XVIII. — CONDITIONS INFECTIEUSES
Nous nous bornons à mentionner ici deux des circonstances principales qui favorisent le développement de ces conditions dans les armées en campagne : 1° lorsqu'une armée est stationnaire pendant un temps considérable, comme durant les guerres de siège, il s'accumule autour d'elle tous les éléments des foyers d'infection d'origine animale, dont il lui est diflicile, souvent impossible, d'empêcher la production ou de neutraliser les effets ; 2° lorsqu'une bataille a causé un nombre considérable de blessures, l'absence de locaux suffisants entraîne l'encombrement et tous les résultats de l'intoxication par le miasme humain. A Constantinople on remplissait successivement de malades les bâtiments mis l'un après l'autre à la disposition de l'armée française ; on n'ouvrait un nouvel hôpital qu'après avoir complètement rempli tous ceux qui avaient été antérieurement occupés. 11 en est de môme dans la plupart des guerres où l'imprévu des batailles force à utiliser, pour des nombres ex-
MILIEUX ÉPIDÉMIQUES
cessifs de blessés des locaux relalivement restreints, et le plus souvent impropres à une installation nosocoraiale. Le typhus, l'infection purulente, résument, dans leur expression la plus intense, les conséquences pathologiques de ces conditions infectieuses.
De ces deux affections, la plus redoutable pour la masse d'une armée, c'est certainement le typhus dout le développement « se lie lellement, à partir du seizième siècle, aux événements de guerre qu 11 prend bientôt le nom de maladie des camps (Melchior) lièvre des camps (Boerhaave), fièvre militaire (Hartenfels), fièvre mahgne des armées (Sauvage), peste de guerre (Hufeland). (1) „ .
Longtemps cette affection fut même considérée « comme l'ex pression d'un poison spécial, né dans les conditions de souffrances et de misère des armées (2) »,