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En résumé, dans ces épidémies, morbidité dépassant quelquefois
la moitié de la population, et mortalité pouvant en atteindre 1/8 (à Prades, 113 morts sur 1,000 habitants).
A ces faits nous pouvons ajouter- les résultats de notre enquête sur la morbidité et la mortalité de l'armée par fièvre typhoïde, de 1874 à 1876. A côté des corps offrant les proportions moyennes d'atteintes et de décès de l'armée par cette cause (10 malades et 3 décès sur 1,000 présents) ; il y en eut d'autres où le chiffre des malades atteignit le quart et même le tiers de l'effectif (250 et 300 sur 1 ,000, proportion trente fois plus considérable que la moyenne) et où certaines casernes perdirent, de ce seul fait, 40 sur 1,000 de leurs habitants (13 fois plus que le reste de l'armée) (1).
Cet accroissement local d'expansion et de léthalilé de la fièvre typhoïde est frappant surtout quand la maladie se présente, dans les lieux voisins, avec ses allures habituelles ; les épidémies régionales les plus graves de l'armée s'observent parfois en des années où l'affection est en général bénigne. Il en est de même pour la population civile ; en 1832, dans les mêmes départements on a vu le chiffre des atteintes, la morbidité, varier, suivant les villages, de 1 sur 129 habitants à 1 sur 2 (2).
La comparaison de certains faits précis démontre que cet accroissement de fréquence et de gravité de la maladie est, en général, en sens inverse du chiffre des agglomérations observées. J, Bergeron a donné un exemple saisissant de cette progression, en comparant ces trois communes atteintes de flèvre typhoïde en 1865, dans le département de l'Aisne, et dont la première, peuplée de 1,500 habitants, subissait une atteinte sur 25; la seconde, peuplée de 290 habitants, subissait une atteinte sur 5 ; la troisième qui n'en avait que 50 subissait une atteinte sur 2 (3).
En descendant plus encore aux détails, nous arriverions aux épidémies de maison, aux épidémies de famille, les seules où l'on voie la maladie s'élever à une intensité assez considérable non pas seulement pour atteindre, mais pour tuer la moitié des individus composant le groupe envahi.
2» Dysenterie. — Nous verrons que cette affection joue un rôle peu considérable sur la morbidité et la mortalité de la France. Dans nos garnisons de l'intérieur, elle entraîne en général peu
(1) Léon Golin, la Fièvre typhdoïe dons l'armée, p. 26 et 27.
(2) Gaultier do Glaubry, Rapport sur les épidémies de 1852, in Mém. de l'Acad.
deméd., t. XVIII, p. 82. ,. . , . ^ ^ ^
(3) J. Bcrgcron, Rapport sur les épidémies de 1865, m mém. de l Acad. de
méd., t. XXVIII.
d'alteinles, et la mortalité en est ordinairement minime, comparativement à celle de la dysenterie des pays chauds.
On devait donc s'attendre à constater le caractère uniformément bénin des épidémies soit générales, soit particulières, de dysenterie dans les diverses régions de la France. Il n'en est pas ainsi.
Voyons d'abord la morbidité et la mortalité de l'ensemble des épidémies.
Les rapports à l'Académie de médecine établissent que sur 17,933 habitants des communes atteintes de cette affection de 1841 j\ 18i6, il y a eu 1,752 malades dont le huitième environ a succombé (1), et que ces chiffres ont été les suivants pour 1867 et 1868 :
En 18G7, sur Gl,879 habilants : 1,782 malades, 252 décès (2). En 1868, sur 213,474 habitants : 7,777 malades, 1656 décès (3).
En résumé, morbidité variant du dixième au trente-cinquième du chiffre des habitants, et une chance de mort à peine pour chaque habitant sur 100 ou 200.
Il en est tout autrement de quelques épidémies régionales ou plus circonscrites encore.
Ainsi pendant les années 1836-37-38, les épidémies limitées à la Bretagne entraînent une mortalité de 417 sur 2,170 malades (plus de 23 p. 100) (4). En 1834, sur 42,014 habitants de diverses communes de la circonscription du Mans, il y a 7,016 malades ou un sixième, et 743 décès (S). En 1837, les épidémies locales sont si graves, en Bretagne surtout, qu'il y a 7,119 décès sur 37,264 malades ou un cinquième (6).
Si nous pénétrons plus avant dans les détails de ces épidémies, nous trouvons des faits bien plus graves, comme le témoignent les chiffres suivants empruntés aux rapports lus à l'Académie :
(1) Gaultier de Ciaubry, Rapport sui^ les épidémies, de 1841 à 1846, in Mém, de l'AcarJ. de méJ., t. XII.
(2) Briquet, Rapport sur les épidémies de 1867, in Mém. de l'Acad. de méd., t. XXIX.
(3) Le même, Papport sur les épidémies de 1868, in Mém. de l'Acad. de méd., t. XXIX.
(4) Piorry, Rapport sur les épidémies qui ont régné en France en 183G-37-3S, in Mém. de l'Acad. de méd., t. VII.
(5) Barth, Rapport sur les épidémies de 1854, in Mém. de l'Acad. de méd., t. XX.
(6) Trousseau, Rapport sur les épidémies qui ont régné en 1857, in Me'm. de rAcad..de méd., t. XXIII.