques favorables à l'accomplissement des phrases d'une génération alternante , et surtout à la promiscuité des habitants de ce pays avec leurs troupeaux (p. 184) ; provenant du tœnia echinococcus du chien, on comprend que les hydatides soient plus communes chez les bergers.

L'Australie seule peut être comparée à l'Islande sous ce rapport.

§ m. — NÉMATOiDES.

' 1» Ascarides. — La fréquence des ascarides lombricoïdes a

(1) Aubert, Mémoire sur les substances anlhelminthiques usitées en Abyssinie, in Mim. l'Acad. de méd., t. IX, 1841, p. 698.

(2) Il y aurait une atteinte sur 5 ou G habitants suivant Schleisnor et GuerauU ; I sur 33 seulement suivant Finsen; Davaine, loc. cit., p. 389 et suiv.

MALADIES PARASITAIRES. 7gvalu à nombre d'affections le nom d'épidémies vermineuses La variété môme des maladies dans le cours desquelles fut con statée la présence de ces helminthes prouve leur indépendance de ces formes morbides ; ils ont été rencontrés spécialement dans les épidémies suivantes ;

Épidémie de dysenterie de l'armée danoise, 1679 (Paul Brand).

~" ~ — suédoise, 1743 (Rosen).

* -j" . , „ ~ ~- anglaise, 1743 (J. Pringle).

Epidémie de ûèvre typhoïde - française à Gôttingue, 1760 (Rœderer et

Wagler).

. . , . ^ , ?" ~ — à Naples, 1706.

. Epidémie de méningite cérébro-spinale de la garnison de Versailles, 1839 (Faure).

,. A ces faits, on peut joindre toutes les autres épidémies vermineuses du dix-huitième siècle signalées par Davaine (1)

L'affinité de l'helminthe pour les armées en campagne tient sans doute à 1 usage, en boisson, d'une eau moins pure que celle que consomme le soldat en garnison ; c'est la même raison, la souillure de I eau de consommation par divers produits organiques, et en particulier par les infiltrations de matières fécales qui Explique, du reste, sa prédominance chez les habitants des campagnes (Davaine)

Les progrès de l'hygiène bromatologique ont singulièremeni tempérés ' ""'^'^^'^ vermineuses dans les climats

Les atteintes, encore fréquentes aujourd'hui, des populations des climats intertropicaux, notamment des nègres chez qui de convulsions mortelles sont souvent entraînées par la présence de masses énormes d'ascarides lombricoïdes dans l'intesUn, tiennent moins à des conditions de réceptivité de race qu'aux déplorables conditions d'hygiène bromatologique imposées'encore à"! plades arriérées. ^

2» Fïlaire de Médine, dragonneau. - Bien moins cosmopolite que 1 as ande lombncoïde, etpresque spéciale à la zone intertropicale la filaire de Médine est cependant plus répandue qu'on ne l'adme; en généra,. II y a même, hors de la zone précédente des 1 alU ou 1 affection qui en résulte est très-commune; te le Boukhara

Observée sur une grande surface de l'Afrique et de l'Asie, des (1) Davaine, Traité des entozoaires, p. 855.

travaux récents démontrent sa fréquence en diverses régions du nouveau monde, non-seulement dans l'île de Curaçao, où elle est endémique depuis longtemps, mais dans tout le groupe des Antilles. Nous acceptons parfaitement son importation, en ces diverses localités du nouveau monde, par les esclaves amenés de la côle d'Afrique, de même que les nègres abyssiniens paraissent l'avoir introduite fréquemment en Égypte.

Elle a occasionné de véritables épidémies aux Indes orientales sur des régiments anglais (Morehead, Mac Gregor), et au sud de l'Egypte où en 1820 elle atteignit le quart des soldats d'une colonne expéditionnaire dans le Cordofan (1). Un des points du globe où le parasite est le plus commun, c'est la côle occidentale d'Afrique, notamment la station anglaise du cap Goast-Gastle (Gôle-d'Or de Guinée) ; d'après Paikes, le chiffre annuel des atteintes, sur 1 ,000 hommes d'effectif, aurait été en cette station de : 246 en 1860, 285 en 1861, 115 en 1862.

En raison de la lenteur du développement de la filaire, il existe, chez les individus atteints de ce parasite, une période latente, de plusieurs mois, parfois déplus d'un an; ensorte que, dans un régiment, l'explosion des accidents se manifestera parfois à une distance considérable du lieu où les germes ont pénétré ; chez des troupes anglaises, parties de l'Inde, le mal ne s'est révélé qu'à Sainte-Hélène.

Les pays où la filaire se développe présentent ce caractère commun d'être ou marécageux, ou sujets à des inondations, d'où quelquefois des épidémies aussi accidentelles que ces inondations, et frappant surtout les troupes indigènes, beaucoup moins protégées, contre la pénétration du parasite, que les soldats européens (2).

30 Trichine. — L'histoire médicale de la trichinose ne date que de 1860, et de 1860 à 1866 on comptait, en Allemagne seulement, plus de 26 épidémies dont quelques-unes, par leur léthalité, atteignent le niveau des épidémies locales les plus redoutables (3). Celte masse

(1) Davaine, loc. cit., p. 797.

(2) On sait que le parasite, avant sa pénétration dans l'organisme, est extrêmement mince, n'offrant qu'un diamètre d'un dixième de millimètre, d'où possibilité de sa pénétration à travers les tubes des glandes sudoripares, chez les personnes marchant pieds nus, sur ces surfaces marécageuses ou inondées. Naturellemei/t cette pénétration a lieu presque exclusivement à travers la peau des pieds et des iambes i9 fois sur 10 environ, d'après Davaine); on comprend dès lors que le ver soit plus commun chez les troupes indigènes de l'Angleterre, aux Indes et sur la côte occidentale d'Afrique, vu l'absence ou l'insuffisance de leur chaussure.

t3) Telle l'épidémie d'Hedersleben, où, sur 350 cas, il y a eu 100 décès.

de faits en aussi peu de temps, donne à penser que la trichinose •est une maladie plus ancienne qu'elle ne le paraît, et que sans doute, sous les noms de fièvres bilieuses, putrides, typhoïdes etc ■bien des épidémies de ce genre s'étaient déjà manifestées. '

Si, de nos jours, elle a paru surtout commune en Allemagne ce n'est pas seulement que l'infection trichinale du porc y soit spécialement fréquente, c'est qu'on a su l'y reconnaître chez l'homme plus tôt que dans les autres pays. Qui sait s'il ne s'en est pas manifesté en bien d'autres régions, au cœur même de la France soit à Pans, soit aux environs ? Grâce à l'intervention de notre savant confrère Laboulbène, quelques cas authentiques ont été récemment constatés (juillet 1878) à Crespy-en-Valois, et cependant

I on vivait dans la confiance que jamais l'affection ne pénétrerait en notre pays, bien que Legros et Goujon aient observé, il y a plus de dix ans, la présence de trichine dans les rats d'égout de Paris.

II faut que les médecins français se familiarisent davantage avec 1 étude de ces entozoaires chez l'homme et les animaux

Malgré la connaissance de la cause du mal, l'avenir de cette question est encore menaçant. De nombreux cas sporadiques se sont manifestés en Angleterre, aux États-Unis, et môme en Italie de plus, les manifestations épidémiques de l'affection sont elles' mêmes en voie d expansion géographique : De son foyer principal la Saxe où tous les ans on en observe des cas, la trichinose a rayonné vers TEst par les garnisons allemandes et l'importation de leurs coutumes alimentaires ; en 1877, une petite épidémie a sévi sur la garnison prussienne de Thionville, prouvant son origine par 1 immumté absolue de la population civile

Ici les dangers sont multiples et spéciaux. En effet, si la chair de porc est à peu près la seule viande de boucherie usceptibll de transmettre ces parasites à l'homme, elle en renferme un si grand nombre, qu'en aucune autre maladie vermineuse, la quan Ué ^des germes n'est aussi considérable (1); les chanc; d'infect an ! fr;. elles-mêmes augmentées par l'ap itde

I Zes es' fond , f '''''''' ^"^^^"«^ ^"^^^^^^^^ ^ l'action lême t a ilé^r '''"^'^'"^"^^ atmosphérique, à l'action même de la putréfaction, maintient le danger après la mort des animaux, d'où la ténacité du mal en certaines localités.

Les chances de trichinose humaine augmentent, comme pour le ténia, parallèlement à l'usage alimentaire de viandes peu cuites, de viandes saignantes. Les expériences de Fjord et Krabbé (1) ont prouvé que les Irichines mouraient à 54», quand celte température est soutenue pendant quinze minutes; les recherches de ces expérimentateurs, celles de Kûchenmeister, de G. Colin, de Vallin, ont établi combien les résultats thermiques de la cuisson sont inégalement répartis dans les viandes rapidement rôties, et combien il y a de chances pour que, dans un morceau même peu volumineux, certaines parties, surtout centrales, ne subissent point la température voulue pour la destruction de ces parasites.

4° Ankylosfome duodénal. — Nous avons dit (p. 272, 273), les rapports que des faits relativement récents semblent indiquer entre ce parasite et l'anémie intertropicale, et la nécessité de nouvelles observations pour en affirmer la constance. Jusqu'à ce jour, en effet, ce n'est guère qu'en Égypte que l'on a constaté la fréquence épidémique de l'ankylostome, rencontré par Griesinger dans presque toutes les autopsies pratiquées au Caire, et considéré par lui comme point de départ de la chlorose égyptienne. En Europe, il n'a été observé qu'à Milan et à Vienne (un seul cas en cette dernière ville) (2).

§ IV. — HÉMATOZOAIRES.

L'étude des hématozoaires est en voie d'évolution scientifique ; elle soulève aujourd'hui des questions d'un ordre bien plus général que celle de l'hématurie qui en a été le point de départ.

L'origine de celte dernière affection est actuellement rapportée à deux helminthes différents, l'un produisant surtout le pissement de sang, l'autre la chylurie.

A. Le premier. Distome Hématobie, Bilharza, existe surtout en Egypte, tellement commun au Caire que, sur 363 autopsies, Griesinger l'aurait rencontré 117 fois ; on l'a trouvé, mais plus rare, au Cap de Bonne-Espérance, à Maurice et à la Réunion. Si son mode de transmission à l'homme est encore peu connu, il n'en est pas de même de ses caractères anatomiques qui sont parfaitement déterminés, et de son influence pathogénique (calculs vésicaux, hématurie, accidents dysentériformes) (3).

B. Le second, filaire embryonnaire de Wucherer, filaria sangui-

(1) Davaine, Traité des entozoaires, p. 761.

(2) Id. ibid.

(3) Id., p. 318 et 940.

nis, offre une dissémination géographique bien plus considérable et comprenant : le Brésil, les Antilles, l'Australie, dévastes régions de l'Asie, notamment les Indes et la Chine, où récemment Patrick Mansen a constaté sa présence chez le dixième des individus examinés. Son identité, en tous ces lieux, est probable d'après le contrôle réciproque des observations recueillies dans les régions les plus éloignées les unes des autres ; cette identité semble consacrée par la découverte du ver adulte, du progéniteur, d'où procéderaient toutes ces Pilaires embryonnaires, découverte récemment faite en Australie par Bancroft.

Ce serait là, suivant P. Mansen, un véritable parasite à génération alternante, l'embryon renfermé dans le sang humain trouvant ses conditions d'évolution dans l'organisme de certains moustiques : une fois à l'état adulte {ftlaria Bancrofcii), il aurait pour habitat les eaux où les moustiques sont venus mourir, et pénétrerait chez l'homme soit par ingestion, soit directement, comme la fîlaire de Médina (p. 756, note 2), à travers la peau (1).

Son rôle pathogénique ne semble pas se limiter à la production de l'hématurie chyleuse. Le nombre des affections durant lesquelles on Ta constaté est considérable ; mais il a été rencontré surtout dans le sang des individus atteints d'éléphantiasis des jambes et du scrotum, dans les épanchements séreux ou lactescents qui se forment sous la peau de ces individus, dans le liquide des hydrocèles si communs dans les régions intertropicales, alors même que ces hydrocèles sont indépendants d'autres manifestations éléphantiasiques ; on l'aurait même trouvé chez deux malades atteints de béribéri. Enfin O'Neill l'aurait rencontré chez des nègres atteints d'une dermatose spéciale à la Gôte-d'Or de Guinée, et vulgairement connue sous le nom de craw-craw. '

La pathogénie des affections qu'il produit est difficile à préciser. Dans les deux maladies où il intervient le plus fréquemment, dans l'hématurie (p. oH) et l'éléphantiasis des Arabes (Voyez plus loin), les lésions résulteraient de l'accumulation des embryons dans le réseau lympatbique soit sous-cutané, soit rénal, d'où rupture de

(1) Nous ne saurions trop instamment recommander aux lecteurs les savants articles consacrés à cette question par les rédacteurs des Archives de médecine navale; non seulement elle a été l'objet de recherches directes de plusieurs de nos collègues de la flotte, spécialement de J. Crevaux; mais elle a été exposée pu à peu dans une série de monographies intéressantes dues surtout à Le Roy de Méricourt et Bourel-Roncière. Voy. spécialement t. XUI, XXYIII et XXIX.

Voy. aussi Fayrer, Relation of Filaria sanrjuinis to endémie. Diseasesjn India Epidem. soc.,à(eb. 1879.

ce réseau. Certaines observations (Cobbold, Sonsino) démontrent la possibilité de la coexistence, cbez la môme personne, du distome hématobie de Bilharz, et des filaires embryonnaires de Wuclierer.

De nouvelles recherches préciseront mieux l'importance et le rôle de ces helminthes. Il est sage, en attendant, de se rappeler que maintes fois on l'a rencontré chez des individus en parfaite santé, (chez les chiens aussi, le sang vermineux est en général inoffensif); qu'un changement de résidence suffît parfois pour faire disparaître les symptômes d'hématurie endémique; qu'à la Réunion, où les trois quarts des enfants sont atteints de cette maladie, la guérison survient avec l'âge. Le rôle pathogénique de ces helminthes ne doit donc encore, pour plusieurs de ces aDtections, être affirmé qu'avec réserve.

§ V. — PIED DE MADURA.

La maladie connue sous le nom de pied de'Madura, de pied de Cochin, est loin d'être limitée à ces deux localités ; on l'a constatée sur nombre de pointes du littoral de l'Inde, notamment dans les environs de Madras et de Pondichéry.

Collas, qui l'a observé spécialement en cette dernière ville, lui a donné le nom de dégénération endémique des os du pied, dénomination basée sur le ramollissement du squelette osseux de cette extrémité que l'on peut traverser avec un bistouri.

Dans le pays elle est connue sous le nom de Perical, d'Anoycal (Pied d'éléphant). Limitée à peu près constamment à un seul pieds, sévissant surtout chez les jeunes gens de 20 à 23 ans, des cette affection a été attribuée soit à une cachexie scrofuleuse, soit à la piqûre par une épine de mimosa, soit enfin à la pénétration d'un parasite végétal. Hirsch se rattache formellement à cette dernière opinion et considère, comme cause essentielle du mal, la pénétration, sans doute à travers les conduits sudoripares, de spores reconnues par Carter dans les masses granuleuses entraînées par la suppuration; ces corpuscules appartiendraient au groupe des myxospores dont la végétation est favorisée dans le pays où l'on cultive le coton ; leur mode de pénétration expliquerait l'immunité relative des Européens, protégés par leurs chaussures.

Collas a constaté cependant que l'affection n'était nullement spéciale aux districts cotonniers; et d'autre part Coquerel, bien qu'ayant constaté lui-môme les granulations en chapelet dont on a affirmé la nature cryptogamique, nie la nature parasitaire de la lésion. La question n'est donc pas encore jugée ; la non-contagiosité

MALADIES PARASITAIRES. 7(jj

de l'affection, soit des malades à l'homme sain, soit d'un pied à l'autre chez le môme individu, confirme cette réserve.

§ VI. — PSEUDHELMINTHES.

Des accidents, d'une fréquence parfois épidémique, surtout dans les armées en campagne, se manifestent à la suite de la pénétration, en quelques points de l'économie, d'animaux qui n'appartiennent pas aux entozoaires; cette pénétration, qui ne constitue point une phase obligatoire de leur développement, est beaucoup plus éventuelle que celle des parasites proprement dits.

1° Sangsue. — Le principal de ces pseudhelminthes est la sangsue, /lœmopis vovax, dont, en France même, l'ingestion occasionne parfois des accidents chez les moissonneurs, surtout en Bourgogne. Ces accidents ont pris souvent une fréquence épidémique dans notre armée, en Espagne et en Égypte d'abord, où les observa Larrey, puis, et surtout, en Algérie; d'excellentes monographies ont été publiées sur cette question par les médecins militaires, spécialement par Bégin et parBaizeau (1).

Ces sangsues pullulent parfois dans les mares d'eaux stagnantes au voisinage des routes, mares vers lesquelles les hommes, altérés par réchauffement des marches, se précipitent, se couchant à ; plat ventre pour y boire à même. Elles sont filiformes, longues ' déjà de 4 à 5 centimètres, comparables à un brin d'herhe, à un I crm de cheval, parfaitement visibles par conséquent, même dans l'eau trouble, si, avant de l'avaler, on recueille cette eau dans un 'verre ou dans le creux de la main ; mais l'avidité des buveurs leur c enfait mgurgiter un grand nombre. Dans une marche d'Oran à Tlemc cen (dont la distance n'est que 130 kilomètres), Duplessy a vu dans i un seul régiment, 400 hommes chez lesquels le parasite s^était fixé' (OU dans la gorge ou dans le nez. Les chevaux sont en général aatteints aussi, et même en proportion plus considérable, les sangsues s'amoncelant en grappes dans les fissures de la maçonnerie '.des abreuvoirs installés sur divers points des routes d'Afrique et

pénétrant surtout dans les fosses nasales de ces animaux, au mo- .raent oîi ils boivent. '

Chez l'homme, c'est toujours par la bouche qu'elles pénètrent. Si .la sangsue suivait complètement le mouvement de déglutition, si ielle était, avalée, elle serait rapidement digérée, et n'entraînerait

(1) Biizean, Archives g én. de méd., I803

aucun accident ; cette circonstance doit se produire très-fréquemment. Nous n'admettons nullement la réalité d'hématémèses qui auraient été consécutives à la pénétration du parasite dans l'estomac et à la lésion de ce viscère, faits que cite un ancien chirurgien-major de l'armée d'Espagne (Wanderbach) ; il se peut que la piqûre faite par la sangsue à la gorge ou à l'œsophage entraîne la déglutition d'une certaine quantité de sang qui sera rendue ensuite par vomissement, mais sans être d'origine stomacale.

Ce qui fait, au contraire, le danger d'une pareille boisson, c'est que les sangsues cherchent immédiatement, au passage, à se fixer dans les régions supérieures du tube digestif ou des voies respiratoires, dans la gorge, dans le pharynx, et même dans les fosses nasales où elles remontent par les ouvertures postérieures en contournant le voile du palais.

Dans cette position, les sangsues prennent un rapide développement; en quinze ou vingt jours, de filiformes qu'elles étaient, elles atteignent le volume d'un doigt d'adulte. Quelques-unes alors se détachent spontanément; d'autres persistent au contraire, et il en est dont le séjour dans le pharynx aurait été de six à huit mois. L'extraction en est souvent fort délicate (1).

Baizeau a décrit avec soin les symptômes qui se manifestent suivant le point où est fixée la sangsue (2).

(1) Les sangsues, alors qu'on en a constaté la présence, sont parfois très difficiles à saisir, vu la rapidité avec laquelle elles se déplacent ; Larrey cite la dextérité avec laquelle, en Égypte, les maréchaux du pays saisissaient les sangsues fixées dans les fosses nasales des chevaux au moyen de pinces spéciales.

On emploiera plutôt les potions et gargarismes salés et vinaigrés qui généralement suffisent ; les Arabes recourent habituellement h l'insufflation de fumée de tabac.

(2) !• Si la sangsue est fixée dans le nez, on observe des épistaxis persistantes, avec sensation d'obstruction d'un seul côté; et, à l'examen, on voit apparaître quelquefois une tumeur violacée, arrondie, ressemblant à un polype, mais se rétractant vivement au moindre attouchement.

2» Si la sangsue est fixée dans l'arrière-gorge, il y a un symptôme constant, mais souvent unique : c'est l'expectoration de crachats sanguinolents, non spumeux, peu abondants ; à l'examen du fond de la gorge, on voit une couche de sang contre la paroi postérieure du pharynx; parfois on aperçoit la sangsue en abaissant la langue du malade, parfois on la sent avec le doigt; la présence du parasite entraîne des mouvements incessants de déglutition, en môme temps que la titillation, produite par les mouvements de sa queue, provoque de temps en temps des envies de vomir, parfois des vomissements, et, si les bords de la glotte sont touchés, des accès de

toux convulsive. , .,x

Des accidents bien autrement graves, mais fort rares, ont été observés du coie du larynx ; des malades sont morts subitement par pénétration de la sangsue entra

La persistance de l'expectoration sanglante, la toux, l'amaigrissement, survenant sans que l'examen physique ait permis de constater la présence d'une sangsue, sans que le malade lui-même ait conscience d'en avoir avalé une, ont pu même, en quelques cas, faire craindre l'existence d'une phlhisie chez des sujets atteints depuis plusieurs mois ; Baizeau cite des cas où l'on avait admis ce diagnostic malgré l'absence de signes thoraciques, et dans lesquels l'administration d'une potion vinaigrée, entraînant l'évacuation d'une grosse sangsue, avait fourni à la fois la preuve de cette erreur et la guérison du malade.

L'usage d'eau filtrée dans les principales villes d'Afrique met actuellement les garnisons à l'abri de ces accidents. Pendant les roules , ils ont aussi diminué ; des sentinelles empêchent les hommes de boire à même les eaux des mares qu'il suffît de passer à travers un linge, ou de recueillir dans un gobelet pour éviter tout danger à cet égard.

Mouche anthropophage. — Coquerel à Cayenne, Weber, Jacob, Morel, au Mexique, ont constaté les accidents redoutables survenus à la suite de la pénétration et du développement, dans les fosses nasales, des larves d'une mouche spéciale (1) ; ce diptère, décrit sous lenom de Luciliahomimsvorax, monche, anthropophage, est d'un bleu métallique, longue de 9 millimètres, et dépose, dans les narines des individus endormis, des larves qui acquièrent bientôt une longueur de 15 millimètres, minces en avant, tronquées à leur extrémité postérieure, et dont le corps, divisé en onze segments, est garni à chacun de ces segments de bourrelets saillants garnis de petits crochets épineux, faisant office d'organes de locomotion.

les cordes vocales; d'autres ont succombé moins rapidement, à la suite d'oedème de la glotte consécutif à l'irritation entraînée par les piqûres au voisinage de l'ouverture du larynx.

(1) L'individu chez lequel ces larves ont été déposées éprouve d'abord des fourmillements, de la céphalalgie ; puis souvent de l'œdème des parois du nez, et bientôt des ulcérations à travers lesquelles passent les parasites. L'insomnie est absolue, et les douleurs sont telles que chez un malade de notre armée, elles ont déterminé le suicide. La mort survient soit à la suite d'un érysipèle de la face, soit par méningite, soit consécutivement à des accidents putrides déterminés par la décomposition de ces pseudo-helminthes, dont le nombre, sur le même malade peut s'élever à deux cents et môme au delà. Grâce à nos collègues de l'armée du Mexique, cette affection toujours fatale jusqu'alors, contre laquelle on avait eu recours aux méthodes les plus énergiques, et même à la trépanation des sinus frontaux, est devenue au contraire constamment curable par des injections do chloroforme étendu d'eau.

Ce diplère nous paraît identique à la mouche observée aux Indes orientales parles médecins anglais qui lui ont donné le nom de Sarcophagaruficornis; c'est surtout chez les Indiens que celle-ci entraîne, par le dépôt de ses larves, une afTection aussi terrible que celle qui a été constatée à Cayenne et au Mexique (d).

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