‹ Traité des maladies et épidémies des arméesChapitre 109 sur 129 · NOMS · texte numérisé non relu

NOMS

UES OliSEKVATEl IlS.

Neuf-Ili'isach

Tcllicr

Clcrmoiit-Ecn’and .

Nive!

r.nlm.'M*

Hansen

(’lfU'moul-FeiTaud. .

llalbron

('Icnuonl-EeiTand. .

Nivet

Collin

Gouge!

Clennotil-Ferrand. .

Courcclle

Clermont, Riom . . .

Morelle

Uozan

llédoin

Bresson .

Güiiget

Worbe

Nivel

Saint-Eüenne

Michaud

IXDICATinxs

ninuooi\M*murEs.

Même recuoil, 3» série, t. III, P, 3Ü9.

Etudes sur le. (joilre épidémique, 1873.

Jiecueil de Mém. de tnéd.

milit., 3° série, t. XI, 1). 117.

Même recueil,!. XI, p. 128.

Eludes sur le goitre épidémique, 1873.

Itecueil de Mem. de méd.

7nilil.,‘i'> séiie, t. VI, p. 1 .

Ilecueilde Mem. de méd.

miiit., 30 série, t. VU, |). 289.

Même recueil,!. XI, p. 133.

Même recueil. Déc. 1862.

Même recueil , 3“ série, !. X, p. 34-3.

Mêmerecueil,!.XI, p.465.

Même recueil,!. XII, p. 273 Même recueil, !. X, p. 27 1 .

Même recueil, 1. XVIII, p. 104 e! !.XIX,p. 273-

Eludes sur le goitre épidémique, 1873.

Gazellemédicalede Paris, 1874, nos 2 e! 4.

Ainsi le goîlre épidémi(

à Briançon

à Clermonl-Ferrand

à Colmar

à Riom

à Embrun

à Neuf-Brisacli ....

à Sainl-Éüenne. . . .

à Besançon

à Moii!-Daupliiu. . . à Annecy

Très-certainement ce tableau est incomplet, toutes les épidémies de goitre n’ont pas été décrites pour des villes comme Briançon et Clermont, où elles se reproduisent très-fréquemment et où leur apparition n’a plus rien d’insolite, mais on peut affirmer d’autre part que si le goitre épidémique s’était montré dans une ville précédemment épargnée, son apparition aurait été notée avec soin; ainsi, les chiffres précédents, bien qu’inexacts en ce sens que les épidémies dans les

que a régné de 1780 à 1873 ;

12 fois.

GOITRK ÉPIDÉMIQUE.

villes citées ont été plus nombreuses que nous ne l’iiuliquons, conservent cependant toute leur valeur relative et nous permettent de conclure que le goitre est une maladie particulière à quelques garnisons, fait très-important à constater et sur lequel nous aurons souvent à revenir à propos de l’étiologie.

Le goitre épitlémique est rare dans les armées étrangères, si 1 on en juge par le petit nombre de faits publiés; le docteur llancke rapporte que sur 380 soldats bavarois qui étaient allés tenir garnison au fort Silberberg, 100 bommes furent atteints de goitre après moins d’un mois de séjour dans ce fort (1); en 18L2 les prisonniers anglais internés à Briançon présentèrent de nombreux cas de goitre; ce fait démontre bien rinlluence goilrigène des localités, car le goitre épidémique est inconnu dans l’armée anglaise servant à l’intérieur.

Le goitre épidémique n’est pas une maladie particulière à l’armée; on l’a observé dans des collèges, dans des séminaires, notamment à Clermont-Ferrand, dans des pensionnats de jeunes fdles, d’où l’on peut conclure que les conditions inbérentes à la vie militaire sont, tout au plus, des causes prédisposantes.

D’un tableau dressé par M. le docteur Goujet (2), d’après différents observateurs, il résulte que c’est au mois de septembre que le goitre s’est montré avec le plus de fréiiucnce (118 cas), puis viennent les mois d’aoùt (73 cas), de juillet (4-7 cas) et de novembre (35 ca.s). Dans la statistique fournie par M. Nivet (3), les mois de juin, juillet et août sont les plus chargés, mais cette coïncidence des épidémies avec les mois les plus chauds est loin d’être constante : en 1825, à Briançon, le goitre a régné surtout aux mois de septembre, octobre et novembre; en 1857 et 18G0, à Briançon, au mois de septembre (Larivière, E. Collin).

Dans la population civile, ce sont surtout les jeunes gens qui sont atteints; dans l’armée les hommes de vingt-deux à vingt-cinq ans fournissent la grande majorité des malades; sur 21G cas de goitre M. le docteur Goujet a trouvé (op. cit.) que les soldats de vingt-deux à vingt-ci u([ ans avaient fourni IGG cas et que par suite il ne restait pour les autres âges que 50 cas. Une épidémie observée par M. le docteur Bresson à Saint-Étienne n’a atteint que les enlants de troupe (4). Les ofliciers et les sous-ofliciers sont toujours épargnés.

(1) IlufeUind's Journal.,

(2) Goujet, Happorl sur une épidémie de goUre aigu. (Rec. mém. méd. inililaire, avrit 18C2.)

(3j Études sur le goUre épidémique, par V. ÎSivet. Paris, 1873.^

(■i) Bresson, Épidémie de lligroiilile aigue observée ù Stiinl-Rlienne parmi les enfants de troupe du de ligne. (Rec. mém. méd. militaire, ociohro 1861.)

Plusieurs observateurs oui rechcrclié quelle étail l’innueuce de la conslituliou et du tem])érament ; WM. Collin, Girard, Goujet, Nivet, sont arrivés à celte foiiclusiou que les individus doués d’une constitution robuste étaient prédisposés au goitre. « Le goitre aigu semble attaquer de [)ré(éreiice parmi nos soldats les tempéraments sanguins, lymphati(jues et les constitutions robustes. » (E. Collin, Rec. mém. méd. miltlaire, t. VI, p. 11.) Ou peut conclure tout au moins de ces recberebes (pie le goitre ne relève pas de causes débilitantes.

On a analysé les professions antérieures à l’incorporation, on s’est informé de la provenance des bomines atteints, a(in de savoir s’ils claicut fournis par des l’égions goîtrigènes, ces recberebes n’ont conduit (pi’à des résultats négatifs (1); il fallait s’y attendre, car il est difficile d’admellre (pic le goitre se développe chez des bommes ayant trois ans et plus de service, sous l’iiitlueuce de causes antérieures à l’incorporalion ; il est encore plus dilficiie d’expliquer l’épidémicité du goitre au moyen des antécédents professionnels ou de l’habitation antérieure de localités goîtrigènes, on ne réunit pas dans les mêmes corps les bommes appartenant aux mêmes professions, ni ceux d’un même canton.

Étiologie. — L’élude des causes du goitre épidémiipie a surexcité ' depuis longtemps la curiosité des observateurs; il existe peu de maladies dont l’étiologie ait été plus Iravaillée, plus fouillée; les conclusions des nombreux mémoires publiés sur le sujet sont très-diirérentes, beaucoup de médecins se résignent à avouer que nous ne savons absolument rien des causes du goitre épidémique. L’inconnue pathologique se complique ici d’une inconnue physiologiipie, nous ignorons quelles sont à l’état normal les fonctions de la glande tbyroide et cela rend la solution du problème plus ardue. Je n’ai pas trouvé, je m’empresse de le dire, celte solution, je n’ai pas découvert quel est l’agent ([ni produit le goitre épidémique; mais si l’on déclarait qu’on ne sait rien des causes d’une maladie chaque fois qu’on ne peut |ias saisir sa cause première, le chapitre Elioloyie se réduirait le plus souvent à bien peu de chose, on pourrait le remplacer par un point d’interrogation; sans aller jusqu’au fond des choses, sans donner le nom de la substance cliimiipie ou organique qui produit telle ou telle maladie, l’étude étiologique peut beureusement fournir des eiiseignemenls fort intéressants au point do vue théorique et lorl utiles pour le traitement et la prophylaxie.

Nous avons vu plus haut : 1" que le goitre épidémiiiue se déve-

(f ) Goujnt, op. cil. — IVicou, De l'étiol'jgie du goitre. (Dec. uiem. med. militaire, juillet 1870.)

GOl

(’.OllT.E Él’lÜÉMIQUE.

loppail toujours clans les mêmes garnisons (Briançon, Clermont, Piiom; etc.); (pi’il avait été observé clans des collèges, dans des séminaires, clans des pensionnats de jeunes (illes. Ces deux propositions bien démontrées snriisenl à exclure de l’étiologie du goitre : l'* les causes banales, rerroidisseinenls, l'aligues, etc., ejui devraient agir sur luules les garnisons; 52“ les circonstances inhérentes à la vie militaire ; port du sac, col militaire, marches militaires, etc.

Le soldat est nourri, habillé de la même façon, soumis aux mêmes fatigues, aux mêmes exercices, sur tous les points de la France, et le goitre ne prend naissance cpie dans quelcpies localités, toujours les mêmes, on ne saurait donc accuser des conditions communes. On a beaucoup répété epee la consiriction produite par le col militaire était la cause du goitre, mais on ne voit pas pounjuoi le col aurait produit cet elfet à Briançon et à Colmar, non à Lille ni à Bordeaux. Depuis 1851) le col a été remplacé par la cravate dans l’armée française et le goitre n’a pas disparu.

On a accusé les efforts, l’action de monter, on a fait remarquer que dans quelques localités goîtrigènes, comme Briançon, les soldats étaient sans cesse obligés de gravir des côtes rapides. A la suite d’etforts violents comme ceux que nécessite raccoucliement, on peut observTU’ en effet une tuméfaction île la thyroïde ; M. le docteur Guyon, qui a insisté sur ce mécanisme du goitre accidentel (I), a rapporté le cas d’un malade qui après être tombé d’un lieu élevé en poussant des cris violents, fut atteint presque aussitôt d’une tuméfaction notable du lobe droit de la thyroïde, tuméfaction qui se dissipa au bout de peu de jours : il s’était fait très-probablement une hémorrhagie dans le corps thyroïde. Mais ces violents efforts sont-ils comparables à ceux qu’entraîne l’action de monter? Du reste, le goitre épidémiipie s’est montré dans des pays de plaine comme : Colmar, Neuf-Brisach, aussi bien que dans des pays de montagnes. Cette remarque nous dispense aussi de discuter la théorie qui a attribué le goitre épidémique à la raréfaction de l’air des montagnes.

L’attitude vicieuse dans laquelle travaillent les enfants des écoles peut donner lieu, d’après Virchow (2), à des tuméfactions de la glande thyroïde qui disparaissent pendant les vacances; les femmes de Luzarches, autrefois sujettes au goitre, n’en sont plus atteintes, pai’ait-il, depuis qu’elles ont renoncé à faire de la dentelle. Le militaire n’a pas de ces attitudes vicieuses, et encore une fois on no voit pas pour-

(1) Archives de plnjsiolofjiey 1870, n° 1, p 157.

(i) Virchnw, des écoles. Voir à ce sujet les comiiTitiicalions r:ii! 's à l’Acadcinio des sciences, octobre 18(59.

(juoi les falii^iics du service et les exercices étant partout les mèmes^ le goitre se produirait si souvent à Briançon, tandis que dans un grand nombre d’autres garnisons il n’a jamais été observé à l’étal épidémique.

M. le docteur Nivet cite parmi les causes du goitre épidémique : les exercices, la marche ascendante, le col militaire trop serré, mais surtout l’ingestion de l’eau froide pendant l’été et les courants d’air (op. cil., p. 31); M. Nivet, comme preuve de l’action de l’eau froide, rapporte le fait suivant emprunté au docteur Lavort ; pendant l’été de 1822 le goitre devint épidémique au collège de Clermont, en quelquesjüurs 50 élèves furent atteints, on supposa que cette épidémie pouvait tenir à ce que les élèves allaient boire pendant la récréation au robinet d’une fontaine « le cou tendu, la tête portée en arrière »; on ferma ce robinet, on mit à la disposition des élèves de l’eau conservée dans des cruches et mélangée avec un peu de vinaigre, le goitre disparut. Ils est permis de croire que d’autres modifications furent apportées dans l’hygiène et dans le régime des élèves, ainsi (|ue cela se pratique toujours eu pareille circonstance.

MM. Arligues, Courcelle, Hansen, admettent avec M. Nivet l’influence de l’eau froide; quelques faits de goitre sporadique prouvent que, dans des cas très-rares, l’ingestion d’une eau glacée a pu produire une tuméfaction passagère du corps thyroïde, mais ils n’expliquent pas le goitre épidémique : est-ce seulement ii Briançon, à Clermont, à Biom, à Colmar, que les collégiens et les soldats boivent de l’eau froide à la régalade? Les|auteurs précédemment cités insistent beaucoup sur celle dernière circonstance, je ne sais trop pourquoi ; c’est une façon très-incommode de s’abreuver, voilà tout le mal qu’on en saurait dire; dans toutes les casernes, dans tous les collèges, le même fait se reproduit chaque été, on boit à la régalade, nous avons tous passé par là sans devenir goitreux; comment se fait-il que l’ingestion d’eau froide produise le goitre à Clermont, non à Paris, où les collèges sont bien plus nombreux. M. le docteur Nivet ne le dit pas. Et les jeunes filles que le goitre épidémique n’épargne pas, boiventelles aussi de l’eau fraîche à la régalade?

C’est dans des conditions inhérentes au sol, aux localités, qu’il faut rechercher les causes du goitre épidémique; c’est la seule manière de comprendre pourquoi le goitre nait toujours ici et jamais là, pourquoi il suffit aux malades de changer de localité pour se guérir.

La question du goitre épidémique se rattache intimement à celle du goitre endémique ; M. le docteur Nivet, lui-même, bien qu’il tienne beaucoup à sa théorie de l’eau froiile hue à la régalade, est obligé de

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